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INTRIGUE
Ne manquez pas le second chapitre du deuxième tome de l'intrigue. Plusieurs sujets ont été postés, vous pouvez tous les retrouver dans la partie intrigue.

période sprint rp
Merci à tous pour votre participation à la période de sprint RP. La prochaine arrivera bientôt !

nouveaux dés
De nouveaux dés ont fait leur apparition, pour vous aider à participer dans le grand jeu du pouvoir et de la politique. Toutes les explications se trouvent dans ce sujet.
les petites news

les personnages de GWF



 


le gouvernement
Palier 9
l'ordre écarlate
Palier 7

la confrérie
Palier 5
le cercle
Palier 8

les silences
Palier 4
ad maius bonum
Palier 3

les trinitaires
Palier 6
les veuves
Palier 5

les perles
noires
Palier 5
les épines
rouges
Palier 6

les oubliés
Palier 3
les rossignols
Palier 1

propagée par les Veuves: Alors que de nombreuses personnes ont été empoisonnées à Aureus ces derniers temps, il semblerait que la contamination des eaux ne soit pas une conséquence des manifestations de ce 5 septembre mais provient de la malveillance des Perles, par désir de vengeance suite à la perte d'une part du marché sur la Capitale suite à l'instauration de la république d'Aureus. Des hommes ont été aperçus la nuit, déversant des liquides dans l'eau d'Aureus, à la peau bien trop claire et au regard mauvais.
propagée par les Perles et la population d'Aureus: Il a été raconté par ceux présents sur la scène de crime qu'une rose avec des épines a été trouvée sur le corps d'Alexandre Shelby. Quelques minutes plus tard, à peine, un malheureux homme de main des épines rouges fut trouvé non loin de la maison de l'ancien dirigeant. Il se murmure que les épines rouges seraient à l'origine de cet assassinat, énervé par les contraintes qui leur étaient imposées par le nouveau gouvernement d'Aureus.
propagée par la population de Rezbia: Voilà plusieurs semaines que les apparitions publiques de la reine Nysa Sielle se font rares. Si la famille royale n'a pour l'instant pas offert d'explications à son peuple, cela n'empêche pas certains de spéculer sur la nature de cette absence. On murmure au sein du palais que la reine serait malade, et que c'est pour cette raison qu'on ne la voit quasiment plus sortir de sa chambre et qu'elle ne semble plus s'impliquer dans la vie du royaume. Cette rumeur commence à se répandre comme une traînée de poudre à travers le royaume de Valdierva.
Vous aussi vous voulez propager votre propre rumeur? Alors rendez-vous dans le recensement général pour remplir le champ "rumeurs et informations". Vous pouvez également consulter toutes les rumeurs et informations avérées au sein du registre des informations et rumeurs.


 EMBER IN THE ASHES — acheira.

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AGE : [ VINGT-QUATRE ] années éparses, matins sacrifiés sur l'autel des cruels ; et la naïve innocence se meurt lentement, alors que l'enfance se fane.
STATUT CIVIL : inénarrable fleur bleue, trop vite éprise des âmes ; [ MARIEE ] à achil valeska, union politique scellée dans le sang, entérinée dans le cœur, désormais.

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EMBER IN THE ASHES — acheira.  |  Mer 2 Oct - 18:43
ember in the ashes ★ achil & keira
    Une inspiration, une expiration ; chaque battement de cœur sourd réveille un engramme empreint de violence, un écho de la capitale déchaînée, un film d'apocalypse qui se dessine sur l'écran de ses paupières fermées. Dans le glissement de l'archet sur les cordes de l'alto, c'est une catharsis de l'horreur qu'elle recherche, une harmonie de notes déchirantes et furieuses, des reflets du cœur qu'elle ne parvient à mettre en mots, des dissonances qui viennent fracturer les mélodies, comme la violence avait fendu ses croyances. L'univers n'était que violence démesurée, ambitions dévastatrices qui dévoraient les cœurs des hommes, avaient dévoré le sien — le choix est spectre qui vient hanter chaque instant, dans l'écho des corps effondrés autour d'eux, des anonymes qu'elle avait sacrifiés dans le plus égoïste des jugements de valeur, lorsque, dans l'horreur, c'était lui qu'elle avait envisagé de sacrifier. Ils s'étaient crus supérieurs, s'étaient crus guides ; le nom de Gavon n'était que tromperie forgée dans l'argent du sang, dans les murmures d'un culte qu'ils n'avaient jamais su préserver. Un fardeau d'humanité sous lequel ils s'étaient tant imposé de ployer, pourvu qu'ils puissent amener les mortels vers une absolution qui leur serait éternellement refusée — ils étaient guides, et non réceptacles, et ils avaient échoué. Dans la pureté qu'ils revendiquaient comme leur, ne demeuraient que les mensonges et les vernis de faussetés pour dissimuler les imperfections et la gangrène ; un démon de perversion qui s'était enroulé autour de son propre cœur, un immaculé qui n'avait jamais été, ne serait jamais, et l'étendue de sa perte révélée aux yeux du monde dans toute l'horreur de son égoïsme et de ses choix. Pour eux, pour l'humanité, il ne serait nulle absolution ; peut-être étaient-ils déjà trop égarés pour seulement se permettre d'en espérer encore la lumière. Aureus avait été érosion de sa foi, érosion de son âme ; dans le chaos, c'était une autre épiphanie qu'elle avait cru trouver, un autre réceptacle de foi — parce que dans les milliers de serments, il avait juré que ce serait différent, parce qu'il avait été là. Ses jours placés entre ses mains, une confiance aveugle et absolue qu'elle lui avait dévouée, parce qu'il avait tenu parole. Une faute de plus, une autre erreur de jugement ; et dans toutes les illusions brisées, un astéroïde pour consumer son univers, le mot même de foi n'avait plus de sens.
Les émeutes n'avaient jamais été qu'un premier jalon posé dans la cascade de violence ; un moyen, plutôt qu'une fin, une arme placée entre les mains des ambitieux que l'avidité du pouvoir avait déjà pervertis.  Une divine tragédie qui avait tout fracassé, tout détruit ; l'univers déjà ébranlé avait achevé de s'effondrer, un séisme d'intrigues qui lui avait tout pris. Dans la politique, elle n'avait jamais trouvé que perversion des cœurs et des âmes, catalyse des travers de l'humanité, fruit défendu que les engeances démoniaques avaient placé sur leur chemin, ambition tentatrice pour causer leur perte à tous, anéantir la lumière des essences. Il avait été des saints qu'elle avait crus incorruptibles, figures aimées dans les mains desquelles elle avait placée l'intégralité de sa foi naïve, une confiance aveugle et absolue ; et chacun de leurs noms est clou qui achève de la fixer, agonisante, sur le plus cruel des crucifix. Reyna. Lien qu'elle avait cru si pur, construit sur des années de secrets et de dissimulations. Hiram. Trahison du sang, adoration d'enfant ébranlée face à l'idole qui n'était plus, brusquement. Dmitri. Compagnon de jeux oubliés, foi ébranlée dans ce qu'elle ne pouvait désormais qu'entrevoir, étranger dont elle partageait pourtant le sang. Lilith. Princesse déchue, étoile ternie, une amertume au fond du cœur de s'être révélée indigne de sa confiance, lorsqu'elle-même n'avait jamais été qu'adoration aveugle. Achil. L'époux, enfin, des serments prononcés devant les cieux, des voeux offerts qu'à deux ; un étranger qu'elle avait cru lentement appréhender, une énigme qu'elle s'était laissée illusionner à croire soluble — rien qu'un inconnu dont elle avait pris le nom, auquel elle s'était liée jusqu'à une mort inéluctable, des vœux forgés dans l'or des anneaux, si vides de sens, pourtant, dans les cendres amères d'une relation qu'elle avait cru réussir à tisser, empreinte d'une affection qui n'avait jamais été qu'unilatérale. Un masque de brume auquel elle avait voué sa vie, un écran opaque qu'elle avait préféré à son propre sang, même face à l'étendue de la trahison. Des mensonges en litanie, dont tous l'avaient assommée, conspirateurs qui s'étaient arrogé sa confiance sans daigner leur offrir la leur. Protéger ; un bouclier derrière lequel tous se réfugiaient, acculés face à la tangible réalité de leurs tromperies, tous trop incapables d'admettre qui, exactement, ils cherchaient à protéger, par l'opacité de leurs secrets — s'il s'agissait d'elle, s'il s'agissait d'eux.
Perdue sans foi, perdue sans repères ; elle n'était plus qu'anonyme dans une foule d'inconnus aux visages familiers, déracinée sans attaches dans un cadre pourtant si familier, qu'elle ne reconnaissait qu'à peine, pourtant. Le coeur saignait pour Aldion, et elle se serait voulue amnésique, abandonnée à un oubli et une ignorance qui auraient été si rédempteurs. Elle ne pouvait oublier, pourtant, avoir scié la branche qui l'avait vue naître, sectionné le lien de sang qui l'unissait à ceux qui avaient fui vers le nord — pour un étranger à qui elle ne parvenait à retirer sa foi, malgré tout, auquel on l'avait offerte, qui avait préservé ses jours et sa vie, dans un geste qui lui serrait toujours plus la gorge de gratitude, un inconnu pour lequel elle s'était laissée dévorer d'angoisse, lorsqu'avec diligence, il s'en était allé sans plus se retourner, la laissant confiée dans le giron des siens. Lorsque, dans chaque instant cruel où, trop sonnée pour seulement appréhender les révélations assenées, elle n'avait pu qu'attendre, guetter un reflet de ses yeux à lui dans ceux de sa mère, quêter un écho de ses angles à lui dans ceux du patriarche, condamnée à se perdre dans le récital désespéré de prières sourdes, condamnée à se laisser suffoquer de terreur silencieuse, dans la pensée persistance qui l'avait tuée à petit feu, dans la crainte qu'il ne revienne pas.
Ni gratitude ni soulagement ne parvenaient pourtant à éteindre la sécheresse du cœur, à l'arracher à la froide anesthésie dans laquelle elle errait, trop hermétique. Sans carte ni boussole, elle ne savait plus où aller, perdue dans un univers qui ne faisait plus de sens ; elle ne pouvait que dissimuler le désespoir, applaudir les souverains lorsqu'ils applaudissaient tous, chercher à seulement comprendre. Prétendre, encore, prétendre, toujours ; comme si c'était là le seul héritage de son nom, le seul héritage de son sang. Peut-être n'étaient-ils rien, Gavon, peut-être n'avaient-ils rien été ; une autre façade qu'ils affectionnaient tant, sacrifiée aux ambitions disparates, pour laquelle son cœur saigne, pourtant, un manque périodique qui l'étreint sans prévenir, fait déraper les doigts sur les cordes, comme pour en entailler l'ivoire, dans une dissonance qui fait bien trop écho à celle du cœur — et, presque furieuse, c'est d'un revers de la main qu'elle écarte l'instrument fautif. Parce que c'est l'étranger, qu'elle a choisi, comme elle le choisirait encore, ne cesserait jamais de le choisir — parce qu'il était un serment qu'elle ne saurait briser, parce qu'il était des dettes qu'elle ne cesserait jamais de payer.
Et déjà, elle s'affaisse, déjà elle s'effondre, dans le foyer qu'elle ne parvient à considérer comme sien, se laisse tomber dans les coussins d'un fauteuil, le visage enfoncé dans ses paumes, la poitrine écrasée par un fardeau dont elle ne parvient à se départir — trop incapable de comprendre, trop incapable de réaliser, empesée d'une solitude asphyxiante dans une foule d'aimés dont elle ne savait finalement rien. C'est le son de pas dans son dos qu'il l'arrache à sa transe, et elle se redresse, se veut digne encore, digne toujours — incapable de se résoudre à se retourner, à le regarder, pourtant, lui offrir le spectacle de désolation dans lequel elle se perd lentement. Sans guide ni repères. Rien qu'une poupée de porcelaine figée dans le temps, des mots détachés, inexpressifs, vides de cœur. ‘Je crois qu'il faut que l'on parle, Achil. On ne pourra pas continuer ainsi.’ Parce que malgré tout, elle ne parvenait pas à ériger de nouveau les murs qu'il avait abattus, dans le chaos d'Aureus ; parce que, dans une faiblesse du cœur, elle voulait le comprendre, enfin, résoudre l'énigme qui ne cessait jamais de lui offrir — l'énigme qu'il était. Parce que de l'inconnu qu'elle ne parvenait à blâmer, elle ne pouvait s'empêcher de vouloir faire un être familier, un être cher — lorsqu'il n'était qu'étranger qu'elle avait épousé. Enfin, elle incline le profil pour glisser un regard dans sa direction, les doigts jouant nerveusement avec l'anneau d'or, une supplication dans les iris, un vibrato d'émotion dans la voix lorsqu'elle se voudrait inflexible. ‘J'ai besoin que tu m'expliques tout. J'ai besoin de comprendre.’





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you are, i think, an evening star, of all the stars, the fairest —  if there is light, it will find you. (beloved).

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AGE : VINGT-NEUF ANS, et la trace de ces années comme l'usure érodant son être. un joyau aiguisé avec finesse.
STATUT CIVIL : coeurs sacrifiés à l'autel, MARI d'une femme qui l'effacerait volontiers d'sa vie, si elle le pouvait. lui, nonchalant à l'âme meurtrie qui s'est résigné à cette misère.

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Re: EMBER IN THE ASHES — acheira.  |  Mer 2 Oct - 21:51
(I see that storm in your eyes)
Just gonna wash you out with the tide

L'apogée du soleil blanc avait laissé place à sa chute, lente marche vers l'horizon- une ligne happant la clarté du ciel. Et les nuages s'étaient assombris, l'encre du firmament les baignant de ténèbres. La voûte céleste, témoin privilégiée des jours qui s'étaient envolés, actrice immuable d'un monde qui avait continué de tourner. Là-haut, au-dessus des têtes, les étoiles avaient fait leur récital, avaient crié leur désintérêt à la gueule du commun des mortels. Le chaos d'Aureus, les sacrifices accomplis là-bas, déjà de lointains souvenirs- des miles et des miles tracés pour écrire une autre histoire- la sécheresse d'un passé gravé aux mémoires, images capturées pour écrire l'histoire. Et l'érosion de l'humanité, condamnée sur un crucifix qu'ils devraient tous porter : la supplique coupable, tue de tous, fermentation de ressentiments amers. Le Valeska s'était déjà fait à ses spectres, regrets sur ses épaules, questionnements coupables voûtant son échine- il savait s'y faire hermétique, aux voix des regrets, aux murmures tenaces des doutes : toujours le soldat dévoué à ses causes, l'homme à l'âme offerte à l'autel d'ambitions dévastatrices. Valdierva était leur désormais- présent des Dieux, l'accomplissement qui s'érigeait sur un tas d'ossements laissés à l'abandon, des cadavres sous leurs sabots pour mieux témoigner alors, de la hargne qui signait les victoires. C'était une nouvelle époque qui commençait- l'ère glorieuse des gagnants, ceux qui avaient empoigné un fer rouge pour laisser leur propre marque. Le Cercle, conquérant sans pitié, un astéroïde frappant brusquement les régions de l'Ouest- et déjà, tout n'était plus pareil. Des destins à peine murmurés, cette victoire-là, fraction infime de ce qu'ils avaient toujours eu à l'esprit. Et la Couronne que le Sielle s'apprêtait à faire reposer sur sa tête, rien d'autre que le fragment de tout c'qu'il désirait ; et l'ambition d'Achil, l'appelait déjà ailleurs- plus loin, l'enfant du Sud désirant ardemment retracer ce chemin d'or jusqu'aux confiants auxquels il appartenait. Ici-bas, c'n'était pas chez lui. Il n'était rien d'autre qu'un visiteur- invité d'honneur, récompensé pour les exploits qu'il avait écrits de son sang. Pour sa fidélité sans faille, les serments d'Argent qui l'avaient lié au Cercle, à Noah Sielle, aux futurs rois et futures reines qui siégeraient ici. Rezbia n'était pas sienne, elle n'était pas le chez lui qu'il avait chéri, les racines accrochées aux terres fertiles qui l'avaient vu naître- et Karez, elle, était tombée. Et seule sa hargne tournait avec frénésie, volonté à maudire le nom Zarkari et tous ceux qui s'y étaient attachés- les parasites qui dévoraient son pays natal. Macanthos. Griffith. Une fraction de songe rebelle à l'égard d'Edelweiss, avant qu'il ne se rappelle à ses devoirs : à l'évidence du fossé qui les séparait désormais, les étendues de terre qui avaient mis une fin naturelle à l'illusion doucereuse qu'il avait arrachée à la vie. Rien d'autre qu'une ivresse, une flamme brûlant dans le noir, avant de mieux suffoquer.
Et seule l'évidence de ce qu'il voulait faisait sens- l'écho de l'hybris des siens, ses géniteurs dictant des sermons à une gloire prochaine. Une gloire qu'ils prendraient à la vie des autres, leur pour exister. Difficile d'applaudir à la victoire, alors- de se masquer des apparats d'une diligence toute méritée envers les Sielle qui promettaient toujours plus. Les ennemis s'étaient multipliés, étendus, révélés. Une carte aux adversaires, terres bannies d'un Royaume encore trop petit, trop contesté. Déjà l'esprit stratège du brun allait partout, l'orgueil étendu à un futur toujours plus demandeur. Il y avait des calculs faciles à faire, des plans aisés à construire- Othinara avait des allures de lointain. Trop lointain. Jaugeur prudent qu'il avait appris à être- tacticien poli par les années, façonné par l'expérience, Achil savait, sans se l'avouer. Et même le ciment des promesses offertes par le souverain ne pouvait signifier grand-chose – l'espoir des fous, la convoitise de ceux qui étaient encore trop loin. C'était mieux qu'avant- le jadis à la page refermée, le Gouvernement crevé sur l'asphalte des rues de la capitale, avec le sang rouge d'Arven. Il n'avait plus besoin de prétendre, plus besoin de mentir- ici, il était entouré d'alliés, d'amis ou de camarades. De ceux qui voulaient écrire une Akkadia comme la sienne- de ceux auprès de qui il avait sa place. La confiance, ou ce qui y ressemblerait le plus, comme carcan- une idée réconfortante, loin de la solitude glacée qui pouvait exister à Aureus. Loin des stratagèmes, des calculs, des coups doubles. Soudainement, il avait abandonné la SPC et tous les masques qu'il avait eu à revêtir pour elle- un fardeau tombant de ses épaules. Et si on devait le condamner de quoique ce soit, ce ne serait pas ici que cela arriverait ; auprès de Noah, auprès de Nysa ; auprès de son propre Sang, tout avait une raison- une justification au sacrifice.

Il pourrait presque toutes les servir à Keira- paroles chargées d'arrogance, comme s'il pouvait apaiser sa peine à elle, la victime collatérale. L'innocente, tout à coup poussée au rang de pion dans des stratagèmes qui avaient écrit son avenir à elle aussi. De ce qu'ils savaient d'Aureus, ç'aurait été imprudent, cruel même de la laisser là-bas. De ce qu'ils savaient des Gavon, peut-être qu'ici n'était pas sa place. Et déjà pour que ce soit plus facile, le Valeska n'se sentait pas le désir de lire dans le cœur de son épouse- à quoi bon ? Il n'y lirait rien d'autre que la froideur du marbre des obligations qui avaient durci sa chair, le désintérêt né de la responsabilité- accompagné peut-être désormais, d'une mélancolie pitoyable, des éclats dans ses yeux qui crieraient pour elle. C'n'était pas la première fois qu'il appréhendait de se retrouver face à elle- la frêle et impressionnable jeune femme aux doigts si délicats. C'n'était pas les mots de la brune qui coupaient les chairs, plutôt son silence- la terrible distance qui effaçait les mots et annihilait les confessions. Toute attente à l'intimité, réduite à néant. Elle devait le maudire alors, d'l'avoir arrachée de la sorte plus encore à tout c'qu'elle avait connu : son chez elle, tout aussi inatteignable que le sien à lui. Et les maigres promesses de futur qu'ils avaient pu avoir à la capitale, réduites en cendres. Il n'restait rien de pas grand-chose, rien- rien d'autre que l'évidence pesante comme le métal de leurs alliances. La pesanteur d'ces vœux qui, peut-être, ne signifiaient rien s'ils n'étaient pas dit avec quelque foi que ce soit – qui sait, s'Ils existaient d'où ils siégeaient, les Dieux n'avaient sans doute rien à faire d'eux. La fatigue l'avait déjà lavé, Achil ; un peu plus ou un peu moins de désarroi, sans doute n'était-il plus à ça près.
L'accablement pour sillage, il avait traversé l'arrière-cour, les couloirs- murs familiers en lesquels il avait toujours eu sa place, sans pour autant y appartenir. Il connaissait assez l'endroit pour s'y retrouver : s'échouer, naufragé d'un épuisement des chairs et de l'âme tout à la fois, dès qu'il rejoignit les quartiers qu'il partageait. Avec sa femme. Les miettes de futur qu'ils avaient construit, ou fuyaient comme la peste- une parcelle de château trop petite pour eux. Trop étroite pour soutenir l'air chargé qui y planait ; l'indifférence et la désolation tout à la fois. Les spectres des mensonges, des secrets, d'la distance. Des songes à c'qui avait été, c'qui avait existé pour un instant fugace, avant de mieux s'envoler. Sa voix lui fit détourner le regard- Achil, volontiers fuyard d'une réalité lourde comme le plomb. Ils n'étaient pas bons pour prétendre quoique ce soit- espérer être autre chose que la promesse d'un engagement choisi par d'autres. Deux patins qui s'esquiveraient volontiers à ces devoirs si on leur en laissait l'occasion- leurs chaînes en or, promesses de grandeur, qui devraient rendre l'amertume plus supportable. « Je suis désolé que les choses se soient passées ainsi. » les mots vides de sens, presque, malgré la sincérité qui le baignait de culpabilité- le sel de l'océan les séparant, asséchant ses lippes. Il pouvait au moins lui offrir ces paroles-là, dans le désarroi général qu'elle éprouvait depuis qu'il s'était immiscé dans son monde : l'utopie romantique tissée par les livres qu'elle n'avait que trop lus avec les années, déchirée par un être qui n's'était jamais voulu cruel ou impitoyable. « Je n'pensais pas que les choses iraient si vite. » l'enchaînement plus fort que lui- plus fort qu'eux. Peut-être que si elle avait eu le choix, elle aurait choisi autrement. Peut-être voudrais-tu partir- qu'il fut tenté d'offrir, une vaine stupidité, un droit qu'il n'pourrait lui octroyer, de toute manière. Peut-être était-elle seule, peut-être le détestait-elle – au moins, elle était sauve. Au moins, il pouvait honorer cette part-là de leurs vœux, d'ces promesses qui n'avaient, probablement, jamais été dites pour signifier quoique ce soit. Le sucre de mots délicats, vides de sens- peut-être aurait-ce été plus facile ainsi. « Je suppose que tout ça ne fait pas partie des obligations que tu imaginais. » obligations- amertume nichée sur sa langue, dans son crâne- de faux problèmes d'une loyauté inexistante, voilà quelque-chose à quoi il n'avait pas envie de faire face, alors que le soir fonçait l'Olympe. Il pouvait au moins lui infliger ça- la dureté d'une évidence, il n'avait rien à lui dire, rien à lui devoir. Lui, rien d'autre que l'affliction de sa condition- femme devenue épouse, forcée à marcher jusqu'à l'autel pour y être sacrifiée comme un agneau à la laisse bien serrée. Il aurait bien voulu avoir en lui la sévérité de la repousser- d'avec ferveur camper sur ses positions, la ferme insolence d'un mari qui n'demandait rien en échange, lui. La faute glissa sur son visage, pourtant- traits tirés à la lumière grisâtre qui filtrait des fenêtres ; un nouvel âge, avec son poids de conséquences.
@keira valeska EMBER IN THE ASHES — acheira. 2228316308


LET THE MAN BE BORN
                                                         

if you say you need me, i will stay as long as i can for you. i will live for you and yours, and go down fighting death until i am worn away to bone and splinters. but it would not be my choice.


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Re: EMBER IN THE ASHES — acheira.  |  Jeu 3 Oct - 14:56
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    Des royaumes de cendres, des empires forgés dans l'acier et le sang ; qu'avaient-ils tous sacrifié, pour l'accomplissement de leurs ambitions, à quoi avaient-ils renoncé, pourvu que leur avidité trop humaine soit satisfaite? Ils n'étaient que des mortels qui se croyaient démiurges, mortels qui se croyaient souverains des hommes, exécuteurs de prophéties plus terrestres que célestes. Tout n'était que non-droit, des pouvoirs pris par la force, au prix de sacrés détruits que nul temps, nul oubli ne saurait jamais réparer. Des liens des cœurs, des liens des âmes, détruits dans la rouille des trahisons et des secrets. Pour ces conspirations dont elle n'avait jamais rien su, c'était à l'effort de guerre qu'elle avait contribué, sa foi brisée offerte aux pieds des souverains, pourvu qu'ils forgent les couronnes et les trônes dans la poussière de ses illusions perdues. Un agneau sacrifié sur l'autel des puissants, un pion sur l'échiquier, abattu pour faire tomber un roi, un échec et mat cruel qui ne faisait que révéler l'étendue de son erreur. Il n'était rien qu'ils lui aient pris — tout qu'elle leur ait sacrifié. Des confiances éparses, qu'elle avait cru forgées dans l'acier — une foi dans le monde et les hommes, qui ne faisaient plus sens, lorsque l'univers lui-même n'était plus qu'énigme, langage qu'elle ne savait plus lire, des mélopées inconnues. Des pans de cœur qu'elle avait distribués trop vite, sans retenue, offerts à des gardiens qui n'étaient finalement que traîtres, n'avaient cessé de l'abuser, mille visages dans mille ombres, un réseau dans lequel elle s'était déjà trop laissée capturer.
Il y avait tant qu'elle avait déjà sacrifié, pour une cause en laquelle elle n'avait jamais cru, ne croirait probablement jamais ; des jeux de trônes futiles auxquels elle avait sacrifié le nom d'un père qu'elle ne saurait jamais plus estimer, un foyer qui ne serait jamais plus que souvenir doré, des liens ternis par une méfiance dont elle ne saurait jamais plus se départir. Dans le chaos ne demeurait qu'Achil, figure invariable, égide inatteignable ; l'époux, à qui elle avait voué son existence, voué ses jours, qui n'avait jamais été que nappe de secrets, comme ils l'étaient tous — Achil qui ne pouvait que se distinguer, pourtant, qui ne lui devait rien, ne lui avait jamais rien . Un compagnon d'infortune, que, dans son inénarrable bêtise, elle s'était attachée à considérer comme plus ; un inconnu presque familier, séisme du cœur. Une désillusion cruelle, une inextinguible clarté — comment seulement reprocher le silence et les dissimulations, lorsqu'ils n'avaient jamais été que passagers clandestins d'un vaisseau-temps capturé dans la tempête, des oiseaux de passage qui ne se lassaient de se croiser, de se trouver, sans jamais pourtant se permettre de s'arrêter? A Achil, elle avait cru pouvoir offrir plus que les simples engagements, trop consciente de ce qu'il était, trop consciente de ses propres faiblesses. Une gratitude, une vanité du cœur qui l'enchaînaient à lui plus que l'or des anneaux ne le ferait jamais, l’engageaient plus que tous les serments qui pouvaient fleurir de ses lèvres. Un instant, elle songe qu'il serait si aisé de partir ; quitter le royaume de désillusion, s'offrir l'horizon d'une existence nouvelle — mais il n'était nul lieu dans le monde qui saurait l'accueillir, lorsque sa place était là où il se trouvait. Nul lieu dans le monde où elle souhaiterait se rendre, s'il n'était là, une chaîne du cœur qui ne lui permettrait jamais de se détacher, trempée dans le devoir et la faiblesse qu'elle n'avait su empêcher de naître. Ballottée de foyer en foyer, déracinée, il n'y avait jamais eu que l'évidence rémanente ; que si le foyer ne pouvait être lieu, que le foyer ne pouvait être que l'homme, au-delà même de l'époux, engeance de sécurité, sinon de familiarité, à laquelle ne pouvait souhaiter s'arracher. Demeurait un sentiment de trahison, pourtant, né de l'affection qu'elle n'avait su s'empêcher de développer, une illusion qu'elle ne pourrait jamais lui demander de réciproquer.
Ne restaient que les silences et les non-dits, la dissimulation et les secrets. Ce qu'elle aurait aimé savoir formuler, ne savait comment lui confier — il n'était qu'un inconnu dont elle avait pris le nom, un étranger dont elle avait pris la vie, un obscur mystère qu'elle avait cru pouvoir appréhender, ne s'était que cruellement aveuglée dans l'expérience. Qu'elle désirait tant parvenir à cerner, pourtant, abolir la distance qui les déchirait, bâtir des ponts pour franchir le gouffre de silence qui les séparait. « Tu crois vraiment qu'c'est une question de confiance ? » Les mots d'Aureus lui reviennent en écho, un coup de poignard trop aiguisé ; peut-être était-ce là toute l'étendue de sa faute, toute l'étendue de sa faiblesse — de croire, avant tant d'ardeur, que tout n'était que confiance. Une foi qu'elle ne parvenait à lui reprendre, pourtant — comme elle l'avait reprise à son sang, comme elle l'avait reprise à Reyna ; un aveuglément de crédulité qu'elle lui dédiait, trop redevable à l'homme, à l'époux.
« Je suis désolé que les choses se soient passées ainsi. Je n'pensais pas que les choses iraient si vite. » Des mots, enfin ; et déjà, les souvenirs l'arrachent vers la confession empressée, les révélations assénées dans la précipitation, dans un temps qui leur avait tant manqué — ils n'avaient jamais été que noyés dans le torrent furieux du fleuve du temps, ensevelis sous les dunes d'un sablier qui s'était écoulé trop vite. Une anticipation qu'ils n'avaient pu se permettre, qu'il n'avait pu se permettre — des cendres entre les doigts, là où ils avaient commencé à bâtir. Les yeux un instant clos, l'évidence de la sincérité de l'époux n'est qu'indiscutable ; et dans la bêtise de sa foi, c'est sans prêter attention au flot régulier du cruor dans les veines qu'elle croit. Un soupir, un aveu, une défaite ; et les mots s'échappent en mince filet, alors qu'enfin, elle le contemple, s'emprisonne dans les profondeurs d'un regard devenu trop étranger. 'Je ne t'en veux pas, Achil.’ Une vérité, cruelle ; parce qu'il n'était rien qu'il lui devait seulement, nul serment par lequel il était tenu — parce que là où Reyna avait eu le choix, il n'avait eu que des devoirs, parce que là où Reyna avait eu des années, il n'avait eu que des jours. Parce qu'elle n'était que celle qui lui avait dérobé ce qui lui restait de liberté, s'obstinait à croire, pourtant, que peut-être il l'estimait un peu — trop frappée par le souvenir de l'homme qui avait fendu les cieux, lorsqu'elle se noyait, ballottée par les foules hurlantes.
« Je suppose que tout ça ne fait pas partie des obligations que tu imaginais. » Les mots sont un coup de poignard, un cruel rappel vers la réalité, une douleur brusque qu'elle ne cherche pas à dissimuler. Obligations. Peut-être n'était-ce là que toute leur tragédie, tout ce qu'ils étaient, devoirs et convenances, emprisonnés dans une prison d'apparences qui ne laisseraient jamais de place à la faiblesse du cœur. Dans ce jeu d'échecs tragique, elle avait déjà perdu ; Icare qui avait cru pouvoir effleurer le soleil, tombée d'un gouffre dont on ne saurait jamais revenir indemne. 'Crois-tu réellement qu'il ne s'agisse là que d'obligations?’ Un vibrato incrédule, teinté d'un voile de colère ; dans la remise en cause de ses motifs, dans le doute de ses raisons, elle ne peut refréner l'élan furieux qui la fait se lever, combler la distance — parce que, par choix, elle l'avait suivi, avait préféré l'époux au père. 'Malgré l'absurdité de toute cette situation, j'ai choisi d'être ici, Achil.’ Dans le chaos, elle l'avait choisi lui, plutôt qu'une fuite vers le giron maternel, des étreintes familières qui n'étaient plus que du passé. 'J'avais confiance en toi, Achil. J'ai confiance en toi. Je ne sais faire autrement, parce qu'aussi incroyable que cela puisse te sembler, tu comptes pour moi. Après Aureus, j'ai cru que, peut-être -- ’ Les mots sont balayés d'un mouvement de tête, une phrase qu'elle ne parvient à achever, trop saisie du flot de syllabes qu'elle ne cherche plus à étouffer. 'Je ne sais rien de toi. Je ne sais pas qui tu es. Je ne sais pas ce que tu aimes, ce que tu hais, je ne sais rien. La couleur que tu préfères, le lieu qui t'est le plus cher, le souvenir que tu chéris le plus, la musique qui t'est la plus familière. Les raisons qui t'ont associé à mon cousin. Je ne sais rien.’ L'ichor bat, furieux, dans ses veines, échauffe le cœur gelé — et enfin, c'est à son asthénie persistante qu'elle parvient à s'arracher, dans une tentative désespérée de l'atteindre lui, d'abattre les murs qu'elle maudit, alors que se consument en son âme le simple souvenir des convenances et de la trop rigide éducation. 'Je ne sais qui tu es. Celui qui m'a sauvé la vie à Aureus, celui qui m'a juré protection, celui qui est venu une nuit à Aldion pour m'éviter l'opprobre des miens alors même que j'étais coupable? Celui qui m'a confiée aux siens à Aureus, celui pour la vie duquel je me suis inquiétée chaque instant? Est-ce que cela a jamais été réel?’ Le feu retombe, brusquement, balayé d'une lassitude violente, alors que les épaules s'affaissent, et elle trouve écrasée sous l'égide trop implacable, David face à un Goliath qu'elle ne souhaite vaincre, qu'elle ne souhaite qu'atteindre, enfin. L'aveu s'échappe dans un souffle las, dans une ferveur dont elle ne sait réellement se départir, dans les cendres d'une foi qu'elle cherchait encore à sauver — foi en lui, foi en eux. 'Je ne t'ai jamais demandé de m'aimer, et je ne t'ai jamais demandé de m'estimer. Je ne t'ai jamais rien demandé, et tu ne me dois rien. Mais je t'en supplie, Achil, j'ai besoin de savoir qui tu es. Je t'en supplie.’ Et elle se tait, le cœur tambourinant dans la poitrine, oiseau furieux qui ne souhaitait que se libérer, un rythme désespéré de mots qu'elle souhaiterait pouvoir prononcer, de mots qu'elle n'a conscience de souhaiter formuler, trop vrais, pourtant ; et elle se sent Iphigénie sur l'autel sacrificiel, une lame sur le palpitant, une lame sur sa gorge — terrifiée à l'idée qu'il refuse, qu'il l'immole comme d'autres le feraient sans une hésitation, l'égorge de l'épée de Damoclès qu'elle avait elle-même placée au-dessus de sa nuque. Tout, plutôt que la distance, plutôt que le silence, plutôt que les cendres. Tout, plutôt que ça.





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you are, i think, an evening star, of all the stars, the fairest —  if there is light, it will find you. (beloved).

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Re: EMBER IN THE ASHES — acheira.  |  Lun 7 Oct - 0:59
(I see that storm in your eyes)
Just gonna wash you out with the tide

Exil forcé, l'odyssée des naufragés Valeska s'arrêtait là- pour l'instant. Déjà, il avait les pensées accrochées à sa terre natale, la ville dans laquelle il avait grandi, conquise par les Zarkari, transformée en le siège d'un Empire en lequel il ne reconnaissait aucune légitimité. Il n'pouvait exister pire réalité ; celle où l'histoire de son pays s'écrivait sous l'égide d'autres, d'ennemis qui prenaient possession de ce qui avait été leur pendant si longtemps. Le sud, plus lointain que jamais, et pourtant si proche- là-bas, des songes auxquels il s'accrochait, noms qu'il murmurerait volontiers du bout des lèvres. Des desseins qui lui étaient inconnus. Peut-être marcheraient-ils sur un champ de ruines quand ils y retourneraient, les cendres d'une glorieuse ville, centre névralgique de toute son existence. La frustration bouillait lentement mais sûrement en lui, un serpent venimeux à la mélopée assassine ; s'il s'écoutait, il serait presque capable de faire la chose la plus folle et stupide qui soit. Rien que par orgueil, la rage pernicieuse qui dévorait ses chairs malgré le calque calme qui lui collait à la peau. Et déjà son esprit s'attardait à blâmer trop de gens- trop de causes, pensées impies qu'il n's'était jamais imaginé pouvoir instiller en lui. Karez, sacrifiée pour des terres qu'il n'connaissait pas- Valdierva, le salut du Cercle, une cage trop petite pour lui. Drinvi n'était pas leur, Drinvi n'était pas leur droit et leur responsabilité tout à la fois et la faim du fils ne faisait que répliquer celle des siens. Des évadés de leur propre vie ; après toute une part de leur fortune, voilà qu'ils avaient perdu leur fief, leur cœur de toujours. Aux mains des empereurs déchus qui n'avaient plus leur place dans ce monde. Il avait les pensées ailleurs, alors- le crâne embué d'images parasitaires, de spoliations qui le faisaient tourner en rond, soudainement, dans un château qui avait perdu toute sa gloire. A célébrer une victoire qui n'était que le spectre d'une réalité glorieuse ; maigre récompense, quand il était question de jauger tout c'qu'ils avaient perdu dans la balance. Tout ce qu'il y avait encore à faire. L’œuvre de toute une existence- pour un futur meilleur, écrire le monde comme ils le voulaient, et déjà, peut-être bien que les années s'écouleraient sans qu'ils ne revoient Karez dans sa gloire d'antan. L'insatisfaction, fin voile sur son épiderme, Achil hantait les lieux ; il se serait volontiers fait oublier pour quelques heures durant, rejoindre le néant d'une solitude à laquelle il s'était bien attaché, au fil des ans. Parfois, il en oubliait presque ce mariage qu'il n'avait guère désiré- il songeait à ce qui pourrait être différent, si ç'avait été le cas. Quelles affections, quels réconforts il chercherait auprès de son épouse. Un soutien indéfectible, l'âme dans la masse, en qui il pourrait vouer toute confiance. Utopie loin du réel, le chant d'une autre vie, d'un autre Achil ; même le monde, Akkadia toute entière, semblaient être contre eux. Et Keira Valeska demeurait être tout autant l'inconnue qu'il avait rencontrée la toute première fois- Gavon, distante, passive, inatteignable derrière les hauts murs de politesse dressés. Les convenances, qui ne faisaient que rappeler l'inexistence du reste- il était l'être auquel elle s'adressait avec la rigueur d'une étrangère.
Il aurait pu la fuir elle aussi- s'il s'était seulement imaginé qu'elle aurait quoique ce soit à lui dire. Quoique ce soit à lui offrir, d'autre que le mutisme général dans lequel ils suffoquaient quand ils partageaient le même espace restreint- carcan de la société qui les enserrait comme un étau brûlant. Et ni le temps, ni les fausses impressions, ni les cérémonies obséquieuses auxquelles ils se livraient trop souvent n'y changeraient quoique ce soit. Il semblait, en tout cas. Keira, l'éternelle lointaine, hautaine presque- femme qui n'aurait jamais fait partie de sa vie s'il avait pu l'écrire lui-même. Femme qui n'aurait jamais souhaité en faire partie, si elle avait pu choisir. A Aldion, Aureus, Valdierva ou Drinvi, l'histoire serait la même- répétition infinie de c'qui leur collait au cœur. Ils n'étaient plus auteurs de quelque destinée qui soit- pantins de part en part, le sentiment plus ravageur que jamais. La patience du soldat, épuisée en un fin filin d'inexistence- à croire que les mensonges et les jeux de la capitale lui manquaient. La quête, plus excitante que le point final auquel ils se trouvaient- impasse du futur dans laquelle ils se coinçaient tous. Ennemis. Alliés. Et les promesses, cadeaux empoisonnés qui n'étanchaient en rien la soif immortelle- dette qui n'était pas payée. De loyaux services, des années durant, qui l'avaient amené là- loin, trop loin de c'qu'il avait pu imaginer.

La voix qui interrompit ses songes solitaires alors, vint comme une surprise- la contradiction à laquelle il avait arrêté d'espérer être confronté. La Gavon, simple marionnette entre les mains de ceux qui la façonnaient à leur idéal- silencieuse et distante princesse qui siégeait dans un monde où il n'avait aucune place. Peut-être l'avait-il fait brusquement redescendre de son piédestal ; trop de péripéties en peu de temps, trop de blâmes à porter sur ses épaules à lui. Valeska, et tout un tas de responsabilités qui venaient avec- de celles qu'elle devait elle-même endurer. L'innocente créature, ballottée sur la terre des mortels et de ceux qui avaient arrêté de rêver depuis longtemps. Le réel semblait l'avoir rattrapée, d'une certaine façon- aux faiblardes lumières de la pièce, il les devina quand même, les résidus de sillons de larmes. L'affliction suprême qu'il préférait fuir du regard plutôt que d'affronter de plein fouet : lâcheté, peut-être devrait-il assumer les conséquences de tout ce qui la rattachait à lui. Et c'était ainsi que le mariage perdait sa superbe, serments devant les Dieux devenus des obligations, choix forcés- un chemin gravé dans le marbre, qu'on le veuille ou non. Comment pouvait-elle encore croire en la pitié des Démiurges, quand elle se retrouvait dans une telle situation ? Elle ne lui en voulait pas, à lui- alors à qui ? Dans son esprit si muet à l'extérieur, devaient bien tourner des songes qu'elle gardait pour elle, idées secrètes d'un monde où tout aurait été différent. Où elle ne serait pas là, où il ne serait pas là non plus. Il soupira, alors- à peine convaincu de cette confession, du regard qui le chercha, l'honnêteté qu'on pourrait y lire, naïvement : peut-être Keira elle-même s'appliquait-elle à le croire, à repousser le vice qui dévorait leurs palpitants meurtris. Tôt ou tard, leur condition les rattraperait- une chute vertigineuse à laquelle il s'était déjà préparé. Hermétique au possible, l'époux à la ligne de conduite bien distincte, fermé au reste. N'était-elle pas pareille ? Et tout autant qu'il aurait aimé la fuir, cette diatribe qu'elle lâcha de sa bouche si fermée d'habitude, il l'écouta- suspendu à ces lèvres qu'il n'avait embrassées qu'une et une seule fois, le baiser forcé devant témoin, symbolique parfaite de ce qu'ils étaient. Deux êtres encore séparés d'un fossé infranchissable- peut-être était-ce trop tard. Car déjà, il n'avait qu'incompréhension et questions à répondre à son épouse, la vague les séparant dans une houle sans pitié- Achil, trop habitué à c'qu'ils étaient devenus.
Pourquoi l'avait-elle choisi, lui, comme elle le disait si bien. Pourquoi s'était-elle ne serait-ce qu'inquiétée de son sort- sa mort, peut-être une libération pour la jeune femme ; un vœu qui se briserait de lui-même, des chaînes dont elle se délivrerait bien volontiers, l'enfant déracinée de son petit univers de toujours. Il n'était que le froid intrus à ses rêves, celui qui n'arrivait même pas à lui vendre quelques belles paroles pour alléger la peine- lippes sèches, les iris s'éloignèrent à nouveau, faibles en comparaison de l'ardeur de la Gavon. Une énergie qu'il ne lui avait jamais connue- qui lui allait mieux que le masque de l'impératrice trop polie. Une passion qu'il avait crue morte chez elle ; la flamme qui agonisait lentement mais sûrement en lui. « Les événements de ces derniers jours n'ont rien à voir avec toi. Tout ça, a commencé bien avant que tu n'entres dans ma vie- ma famille a toujours œuvré pour les Sielle, pour leur vision. Tout ça, ce sont des projets qui se concrétisent enfin, après des décennies- je n'avais aucune obligation à te dire quoique ce soit à ce sujet. » et elle-même l'avait dit- pourtant, implacable dans la voix, Achil se forçat à prononcer ces mots- « Et à voir où va l'allégeance des tiens, j'avais de bonnes raisons de rester prudent. » les Gavon dispersés aux quatre coins du pays- trop peu dévoués au Cercle ; d'autres, dans le camp ennemi. Pourquoi est-ce qu'elle était là, alors?- tenace la question revint à la frontière de son crâne, flottant à la surface de songes desquels il était trop attaché. L'âme du guerrier qui avait perdu une bataille qui lui tenait trop à cœur – l'échiquier politique qui prenait, et prenait. Prenait trop. « Pourquoi devrions-nous être autre chose que des obligations, Keira, hein ? » trop tentants, trop obsédants, les mots flottant enfin dans l'air- abattement dans ses veines, dans son cœur, l'acceptation si profondément ancrée en lui. Peut-être serait-ce plus facile de vivre comme ça ; pourquoi cultiver des déceptions et des blessures ? Pourquoi s'ouvrir à quoique ce soit d'autre ? Était-ce seulement ce qu'elle voulait ? La distance était toujours là, Achil tombé d'un monde en ruines- d'une réalité où il écrivait son histoire dans le sang des autres, à coups de complots, d'assassinats et de guerres. La question était honnête, guère chargée de risque ou d'une pique blessante ; les faits, murmurés sans l'être : pourquoi est-ce qu'elle regarderait plus loin que le devoir qu'on lui avait incombé ? Je suis désolé aurait-il voulu articuler encore- les mots lui manquant, l'air comme du plomb à ses poumons. Trop de choses en trop peu de temps- images calquées sur sa rétine, et d'âpres sentiments que ça n'avait pas été assez et que tout ce qui avait importé avait été perdu. Il était pourtant là avec les siens, sa famille saine et sauve – une chance que d'autres n'avaient pas. Mais trop de gloire perdue. Trop de pas en arrière vers le néant ; et la solitude, l'étreignant ce soir plus fort que jamais. Achil, lui-même vaincu par des arrogances trop grandes, des illusions trop vastes- cendres d'un futur plus lointain et inatteignable que jamais. Son nom, et toutes les responsabilités qui avaient arraché Keira aux siens, à sa voie, à sa symbiose bienheureuse- c'était tout ce qu'il avait à lui offrir ; cendres fumantes d'un passé duquel ils auraient peut-être dû se contenter. Est-c'qu'il avait su, Keira, ton père, qu'il te rendrait misérable avec moi? L'investissement de Joseph Gavon, cruel retournement de situation. Pour lui et pour elle. Il n'arrivait même pas à lui offrir quelque consolation après tout ce qu'elle avait enduré. « Ce que j'ai fait, à Aureus-... tu ne me dois rien. Je t'avais promis de te garder sauve. Au moins je peux faire ça. » au moins, il savait faire, ça. Et le reste, quelque épiphanie à l'amour, peut-être le trouverait-elle ailleurs, là où vivaient encore ses rêves et ses idéaux. La résistance du monde des naïfs- des rêves meilleurs auxquels il n'appartenait pas, arraché à la candeur de questions futiles depuis longtemps maintenant. Peut-être n'aurait-il même pas de réponse à lui donner, s'il y pensait vraiment. Ulysse, trop longtemps en quête de l'inatteignable- à faire les guerres des autres et à y déverser son âme. Il en avait même perdu ce qui avait été sien maintenant, le roc de son monde, évanoui, et lui à la dérive.
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Re: EMBER IN THE ASHES — acheira.  |  Sam 12 Oct - 2:25
ember in the ashes ★ achil & keira
    Trop égarée, trop perdue ; c'est sur un bateau ivre qu'elle dérive, tout contrôle arraché à ses mains impuissantes, la rive déjà effacée à l'horizon. Dans cet univers sans dieu ni loi, elle ne sait naviguer ; dans l'océan trop immense qui la dépasse, elle ne sait nager, condamnée à éternellement se noyer, incapable de seulement trouver du sens à ce qui n'en fait plus, à maintenir la foi dans ce qui n'a jamais été. C'est l'enfer des hommes qui écrase sa poitrine, consume son âme ;  une humanité perdue, parce qu'elle-même a trop failli, abandonnée aux vices d'une chair trop faible — parce qu'elle s'était laissée pervertir, là où elle aurait dû être immaculée ; une figure de lumière, entachée de mille erreurs, ternie de milles fautes, étouffée de ténèbres qui n'avaient jamais fait qu'exister. Du pétrole, en lieu et place du platine de ses veines ; un argent oxydé, souillé, le crime dans l'ichor ruisselant. Héritière d'un homme qui avait cherché à arracher le péché à l'ivoire de son épiderme dans la brûlure du cuir tressé, fille d'un père qui n'avait jamais été que traîtrise, prophète d'un monde de violence et de fanatisme — elle n'était rien que le reflet d'un égaré qui s'était cru voix des démiurges, criminelle qui ne saurait jamais se départir de la violence qui dévalait son cœur en torrents. La faute était droit du sang, héritage cruel, un destin auquel elle se savait déjà condamnée, créature méprisable. Peut-être était-ce là l'essence même de leur malédiction ; ils s'étaient crus intouchables, Gavon immaculés, persuadés de la noblesse de leur cause, du martyre de leur sacrifice. Peut-être n'étaient-ils finalement que trop humains, trop faillibles, condamnés à éternellement choir, contempler dans l'éternité l’indigence de leur échec, d'une humanité qu'ils n'avaient su arracher aux gouffres infernaux, lorsqu'eux-mêmes se laissaient ternir par les mêmes péchés dont ils n'avaient su protéger les mortels égarés. Ils étaient de ces bâtisseurs désespérés qui se mouraient d'édifier des ponts entre les hommes et les cieux, lorsqu'ils n'avaient jamais su se faire hommes eux-mêmes. Là où ils s'étaient cru guides, ils n'avaient jamais été qu'égarés. Et des illusions perdues, ne demeurait qu'un royaume de poussière, et sa foi mourante, sacrifiée sur l'autel des ambitieux.
Combien avait-elle déjà sacrifié pour le bien d'autrui? A quoi devrait-elle encore renoncer pour nourrir leurs rêves égoïstes? Les siens s'étaient consumés dans les flammes infernales, combustibles trop efficaces qui s'étaient empressés d'embraser le bûcher sur lequel elle se mourait peu à peu, consumée de l'avidité des puissants, dévorée de leurs mensonges et de leurs tromperies. Dans le royaume des ambitieux et des fabulateurs, il n'était nulle place pour l'humilité et la vérité qu'elle avait érigées en couronne. Nulle place pour une foi vaine de sens, nulle place pour des démiurges écartés pour les trônes des hommes qui s'étaient crus dieux. Aveugle dans un empire de borgnes, elle ne pouvait que se laisser emporter par la violence d'un monde qui n'était pas sien, tenter avec amertume d'appréhender l'échiquier où elle ne s'était jamais su pion dans des parties dont elle ignorait tout des enjeux. Des parties dont elle ignorait tout des joueurs, des visages familiers qu'elle avait cru connaître, n'avaient été que plus de fantômes encore, des spectres désincarnés qui n'avaient jamais réellement existé, mirages plutôt que véritablement réels. Des repères qui lui avaient été arrachés, alors que l'univers basculait ; et dans la cruelle ironie du hasard, c'était en les mains d'un homme qui n'était qu'étranger qu'elle avait placé sa foi — lorsqu'Achil n'était que façade de brouillard, façade de secrets, promesse d'inéluctables déceptions qui ne savaient la dissuader de croire, pourtant. Éternelle erreur qu'elle ne se lassait de commettre, foi aveugle d'enfant naïve qui n'était que lame mortelle entre les doigts de l'imperturbable — et dans la confiance qu'elle ne savait lui retirer, c'était architecte de sa propre destruction qu'elle s'établissait. « Les événements de ces derniers jours n'ont rien à voir avec toi. Tout ça, a commencé bien avant que tu n'entres dans ma vie- ma famille a toujours œuvré pour les Sielle, pour leur vision. Tout ça, ce sont des projets qui se concrétisent enfin, après des décennies- je n'avais aucune obligation à te dire quoique ce soit à ce sujet. Et à voir où va l'allégeance des tiens, j'avais de bonnes raisons de rester prudent. » Les mots sont poignard, cruelle vérité qu'il manie sans pitié, et elle tressaille, l'enfant ; une insulte qui lui dévore les entrailles, poison corrosif qu'il glisse dans le torrent de ses veines brusquement gelées. Les siens. Des errants, des pèlerins, des électrons libres, des menteurs qui lui avaient été arrachés, eux aussi, qu'elle avait cru connaître, n'étaient qu'étrangers ; les liens forgés dans l'ichor et l'acier n'étaient que poussière, et la réalité de la vapidité de leur nom n'était qu'apparue dans la violence du monde. Les tiens. Un nombre dont Achil s'excluait, dont il l'excluait, aussi ; au nombre des siens, il ne l'avait jamais comptée, ne la compterait probablement jamais — une distance, qu'il creusait, là où elle avait cru édifier des ponts, futile gamine qui n'avait jamais fait qu'offrir sa gorge à la lame de ceux qui brûlaient d'en répandre l'ichor. Mise à mort, sur l'autel d'hommes qui s'étaient crus rois, s'étaient crus dieux. « Pourquoi devrions-nous être autre chose que des obligations, Keira, hein ? » Les mots déchirent la fabrique même de l'univers, et elle ne peut retenir un mouvement de recul, comme s'il l'avait giflée. Ne peut ignorer que le vertige soudain, la pâleur brusque, dans l'acuité d'une souffrance trop soudaine, trop aigüe — ne peut que songer, que de toutes les pénitences qu'elle avait pu un jour s'infliger, celle d'avoir cru Achil Valeska différent était la plus cruelle, la plus douloureuse. Un pas en arrière, encore ; condamnée à regarder l'homme, des mots au bord des lèvres, incapable d'implorer sa pitié, condamnée à la plus longue des agonies, alors que le mot se répète en litanie muette, incessant poignard dans sa mémoire. Obligation, obligation, obligation. Et dans la lente torture, ce n'est qu'un souffle qu'elle laisse échapper, un aveu qui n'est jamais qu'une reddition  — dans la cruelle réalisation qu'il y avait eu là quelque chose, qu'il s'était appliqué à détruire. 'Parce qu'il est trop tard pour moi.' Parce qu'il ne saurait plus n'être qu'obligation dans ses yeux ; parce qu'il était celui qui s'était constitué réceptacle de sa loyauté, dusse t-il la tuer chaque instant, parce qu'elle s'était égarée à croire qu'ils pourraient être plus. Ils n'avaient jamais été que prisonniers l'un de l'autre ; probablement la dernière sentence que Joseph lui infligeait, promesse d'avoir nécrosé tout espoir de lien avant même qu'ils ne démarrent, condamnés à n'être jamais rien.
« Ce que j'ai fait, à Aureus-... tu ne me dois rien. Je t'avais promis de te garder sauve. Au moins je peux faire ça. » Paupières un instant closes dans l'atroce réalisation — compréhension amère que, là où elle avait cru tisser des liens du cœur, lui n'avait jamais vu que des chaînes, n'avait su voir en ses traits que le fardeau qui écrasait ses épaules. Une obligation. Une inspiration, une expiration ; elle voudrait étouffer l'incendie qui la dévore depuis trop de jours, la ravage pour ne laisser qu'empire de cendres de ses illusions détruites, voudrait s'enfermer plus encore dans le calme glacé de ses convenances et de son éducation. Mais sa rigide instruction n'avait été que le chef d’œuvre de Joseph, son plus grand échec, aussi — une gemme qu'il avait polie de ses doigts, si dénuée de valeur qu'il l'avait jugée charbon, l'avait abandonnée. Une éducation trop strict qui n'avait plus de sens, une irréprochabilité du sang qui n'avait jamais été que façade. Alors lorsque les yeux se rouvrent, ce n'est que pour se poser, enflammés, sur les traits de l'étranger qui se prétend époux ; et la voix brûle d'un feu céleste, flammes infernales qui la dévorent toute entière, dans une colère étouffée trop longtemps. 'Tu peux haïr ce que je suis de toutes tes forces, Achil, haïr ce que je représente, mais rien ne t'oblige à être cruel. Je ne suis pas mon père. Je ne suis pas les miens.' Un reniflement rageur, et elle secoue la tête, incrédule, sans le lâcher des yeux. 'Je ne serai pas ton obligation, Achil. Je ne veux pas de tes serments, s'ils sont forcés. Je ne veux pas que tu me protèges, si tu estimes que tu le dois. Je ne veux rien que tu ne veuilles m'offrir.' Un silence, et elle le dévisage, l'homme dont elle a pris le nom, laisse le feu s'éteindre dans une acceptation paisible. 'Tu aurais dû me laisser, à Aureus.' La phrase s'étouffe dans un sanglot, pourtant ; parce qu'elle se remémore le soulagement, lorsqu'il était apparu, le brusque sentiment d'être en sécurité — comme il en avait été à chaque fois qu'ils s'étaient rencontrés. Comme un fantôme de foyer, lorsqu'elle-même n'en avait plus. Une distance qui la tue, parce qu'il était plus que rien, dans la cruelle ironie du monde, parce qu'il était tout ce qui lui restait — une distance qu'elle abolit entre eux, et elle lève la paume au-dessus de son cœur à lui, quelques centimètres qu'elle se refuse à franchir, par respect pour son désir d'éloignement, et elle se perd à écouter les battements familiers qu'elle sent pulser, contemple le dos de sa propre main plutôt que de se résoudre à le regarder. 'Mais je suis heureuse que tu l'aies fait. Quand tu es apparu, dans la foule, dans le chaos, je -- Je ne saurai jamais assez de mille vies pour te remercier.' Et probablement n'aurait-elle jamais le temps nécessaire pour payer sa dette. Que sa vie s'achève dans une flamme vive, qu'il soit celui qui s'éteigne, chevalier de causes qui la dépassaient, signait le pouvoir d'autres rois dans son propre sang répandu. Un ressentiment soudain, un élan d'injustice, et elle serre les dents, lui coule enfin un regard brûlant. 'Et je ne t'ai jamais autant haï que lorsque tu es parti pour Valdierva. Je n'aurais jamais toléré que tu meures et je -- Je tiens à toi, Achil, au-delà des obligations. Rien ne t'oblige à le croire. Tu connais les allégeances des miens.' Un sourire mi-amusé, mi-amusé, qui se fond sur ses lèvres, alors que les yeux s'adoucissent de larmes longtemps retenues. 'J'ai eu si peur.'





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you are, i think, an evening star, of all the stars, the fairest —  if there is light, it will find you. (beloved).

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Re: EMBER IN THE ASHES — acheira.  |  Mar 15 Oct - 19:46
(I see that storm in your eyes)
Just gonna wash you out with the tide

Marche funèbre qu'ils ne connaissaient que trop bien, tous deux ; condamnation sous-couvert de mariage, les engagements dévorateurs qui prenaient tout. L'alliance soudainement endophage, la bague sertie d'or, lourde comme le plomb. Achil l'éternel solitaire, cavalier qui traçait sa route sans se retourner, enchaîné à d'autres devoirs qu'il n'avait guère désirés. Desquels il ne serait sans doute jamais à la hauteur- l'âme desséchée, l'esprit lointain des mondanités qui liaient les autres. Ses préoccupations toujours ailleurs, le soldat façonné par les mains des autres, créé à des desseins qui ne se limiteraient jamais à la gloire simple d'un foyer où n'existeraient que de maigres ambitions de gens bienheureux. Ils étaient Argents, et le fardeau de responsabilités qui venaient avec- déchéance de l'âme tout simplement humaine, sacrifice des chairs simples pour une splendeur éternelle. Et l'épouse n'était là que pour faire survivre la lignée, devoir conjugal auquel elle ne s'était jamais soustraite jusque-là – lui, le distant bourreau qui se défaisait des condamnations qui venaient avec l'acte lui-même. Tant de choses qu'il ne voulait pas d'elle. Pas comme ça. Peut-être jamais alors, s'ils demeuraient condamnés au carcan d'obligations qui venaient d'autres lèvres, de contrats signés par d'autres, de vœux que d'autres demandaient à jurer devant des Démiurges trop lointains pour qu'on n'y croie. Ici-bas, ils n'étaient qu'humains- deux êtres qui s'opposaient sur un champ de bataille d'un autre genre, de ceux avec lesquels il n'était pas familiarisé ; pendant des années, il avait été chanceux de pouvoir fuir ces chemins-là. On ne cherchait guère à forcer son cœur ; on l'ignorait plus qu'autre chose : l'évidence de la charge, de l’œuvre, plus importante que tout. Des desseins que subissait la femme également- Keira et tout son flegme, offerts en pâture à quelqu'un qu'elle ne désirait guère ; et la politesse pour seule rempart à laquelle se raccrocher. Ou derrière laquelle se camoufler. Lui-même ne savait pas si c'était l'un ou l'autre, si elle demeurait si lointaine parce qu'il en était ainsi, ou parce qu'elle le voulait. Et pour canevas à tout cela, chaos était l'arrière-plan- la guerre qui ne laissait répit qu'aux morts, l'Histoire qui se mettait en place : les roues d'une destinée qu'on voulait majestueuse, qui tournaient de plus en plus vite. Aureus était lointaine désormais, le maigre réconfort d'un foyer neutre, destitué à elle. A lui aussi. Eux deux, orphelins de ces terres qu'ils ne reverraient peut-être jamais. Karez ne serait plus la même- l'empreinte des Zarkari, puissamment apposée à la ville qu'il avait toujours connue. Leur pollution indésirée, cicatrice béante sur les terres qu'il avait toujours foulées. Ses responsabilités l'avaient amené ailleurs- et maintenant qu'ils retombaient tous, pieds sur terre, pieds dans la poussière, l'âpre sentiment que rien n'avait été accompli, était une boule au ventre. Elle lui nouait l'estomac, au soldat- bile comme la fange dans laquelle ils crèveraient tous. Peut-être destinés à l'oubli ; la question le taraudait maintenant, une responsabilité encore, de se dire que peut-être, ils perdraient tout.
L'océan d'interrogations, à la gueule grande ouverte- prête à l'engloutir. Achil et ses doutes, mots qu'il ne pouvait prononcer- l'énième couche de solitude lui faisant ployer l'échine. Symptôme qui ne se traduisait qu'à peine ; dans les silences qu'il laissait planer, et les sillons insidieux qui se creusaient sur son visage qui prenait de l'âge. Synonyme que le temps avançait, l'immuable course à la vie à la mort, aux mémoires ou à l'oubli. Peut-être la fin des Valeska. Le mariage, reclus dans une parcelle de sa tête- instinct de survie, instinct du palpitant qui se voulait vaillant. Il y avait des Diables qu'il valait mieux ne pas tenter, évidences qu'il valait mieux ne pas mettre en mots. Tous les deux, ils ne seraient jamais que des marionnettes entremêlées, âmes incompatibles qui ne trouveraient guère salut dans leur condition. La misère, l'éternel reflet dans le lac clair des prunelles de celle à qui il avait trop promis. Forcé. Engagé devant témoins qui n'en auraient cure, qu'ils s'aiment ou qu'ils se détestent- l'infinité du mariage retombant sur leurs épaules, à eux deux exclusivement. Et l'intimité pesante, atmosphère isolée et froide, habituel étreinte qui l'accueillait dès qu'il déposait les armes, abandonnait la violence de l'extérieur, à la recherche du refuge qu'il avait toujours connu. Seul, plutôt que mal accompagné- hanté par le spectre silencieux d'une âme qui n'était que l'ombre d'humaine, existence livrée sans que le cœur ou la volonté n'y soient.

Les tracas soudains de Keira, anomalies dans ce qu'ils avaient toujours connu- l'abattement silencieux qu'ils n'avaient guère eu le courage d'adresser. Peut-être pour ne pas se blesser l'un l'autre plus qu'ils l'étaient déjà. Elle ne le libérerait jamais d'aucun mal- et lui non plus. La moindre des choses, la chance qu'ils pourraient s'octroyer, c'était de ne pas en rajouter. Ceux qui se voulaient Rois et Reines, déjà décapités, tête et cœurs désassemblés, et pour seule voie l'unique chance qui s'offrait à eux : celle de donner sens à leurs sacrifices. Elle semblait le blâmer pour bien des tourments, pourtant : la Gavon trouvant sa voix, impulsion accusatrice, le timbre chargé de ressentiments qu'il ne saurait décrypter. Si longtemps chanteuse de louanges obséquieuses, dont le symbole se trouvait toujours à son poignet : simple cadeau, l'analogie d'une chaîne qu'elle était trop sage pour rejeter. Il était trop tard pour elle, qu'elle disait- confession qu'il eut bien du mal à croire, figure de pierre, Golem aux assurances ancrées dans sa chair. Trop réaliste, trop cynique pour écouter les mélopées illusoires qui ornaient les poésies- la romance de cœurs qui s'octroyaient la chance de s'ouvrir et de s'offrir. S'il en lâcha un râle, proche du ricanement incrédule, ce fut sans sévérité, sans colère contre elle et les mensonges desquels elle s'était persuadée. Keira, comme soumise à l'hypnose du désarroi- s'accrocher à lui pour ne pas sombrer dans l'amère solitude qui hantait ses jours depuis qu'ils étaient tous les deux. Une vie plus vide que jamais, promise à Drinvi, terres sur lesquelles ils n'avaient jamais mis les pieds tous les deux. Fief auquel ils n'appartenaient pas, qu'on leur offrait soi-disant, mais qu'ils ne voulaient pas. Tant de changements à même de perturber n'importe qui- faire voir un maigre filin de réconfort dans un visage familier. Rien d'autre que ça. « Il n'a jamais été dans mes intentions d'être cruel. Et je ne te hais pas. » simples constatations pour répondre à ces suppliques qui n'avaient que peu de sens- Keira, sans cesse échappée à ce qu'il pouvait ressentir, à quelque intimité qui pourrait exister entre eux. 'Qu'est-ce que tu en sais, hein, de ce que je peux ressentir ?' la question comme couperet qu'il aurait pu avoir contre lui-même aussi ; indécision, prétentions qui explosent dans sa gueule. Achil détournant regard et corps tout à la fois à la brune et à ces mascarades auxquelles elle se livrait- pourquoi ?! Essayait-elle se persuader à ce point-là, qu'il existait quelque-chose entre eux que même elle n'avait jamais pris le temps d'observer, de cultiver ou même d'espérer ? « Je ne t'aurais jamais laissée là-bas, comme ça. Tu n'aurais jamais dû être là pour commencer. » l'évidence que peut-être, son monde aurait dû s'arrêter à Aldion. Que c'était à cause de lui qu'elle en avait été arraché. Mariée de force, balancée dans une marée humaine qui n'avait voulu que son mal. L'arôme de vengeance mordant ses chairs- les jugements de Keira, couplés à l'imprudence qui l'avait bêtement amenée au milieu des manifestations qui auraient pu lui coûter la vie. Un univers trop cruel, trop violent pour elle. « Mais qu'est-ce que c'est censé signifier d'autre, pour toi, hein ? Tu étais prête à partir dans cette foule à nouveau, peu importaient les conséquences. Si tu comptes me reprocher de parler d'obligation, dis-moi une chose, alors. Si je te donnais la possibilité de partir, là, maintenant. Une sortie hors de ce pays, loin d'ici, vers qui tu voudrais, est-ce que tu resterais vraiment ? » ou n'était-elle qu'otage ? Des circonstances, de lui, des convenances. Des obligations polies qui accompagnaient la bague à son doigt, les promesses faites devant les Dieux. Là où son cœur n'était pas. Pourquoi demanderait-elle alors, à ce qu'il mette le sien dans la balance ?
Il connaissait la réponse, lui- rhétorique alors ; elle serait peut-être trop polie pour y répondre. Politesse, soudainement synonyme de faussetés, mensonges. Hypocrisie de l'âme. « Je n't'ai pas aidée pour que tu passes ta vie à me remercier comme s'il était question d'un échange de bons procédés. Il n'y a pas de dette à rembourser pour ce que j'ai fait, Keira. Qui traite l'autre comme une obligation, de nous deux, franchement ? » peut-être eux deux. Prudence nécessaire dans ces jeux si dangereux. « Tu me reproches mes serments, mes promesses. Qu'est-ce que les tiennes signifient au-delà du fait que tu croies que les Dieux te foudroieraient sur place si tu les trahissais ? » des croyances qu'il jugeait- stupides, la désillusion des mortels qui voulaient croire en une entité toute puissante. Ils n'étaient qu'humains, créant leur propre Destinée. Et aucun Olympe jamais n'écrirait leur sort pour eux. « Pourquoi est-c'que tu parles comme ça, alors ? Pourquoi est-ce que tu tiens à prétendre qu'il y a quoique ce soit d'autre ? Je préférerais qu'on soit honnêtes, plutôt qu'on se mente. » au moins ça. Peut-être, à chacun son choix ; peut-être la vision enchantée d'un monde où il compterait pour elle, était préférable à ce qu'ils avaient là. La réalité de la prison où on les avait enfermés, tous les deux- à croire qu'ils pourraient en finir malades. Fous, de croire qu'ils s'y étaient acclimatés au point d'éveiller quelque étincelle que ce soit dans leurs cœurs forcés. « Tu l'as dit toi-même, tu ne sais rien de moi. Et je ne sais rien de toi. Alors exactement, à quoi est-ce que tu tiens ? » et de quoi le blâmait-elle, alors, de ne pas tenir, lui ? Au confort de leur douce cellule bourgeoise, au réconfort de l'avoir au moins lui – ni un être cruel ou sadique, ni quelqu'un qui la traînerait dans la boue. Un nom apposé du sceau seigneurial, peut-être de quoi rembourser le sacrifice de famille qu'elle venait de faire. « Je n'ai jamais voulu te faire du mal. Et je ne voulais pas te laisser à Aureus- pas comme ça. Je suis désolé-... si toute cette situation t'a causé du tracas. » le masque des politesses de retour, à croire qu'il s'y raccrochait lui aussi- l'habitude. La seule chose qu'ils avaient, franchement. Compas dans l'océan d'inconnu, une certaine stabilité des cœurs - « Je sais que tu es une bonne personne. Et que tu aurais mérité mieux. » mieux que ces circonstances si vite écrites. Mieux que les maigres explications qu'il avait bien voulu donner, avant de la livrer à la solitude. Mieux que lui. Ou que retrouver à Valdierva plus seule que jamais- trahie, il le savait, par des personnes auxquelles elle tenait plus qu'à lui. Des blessures qui, peut-être, lui coûtaient plus à l'âme que ce qu'il ne ferait ou ne dirait jamais.
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Re: EMBER IN THE ASHES — acheira.  |  Mer 16 Oct - 17:11
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    Balayée par le fureur d'une tempête qui n'avait fait que tout ravager dans son sillage, des vents empreints de changement qui ne se lassaient pas de redessiner les profils du monde, elle n'était jamais qu'égarée, Eurydice emprisonnée dans un royaume infernal dont elle ne connaissait nulle issue. Partout où s'étendait le regard, ne trouvait-elle que poussière et cœurs ravagés — des vestiges de ce qui avait un jour été, de ce qui ne serait jamais plus. Dans sa trop prégnante naïveté s'était enracinée la désillusion — un refus obstiné de voir ce qui n'était pourtant que trop apparent, à qui savait regarder. Elle n'avait jamais été que foi aveugle, foi idiote, confiance placée entre les mains d'ambitieux qui n'avaient jamais vu qu'un outil en tout ce qu'elle était — un nom, une alliance, un nombre. Du crime de foi, elle était seule fautive ; trop coupable d'avoir arraché le palpitant de sa propre poitrine, de l'avoir placé, battant, dans la prison des doigts avenants. Seule responsable de sa propre déchéance ; dans le silence des appartements froids, hantait le sentiment amer d'avoir été Iphigénie égorgée, pourvu qu'adviennent les conquêtes d'un roi — dans le silence de la raison, elle ne pouvait que s'admettre seule fautive, bercée d'illusions dans lesquelles elle s'était noyée, plutôt que d'accepter la sauvagerie d'une réalité qui n'avait su la satisfaire. Plutôt que d'admettre l'étendue de l'échec des siens, de son échec. L'hyménée n'avait jamais été qu'une autre illusion dont elle s'était bernée, des mensonges qu'elle avait érigés en évangiles, théorèmes de poussière ; là où elle s'était laissée à croire que la distance n'était nulle fatalité, que les serments des hommes pourraient dépasser ceux des démiurges, Achil, trop réaliste, n'avait été que conscient de la fausseté d'une relation qu'aucun d'eux n'avait choisie. Trop captifs de la prison de silence et de convenances dans laquelle ils avaient été jetés ensemble, des attentes de tiers qui avaient écrit la tragédie à l'encre de son propre cœur. Cœur fragile, cœur offert, cœur faible ; et dans les semaines partagées, dans les instants dérobés et les serments gratuits, c'était la réalité qu'elle avait un temps oubliée, trop naïve, trop bête. Dans l'univers dont ils redessinaient les fondations, Achil et la distance qu'ils entérinaient dans le silence n'étaient finalement que point cardinal, un repère inchangé, lorsqu'elle avait cru qu'ils pourraient être plus.
La distance est insupportable, pourtant, un trop-plein qui l’écœure, brusquement, dans le sentiment de chercher à ouvrir une porte qui lui restait obstinément verrouillée. Là où il lui semblait édifier routes et ponts, Achil demeurait toujours hors de portée ; mais avec l'homme, elle n'a ni carte ni boussole, égarée dans des chemins inexplorés, trop incapable elle-même de se départir de la retenue des convenances — parce les liens étaient si simples, avec d'autres, parce qu'avec l'époux, ne cessaient de résonner les avertissements. Les Valeska n'avaient jamais été relation innocente ; pour le père, ils étaient alliance, un accord commercial qu'elle n'avait pu se permettre de mettre en danger. Dans la signature du contrat de mariage, le père avait trouvé la seule satisfaction qu'elle lui apporterait jamais, qu'il devrait cruellement regretter désormais ; et la chape de convenances n'était jamais que poison qui avaient condamné leurs relations dès le départ, no man's land qui lui offrait un sentiment de fausse sécurité dont elle ne parvenait à se détacher véritablement, pourtant. Trop effrayée à l'idée de s'exposer dans ce qui n'avait jamais été que cruelle pantomime. Tragédie dont ils énoncent les répliques, dans un détachement qu'elle abhorre chez l'époux, n'est que reflet du sien, de sa propre faute.
« Il n'a jamais été dans mes intentions d'être cruel. Et je ne te hais pas. » Les mots sont assénés dans la plus absolue des neutralités, comme s'il s'agissait là de loi universelle — parole divine en laquelle elle ne parvient à croire, ne parvient plus à croire, brusquement, un élan de raison qui s'oppose au cœur trop avide de se laisser convaincre que peut-être il disait là la vérité. Pourtant, il se détourne, Achil, comme écœuré de sa seule vue, et elle s'écarte, une porte intangible fermée entre eux, comme elle ne se lassait de se clore, inlassablement. « Je ne t'aurais jamais laissée là-bas, comme ça. Tu n'aurais jamais dû être là pour commencer. » La vérité heurte, une sécheresse cruelle, sécheresse amère, trop fondée, pourtant ; Aureus était un accident où elle n'aurait jamais dû se trouver, qui avait menacé Achil, parce qu'elle-même avait été . Sa vie, ses jours, qu'il avait placés dans la balance, parce qu'elle avait commis l'erreur d'être présente, parce qu'il s'était engagé dans des serments qu'il n'avait visiblement su accepter de briser. Alors elle baisse les yeux, l'enfant, étouffée de remords, mille excuses prêtes à fleurir au coin des lèvres ; mais ce sont ses mots à lui qui surgissent, vague furieuse, ouragan dévastateur qui balaie tout sur son passage. « Mais qu'est-ce que c'est censé signifier d'autre, pour toi, hein ? Tu étais prête à partir dans cette foule à nouveau, peu importaient les conséquences. Si tu comptes me reprocher de parler d'obligation, dis-moi une chose, alors. Si je te donnais la possibilité de partir, là, maintenant. Une sortie hors de ce pays, loin d'ici, vers qui tu voudrais, est-ce que tu resterais vraiment ? » Prison de verre qui se fracasse, convenances qui s'effritent ; vite, trop vite, ce sont les eaux du Phlégéthon qui viennent ruisseler dans ses veines, incendie infernal qui réveille enfin l'âme passive, une fureur violente qui déferle, balaie vingt années de rigides préceptes. Vingt années de retenue, vingt années de colère latente, et elle voudrait hurler — parce qu'elle ne peut s'empêcher de penser, qu'au fond, il a raison, que tout n'a jamais été que sa faute, malgré l'insulte qu'imprègnent les mots. Un instant, les pensées s'égarent vers un autre homme, immédiatement balayé dans la rage dévastatrice — parce qu'il n'était qu'une réalité, qu'une réponse à l'interrogation que l'époux lui avait jetée au visage. Une évidence. 'Oui.' Le mot claque, dans l'air ; et quelques pas furieux viennent dévorer l'espace, et elle referme les doigts sur le visage de l'homme dont elle avait pris le nom, pour orienter, dans une douce fermeté, ses yeux vers les siens — et la diatribe qu'elle ne retient plus vient siffler entre ses dents, venin du cœur contre venin de la raison. 'Regarde-moi. Tu peux douter, Achil. Tu doutes toujours. Mais sois honnête avec toi-même, pour une fois. Ce n'est pas de moi que tu doutes, pas vrai? Tu refuses que quiconque puisse vouloir rester. Alors tu vas me faire le plaisir de te rentrer ça dans la tête, immédiatement. Si j'avais voulu partir, il y a longtemps que je ne serais plus là.' Les doigts relâchent leur prise, comme si elle s'était brûlée ; et c'est d'un pas qu'elle s'écarte, sans pouvoir le détacher des yeux, furieuse. Dans les torrents de fureur, elle se laisse un instant à envisager ce qu'aurait été son existence, sans le contrat qui les avait liés l'un à l’autre — un instant, c'est à Will qu'elle songe, à l'homme auquel elle avait déjà renoncé, un deuil accepté, parce que c'était Achil que le fatum avait placé sur son chemin, parce que c'était à Reyna qu'il revenait. Achil, trop obstiné à croire qu'elle n'était jamais que mensonges et fausseté, trop incapable d'admettre qu'il puisse détenir la moindre valeur à ses yeux — Achil, qu'elle ne saurait probablement jamais convaincre, parce qu'il était si simple de repousser, parce qu'elle les avait elle-même tués dans l’œuf avant même qu'ils ne débutent.
« Je n't'ai pas aidée pour que tu passes ta vie à me remercier comme s'il était question d'un échange de bons procédés. Il n'y a pas de dette à rembourser pour ce que j'ai fait, Keira. Qui traite l'autre comme une obligation, de nous deux, franchement ? Tu me reproches mes serments, mes promesses. Qu'est-ce que les tiennes signifient au-delà du fait que tu croies que les Dieux te foudroieraient sur place si tu les trahissais ? » Une seconde salve, une seconde fusillade ; et elle le foudroie, ne sait retenir un reniflement méprisant, un ricanement amer que les siens n'auraient jamais toléré. Parce qu'il ne s'agissait là ni de divinités, ni de serments ; parce qu'il s'agissait de lui, parce qu'il s'agissait d'elle. 'Alors c'est comme ça, hein? Ce serait tellement plus simple pour toi si c'était le cas. Les dieux n'ont rien à voir là-dedans. C'est nous, Achil, pas les dieux.' Nous. Le mot laisse un arôme amer sur la langue, une déception qui la ronge un peu. Et elle secoue la tête, dans la désillusion, une moue presque dégoûtée accrochée aux lèvres. 'Et peut-être que c'est ma faute si tu l'as cru. Mais il n'a jamais été question des dieux.' Elle avait commencé le chemin en Eurydice prise aux Enfers ; c'était Orphée qu'elle se tenait désormais, parce que ces choix, ils étaient choix des hommes, et non des cieux. Parce que ces choix, ils étaient siens, et à nul autre.
« Pourquoi est-c'que tu parles comme ça, alors ? Pourquoi est-ce que tu tiens à prétendre qu'il y a quoique ce soit d'autre ? Je préférerais qu'on soit honnêtes, plutôt qu'on se mente. » La rage, en flux et reflux violent ; et elle serre les mâchoires, la gosse, face à l'offense, se force à détendre les jointures blanchies de ses doigts douloureux. Je ne t'ai jamais menti. Les mots brûlent ses lèvres comme le plus corrosif des acides, ne prennent vie, pourtant ; parce que dans la quête de perfection apparente qu'elle n'avait jamais cessé de poursuivre, lorsqu'il s'était agi de lui, c'était dans le mensonge d'un désintérêt plénier qu'elle l'avait emprisonné, c'était le mirage d'une gemme trop polie qu'elle lui avait offert. Elle n'avait cessé de lui mentir, sans l'avoir jamais désiré — et peut-être n'était-elle finalement que la seule responsable de leur situation. « Tu l'as dit toi-même, tu ne sais rien de moi. Et je ne sais rien de toi. Alors exactement, à quoi est-ce que tu tiens ? » Il se contente de répéter ses propres mots ; la réalité est cruelle, pourtant, frappe amèrement, et ce sont des iris incrédules, désillusionnés, qu'elle pose sur lui. Un instant, elle garde le silence ; un instant, elle réfléchit, s'interroge, sur l'homme qui lui fait face, sur l'étranger auprès de qui elle avait cru tisser d'épars fragments de relation. Pourquoi, seulement, s'attacher à un être qui n'était qu'inconnu, dissimulé dans un brume de mensonges et de secrets, pourquoi s'essayer à filer des liens avec un homme qui ne les souhaitait visiblement pas? Le feu s'apaise, alors, et les traits se durcissent, un masque d'amertume qui lui était si peu familier. 'A une erreur, visiblement.' Et les yeux se détournent, sondent la pièce, plutôt que lui, alors que l'aveu se délie, dans une verve brusque — trop incapable d'accepter une situation qu'elle refusait de voir ancrée dans le marbre de ses propres erreurs. 'Tu m'as sauvé la vie, Achil. Tu t'es placé devant ces balles, et tu aurais pu mourir. Et je suis peut-être idiote --' Et déjà, les yeux s'enflamment, alors que l'intégralité du corps pivote vers l'époux, comme s'il était étoile dans l'orbite de laquelle elle était prise. '-- mais je n'arrive pas à croire que ça, c'était du théâtre. Et si ça c'était sincère, alors je pense que tout le reste -- qu'avant, c'était sincère aussi. Et peut-être qu'il n'était qu'un mensonge... Mais cet Achil-là compte à mes yeux.' Les lèvres plissées en une moue butée, les bras croisés sur sa poitrine figée dans un souffle furieux, comme pour se protéger, c'est immobile dans l'éternité qu'elle le fixe, l'époux, les iris embrasés de flammes pâles. 'Alors, dis-moi... Est-ce que c'était réel?' Le désespoir de se savoir attachée à une illusion, d'avoir cru à plus de mensonges, plus de tromperies encore — la terreur de n'avoir été que pantin dans les jeux d'un marionnettiste qu'elle refusait de voir dans les yeux de l'époux.
« Je n'ai jamais voulu te faire du mal. Et je ne voulais pas te laisser à Aureus- pas comme ça. Je suis désolé-... si toute cette situation t'a causé du tracas. Je sais que tu es une bonne personne. Et que tu aurais mérité mieux. » Peut-être était-ce là leur malédiction, peut-être était-ce là la sienne — trop incapable d'aimer correctement, condamnée à blesser tout ce qu'elle touchait, condamnée à détruire, toujours. Tout ce qu'elle aimait n'avait jamais cessé de se gangréner entre ses doigts, une poussière macabre qui venait maculer ses paumes pâles. Elle était seule responsable des peines qu'ils rencontraient ; parce que là où elle ne savait que lire une certaine droiture d'âme chez Achil, elle-même se voyait aberration, monstre paré de lumière, paré de mensonges. 'Arrête.' Le mot n'est qu'un souffle là, et elle clôt les paupières, la poitrine soulevée d'un souffle trop irrégulier. Arrête de te mentir à toi-même quand tu me regardes. Et sa présence lui devient insupportable, brusquement — une goutte d'eau de trop, et il lui semble déborder un peu, parce qu'elle hait le fossé qui les sépare, qu'elle se hait de l'avoir laissé s'ériger sans mot dire. 'Tu veux savoir qui je suis, Achil? Je suis Gavon, et pourtant le nom ne m'a jamais paru aussi vide de sens, parce qu'il ne vaut rien. J'aime la musique et l'opéra. L'art, en fait. J'aime Aldion et la ville me manque. J'aimais bien notre maison d'Aureus, aussi. J'aime les chevaux, même si ce n'était pas respectable.' Une pointe d'ironie sur la douceur des mots — parce que dans les travers de la destinée, c'était Joseph Gavon qui avait pris le chemin le moins digne de tous. 'J'aimais bien partir à l'aube, à Aldion, simplement pour être seule. Ça non plus, c'était pas respectable. Je ne sais pas peindre. J'aime les pivoines. J'aurais bien aimé voir Karez. Je hais ce que je peux faire parce que je suis thanatos.' Le pâle sourire se fane un peu, au souvenir d'Aureus, au souvenir de son choix  — choix égoïste, choix tragique, qu'elle répéterait encore et encore, inlassablement, s'il le fallait. 'Je hais ce que j'ai fait à Aureus. Je ne regrette pas, pourtant. Je serais retournée mille fois dans cette foule pour toi, s'il avait fallu. J'ignorais ce que tu étais à l'époque.' Une moue embarrassée, comme une excuse, et elle se rembrunit, un peu plus — toujours plus. 'Je hais mon père des choix qu'il a fait. Je collectionne les erreurs. Je ne suis pas une bonne personne, Achil.' Une inspiration, et elle se détourne, incapable de plus le regarder — une inspiration, et elle révèle ce qu'elle n'a révélé qu'à un seul homme, qu'à son propre sang, écarte l'étoffe qui couvre le dos et les lignes pâles, la poitrine plus écrasée de honte que des baleines du corset. Les erreurs, marquées dans la chair, marquées dans le sang — chacun des péchés, imprimé dans l'ivoire tendre, témoignage ineffaçable de sa perdition. 'Je ne suis pas quelqu'un de bien, mais je crois que tu l'es. Et tu comptes pour moi. Pardonne-moi de t'avoir fait croire que ce n'était pas le cas.' Un point final, comme une défaite ; et déjà, elle voudrait fuir, ne s'y autorise, pourtant — tout, pourvu que s'effacent mensonges et doutes, pourvu que s'efface la distance et se comblent les fossés.

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me frappe pas s'il y a des fautes ou else, my brain's a fucking carousel today




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you are, i think, an evening star, of all the stars, the fairest —  if there is light, it will find you. (beloved).


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Re: EMBER IN THE ASHES — acheira.  |  Dim 20 Oct - 3:23
(I see that storm in your eyes)
Just gonna wash you out with the tide

Amours capricieux, cœurs lourds comme l'or coulant dans les abysses ; profondeurs prêtes à l'avaler- l'affection, faiblesse d'humanité qu'on ne lui avait que rarement octroyée. Des instants volés, révoltes semi-conscientes de l'âme faillible, espoirs flétris avant même d'exister- Achil, lancé sur une destinée qui l'avait éloigné des préoccupations des autres, l'évidence, toujours ancrée à son âme. Les gens comme lui étaient destitués de choix de l'âme, ces danses d'étoiles qui fracturaient le ciel l'une de l'autre ; la clarté toute nouvelle d'un monde où tout tournait rond. Keira n'était pas l'Ange descendu sous le couvert de mille lumières chargées d'évidences- rien d'autre que la figure spectrale de ce qui aurait pu être, mais n'existerait peut-être jamais entre eux. Le visage toujours étranger, regard ailleurs, un ailleurs, un autre temps, une autre narration, palpables dans les souffles qu'elle prenait en sa compagnie. Fiancée qui lui avait toujours échappée- étrangère qui aurait voulu fuir plus vite que ses jambes ne la porteraient jamais : combien de reflets à ses propres doutes avait-il lu dans les prunelles limpides de la brune ? Éclat diabolique d'une logique implacable : la force immuable des sentiments qui se rebellaient. Et si la vie écrite par d'autres prouvait quelque-chose, c'était l'incapacité humaine à forcer l'invisible : les cordes enchaînant les êtres, bonnes à être rongées, érodées par les mois, les années- décennies qui ternissaient les humains les plus simples qui soient. Valeska, rien d'autre que symptômes d'une maladie étendue profondément dans leurs rangs ; et c'n'était que récemment que le fils avait ouvert les yeux sur la guerre pernicieuse qui se jouait entre ses parents. Les astres qui s'étaient rencontrés, percutés- brisés l'un l'autre en mille morceaux ; que restait-il de leurs cœurs aujourd'hui ? Question latente et tenace, qui remettait tout en perspective derrière les voiles de politesse doucereuse dans lesquels ils se cachaient tous. Tant de mots non-dits, l'ambivalence aux abords des lippes ; les poésies nacrées d'un monde bienheureux perdues depuis longtemps- Hadrien et Gisella, debout dans un champ de ruines, ces carnages qu'ils avaient eux-mêmes causé. Pour mieux se faire du mal, la souffrance imbibée dans leurs chairs ; et curieusement pour le prince héritier, rien d'autre que l'assurance qu'il ne voulait pas tomber aussi bas. Une considération que, peut-être, elle n'avait pas pour lui : lire derrière les visages offerts par sa fiancée s'était avéré plus dur qu'il ne l'aurait imaginé. Ses traits, creusés d'une mer salée, le sillon de ses larmes sans doute- les âpres regrets qu'elle devait attacher à sa présence à lui, dans son univers à elle. Il était la froide leçon qu'on lui avait assénée sur le coin du visage, les rêves brisés qu'elle n'osait plus avoir- son père, apposant le sceau d'une appartenance étrangère sur elle. Le patriarche, la vendant comme du bétail à un autre auquel elle avait déjà dû faire trop de promesses. Comment tout ceci pouvait avoir le moindre sens ? Le questionnement ne le lâchait pas, lui- sincérité qu'il lui offrait, qu'elle s'exprime, si c'était ce qu'elle désirait. Par-delà les prétentions qu'ils ne s'étaient que trop offert, les obséquieux mots qu'ils s'étaient livrés à demi-bouche, il devait bien y avoir quelques relents d'honnêteté qu'elle pourrait lui réserver. Un joyau d'une rareté insoupçonnée, dans une Akkadia comme la leur- la terre fertile de fidèles, le tapis de cendres de ceux qui voulaient grimper toujours plus haut. S'il y avait bien une chose que les événements leur avaient prouvé, c'était ça. Et même pour lui, certains amis n'étaient plus qu'inconnus, certaines assurances étaient broyées dans le noir- le doute, insinué entre chaque craquelure faite sous le poids des conséquences.
Et dans tout cela, il aurait dû n'en avoir cure, de Keira- qu'elle demeure ou qu'elle parte, elle, rien d'autre qu'une insignifiante addition récente à un monde auquel elle n'semblait appartenir. Ils étaient trop différents, aimants opposés qui se repoussaient encore et encore- la valse de croyances si contraires, incompatibilité aussi évidente que le fardeau qui ne leur avait que trop voûté le dos. Il y avait presque de la pitié, pour elle et pour lui-même dans les mots qu'il disait- l'offre qu'il ne mettait clairement en mots, mais qui était là. Il avait toujours préféré vivre dans la vérité brutale et tranchante, plutôt que dans quelque illusion qui soit, Achil, lui, trop direct, trop droit pour vouloir se jouer de qui que ce soit. Pas comme ça, pas si gratuitement. Aucune cause ne profiterait du malheur de Keira, du sien à lui- des dernières flammes qui pourraient consumer le peu d'humanité qui survivait encore en son sein. 'Oui.' pour une ultime seconde, la réplique cinglante et si simple de la brune le prit par surprise- comme s'il s'agissait là d'une confession dont elle ne doutait pas, un cœur livré en pâture à son jugement. Il pourrait presque croire qu'elle ne mentait pas, qu'elle en serait incapable en le regardant si directement, la verve acide coulant sur sa langue à ce mot-là. Et pourtant, il renâcla encore, l'éternel scepticisme réflexe qui avait toujours régné à Aureus, ou chez lui. La prudence, qui venait avec chaque équation du palpitant, les mots des siens se répercutant sur les parois sèches de son être. Il n'y avait que les siens, rares filaments de confiance pure et dure, sur qui il pourrait toujours compter ; la Madone salvatrice, le patriarche aux ambitions droites. Et peut-être, Briséis. C'qu'il pourchassait dans le sillon d'Anja, rien d'autre qu'une illusion naïve- sûrement la seule qu'il pourrait se permettre dans cette vie-là. 'Regarde-moi. Tu peux douter, Achil. Tu doutes toujours. Mais sois honnête avec toi-même, pour une fois. Ce n'est pas de moi que tu doutes, pas vrai? Tu refuses que quiconque puisse vouloir rester. Alors tu vas me faire le plaisir de te rentrer ça dans la tête, immédiatement. Si j'avais voulu partir, il y a longtemps que je ne serais plus là.' les mains autour de son visage, toucher brûlant auquel il était bien content de se dérober, Achil, détournant le regard- fuyard de la hargne qu'il confrontait aux rétines de l'épouse qui ne lui avait jamais adressé autant d'égards ou de mots. Ils avaient trop longtemps été tendus tous les deux, comme des sans-âme qui se laissaient porter par des circonstances impitoyables ; les voix des autres, qui n'en avaient eu cure de leur bonheur, de leurs envies écrasées. Ils étaient tous passés par là avant- ses parents à lui tout autant que le témoin qui l'avait suivi jusqu'à l'autel. Quelque part, suivre ce chemin-là de pénitent portant une croix d'un certain genre, ç'avait été le moyen d'écrire une part de destin. « Nous savons l'un autant que l'autre qu'il n'a jamais été question de choix dans cette histoire. » pas les leurs, en tout cas. La brûlure de ses propres assurances à lui, le sort tel qu'il l'avait vu s'écrire de lui-même. Peut-être aurait-elle pu fuir avant d'arriver à l'autel, le réduire à la disgrâce la plus criarde qui soit ; celle d'avoir eu une fiancée qui aurait préféré le futur d'une fugitive reniée par les siens, plutôt que d'avoir quoique ce soit à voir avec lui. Un scénario, paradoxalement, plus probable que celui qu'elle peignait avec des mots doux et chargés de conviction ; ceux qui la clouaient là par choix, le libre arbitre pour terrain de jeu, la liberté à ses pieds, et elle, restant à sa place de condamnée.

Nous- le mot ne faisait sens ; pas comme ça, pas pour eux. Comme s'il avait été un tabou qu'ils n'avaient jamais prononcé, entités tenant à rester détachées l'une de l'autre- il y avait eu Achil, et il y avait eu Keira. Rien d'autre que le fil d'Argent de leur sang pour les connecter. Les serments faits aux Démiurges, si lourds d'implications et de conséquences. Le frisson d'un courroux qui pourrait bien s'abattre sur eux : si ce n'est des Dieux, celui de leurs familles réduites à la honte, s'ils devaient faillir. Et dans ce mariage si vide si solitaire, soudainement, ils n'avaient jamais été qu'eux deux. Il y avait toujours eu d'autres- leurs parents, les responsabilités ancestrales, le Cercle, et peut-être d'autres noms qu'elle, elle n'avait jamais mis en mots. Un calque de distance et de secrets encore, flottant lourdement dans l'air- des confessions qu'elle ne ferait pas. Et qu'il n'désirait entendre, l'orgueil se mêlant aux guerres intestines. Qu'est-ce que 'nous' était censé signifier ? Ces instants de silence, l'évidente distance qui les avait toujours séparés ? Les attitudes flegmatiques, échangées parfois avec ce qu'il serait si facile de voir comme du dégoût pour les circonstances flottant partout autour d'eux ? Les électrons de leur oxygène, eux-mêmes chargés de ces ressentiments qu'ils avaient été trop polis pour se dire ; ceux qu'il avait lus dans ses yeux à elle- trop familiarisé avec l'âme humaine et ses relents d'honnêteté inconscients. Trop fidèle à ses propres émotions, les batailles qu'elles s'étaient livrées- des élans d'affection fracassés contre le doute ou la froideur- chaque instinct de vouloir se préoccuper, coincé dans l'étau de convenances qui ne les avaient fait que trop suffoquer. Et les cérémonies fausses n'avaient que plus de sens : ils auraient pu y nager comme des poissons dans l'eau, dans les bals et les galas chargés d'hypocrisie. 'Tu m'as sauvé la vie, Achil. Tu t'es placé devant ces balles, et tu aurais pu mourir. Et je suis peut-être idiote --' mourir, sacrifice qui en avait toujours valu la peine ; pour les siens, pour les autres. Peut-être l'action idiote- pour une Gavon, l'héritier des Valeska qui aurait pu s'effondrer là. Et rien d'autre pour les siens, ni survivance, ni futur. S'ils savaient, peut-être le blâmeraient-ils tous d'avoir été aussi stupide. Qu'il prenne une balle pour un Sielle, il serait héros, excuse jetée en pâture encore et encore pour réclamer des droits à leurs Souverains. Dans la quête du pouvoir, Keira ne signifiait plus grand-chose. '-- mais je n'arrive pas à croire que ça, c'était du théâtre. Et si ça c'était sincère, alors je pense que tout le reste -- qu'avant, c'était sincère aussi. Et peut-être qu'il n'était qu'un mensonge... Mais cet Achil-là compte à mes yeux. (…) Alors, dis-moi... Est-ce que c'était réel?' l'acte déraisonné dans son ensemble l'avait été, trahison au Cercle, presque- abandon des plans plus vastes qu'eux tous. Finalement, les choses s'étaient bien finies pour eux ; mais qui sait ce qu'ils auraient pu perdre pour chaque pas de travers qu'il avait commis. Alors s'il lâcha un soupir, sonda l'extérieur noir par la fenêtre, ce ne fut qu'à la recherche d'une certaine sagesse, la mesure du pragmatique qu'il avait toujours dû être. « C'était aussi réel que c'était stupide... Et je te l'ai dit, je n'attends aucune rétribution en contre-partie. Si quelque-chose en toi s'est persuadé que tu te dois de faire des efforts pour ça... c'n'est pas la peine. » si elle réclamait honnêteté de sa part, sincérité de sentiments indomptables, qu'il en soit ainsi pour elle aussi. Pas de prix à payer, de sacrifice à rembourser, de plaie inexistante à panser avec quelque gentillesse mielleuse qui soit. Rien d'autre que la prétention, l'acerbe geste calculateur symbolisé par le bracelet qu'elle portait encore à son poignet, des mois plus tard. « Je n'peux pas vivre dans plus de mensonges tissés par des dettes à payer. » il lui offrait ça au moins, supplique à demi-avouée. Il préférait la cruelle réalité de ce qui ne serait jamais, à quelque illusion que ce soit. La confiance, trop précieuse, l'intimité comme le dernier filin survivant à son âme, le diamant préservé derrière des murailles qu'il s'était dressé des décennies durant. Achil, plus facilement solitaire que trahi. Peut-être pourrait-il encaisser son indifférence- celle trop familière, qui rythmait leurs tête à tête depuis le début. Le reste, ce serait trop douloureux.
Il était de ces joueurs à l'échiquier politique qui n'avaient que trop conscience de la réalité des choses ; la fausseté de certaines lippes- des visages parfois trop près de lui. Sa propre mère. Des amis- et les soupçons de plus en plus proches du cœur, des piques douloureuses pour lesquelles il devait se retenir de réclamer vengeance. Et Karez, plus lointaine que jamais ; le refuge perdu, il n'était que trop exposé ici. La dernière chose dont il avait besoin, c'était d'une ennemie tapie jusque dans son âme. Et il aurait voulu que ce face à face se meurt là, qu'il agonise sur le sol froid, entre les murs inconnus de leur nouveau repère. Qu'ils nient encore, renient l'espoir- peut-être même qu'ils acceptent leur condition pitoyable. L'instant trop long, la dispute trop brûlante, les doutes plus persistants que jamais. 'Tu veux savoir qui je suis, Achil? Je suis Gavon, et pourtant le nom ne m'a jamais paru aussi vide de sens, parce qu'il ne vaut rien. J'aime la musique et l'opéra. L'art, en fait. J'aime Aldion et la ville me manque. J'aimais bien notre maison d'Aureus, aussi. J'aime les chevaux, même si ce n'était pas respectable. J'aimais bien partir à l'aube, à Aldion, simplement pour être seule. Ça non plus, c'était pas respectable. Je ne sais pas peindre. J'aime les pivoines. J'aurais bien aimé voir Karez. Je hais ce que je peux faire parce que je suis thanatos.[/i]' et la diatribe de Keira, vagues de confessions qui le prenaient de court ; Achil, muet, rien que par respect, rien que parce que c'était trop. Trop plastique encore, loin de l'intimité naturelle qui coulait de source dans les histoires idéales- ils étaient consistants dans ça au moins ; ils n'étaient pas idéaux, rien d'autre que forcés sur une terre solitaire, à cohabiter. A s'apprivoiser. 'Je hais ce que j'ai fait à Aureus. Je ne regrette pas, pourtant. Je serais retournée mille fois dans cette foule pour toi, s'il avait fallu. J'ignorais ce que tu étais à l'époque. Je hais mon père des choix qu'il a fait. Je collectionne les erreurs. Je ne suis pas une bonne personne, Achil.' l'épouse livrée à son mutisme, il lui faisait au moins le respect de la regarder- de n'pas fuir malgré l'air qui gonflait dans ses poumons, l'assurance qui se défilait. L'instinct qui lui dirait de fuir, fuir tant de réalités qu'il n'avait partagé avec personne d'autre- trop de mots d'un coup, une tempête de confessions qu'on lui offrait comme dans un marchandage. Vérités jusqu'à la chair, elle faisait le grand saut, à savoir ce qu'il en ferait, de tout ça- d'elle, non pas offerte couche après couche, découverte tout naturellement, mais une évidence brute, livrée jusque sous ses yeux. Et il la dévisagea, cette réalité-là- les estafilades encore marquées sur le marbre de sa peau, parcelles de peau qui n'étaient que siennes à elle, détentrices de plus de secrets qu'il ne l'aurait imaginé. Il en resta hagard, Achil- témoin d'une violence et d'une cruauté auxquelles il n'avait que trop fait face. 'Je ne suis pas quelqu'un de bien, mais je crois que tu l'es. Et tu comptes pour moi. Pardonne-moi de t'avoir fait croire que ce n'était pas le cas.' s'il soupira cette fois, le souffle fut accompagné d'une maigre fuite- la seule qu'il put se permettre, l'échappée d'un instant, secouant la tête dans une négation silencieuse. « Qu'est-c'que c'est ? » la rhétorique pure et dure- il n'était pas un naïf, témoin de nombreuses plaies infligées par le monde. La pluie de cicatrices, témoignage d'averses passées qui avaient rougi sa peau. Et déjà tous les scenarii s'écrivaient dans sa tête, l'imagination croulant sous la violence, l'impitoyable marque des bourreaux. Peines poussiéreuses qui ne lui appartenaient pas, juste réflexions de ses propres expériences ; le poids d'un Nom qui demandait tant. Faute de mieux, alors, c'est sa main qui la trouva en premier, la timidité de doigts qui avaient vu plus de guerres que de tendresse, plus de morts que d'amour. Et pourtant, quand il la laissa couler, à la constellation de blessures sur son dos, trouvant son épaule, ce fut en l'espoir de la réconforter, de pouvoir servir à ça, au moins. « Il n'y a rien dans tout ce que tu aies dit qui me laisse croire que tu es une mauvaise personne, Keira. » et l'assurance qui s'était flétrie à mesure que les mots s'étaient vivement échangés, était de retour, là- le présent offert à l'âme de la jeune femme ; « Il y a des choses que j'ai faites pour arriver ici... qui seront toujours pires que tes erreurs. Des choses que j'ai faites en toute connaissance de cause. Des personnes à qui j'ai menti. Des inconnus dont je me suis débarrassé, d'une façon ou d'une autre... » du sang, pourpre ou de platine, qui n'avait fait qu’entacher ses mains- la conscience de ça, soudainement, lui faisant quitter tout contact avec la peau de satin de l'opaline. L'évidence, trop nette, qu'il y avait quelque-chose d'humain survivant en elle, qu'il pourrait détruire trop vite. Un sacrilège que ses parents avaient eux-mêmes commis, tous deux consumés l'un dans l'autre au nom d'un mariage qui leur avait tant coûté- et sûrement même d'autres mensonges dont il ne savait rien, encore. Fils trop naïf, fils aveugle au poison de son propre sang. « Je sais que tu ne resterais pas. Si tu savais tout. » peut-être même pour Anja. La haine viscérale et insidieuse qui avait anéanti son lien avec Briséis. Les péchés des Grands du Cercle, ceux qui réclamaient ce qui leur était dû, mais devaient se battre pour y arriver. Et le cadavre d'Arven, son sang à lui qui nimbaient encore les paupières de l'innocente Gavon de cauchemars pernicieux, ça aussi, quelque part, c'était sa faute. Le résultat de choix qu'il avait faits, de mouvements qu'il avait suivis. De convictions qu'il n'arrivait à renier, parce qu'elles étaient tout. « Et sur l'échelle de l'âme, l'échelle des Dieux si tant est qu'ils existent- aucune balle que j'aurais pu prendre à ta place n'aurait fait amende honorable pour mes choix. » une vision unilatérale que personne n'avait jamais questionné autour de lui ; l'évidence qu'il n'était ni sauveur, ni Prince Charmant, ni héros de ces fictions qu'elle avait dévorés avant tant d'avidité. Il l'avait sauvée, avec toute l'honnêteté de la loyauté qu'il éprouvait pour elle- mais rien qui ne signifierait jamais qu'il était quelqu'un de bien. L'hésitation, le mur infranchissable qui le séparait toujours d'Anja- peut-être était-elle mieux sans savoir d'où elle venait. Il tenait à elle, alors- à Keira. Assez pour lui laisser une chance de fuir- se dérober à des responsabilités désuètes, forcées à contrecœur, si cela pouvait la sauver un tant soit peu de lui. Des êtres comme lui. Ceux qui peuplaient ce château, pullulaient à Valdierva et partout ailleurs ; Akkadia déchirée par leurs ambitions à tous, l'humanité calcinée. Peut-être ne trouverait-elle jamais de refuge, Keira.
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Re: EMBER IN THE ASHES — acheira.  |  Lun 21 Oct - 18:29
ember in the ashes ★ achil & keira
    L'existence n'était jamais que choix, n'était jamais que décisions — des circonstances, placées dans les plateaux d'une balance de morale et de désirs, une évaluation des prix contre les gains. La trop sinueuse route qu'ils empruntaient tous, mortels égarés, n'était jamais que croisées de chemins, n'était jamais que carrefours, placés devant leurs âmes meurtries par un Janus trop cruel, impitoyable écho de la sauvagerie du monde. Combien de choix s'était-elle déjà perdue à faire? Qu'avait-elle déjà sacrifié pour une balance qui n'avait jamais été équilibrée, parce que trop altruiste, elle ne se lassait de donner plutôt que de prendre, de payer plutôt de gagner. Mille innocents jugements pour précéder le jugement dernier qui viendrait condamner l'étendue de ses fautes, l'étendue de ses erreurs ; car il n'était nulle plume de vérité assez pesante pour contrebalancer le poids de son cœur perverti. Et pourtant, même l'inéluctabilité de son ultime condamnation ne savait effacer la torture qu'infligeaient chaque choix, chaque décision. C'était Achil, qu'elle avait choisi — parce que lorsqu'il s'était agi de lui, lorsqu'il s'était agi d'eux, elle n'avait pas eu le choix. L'époux, plutôt que le père, le nom, plutôt que le sang — le regard tourné vers l'avenir plutôt que le passé. « Nous savons l'un autant que l'autre qu'il n'a jamais été question de choix dans cette histoire. » Une vérité qu'elle ne pouvait qu'accepter sans mot ajouter — car comment seulement nier une réalité dont ils étaient tous deux bien trop conscients, que répondre, lorsque tout avait été dit? Ils n'avaient jamais été de ceux à qui on offrirait le luxe d'un choix, n'avaient jamais été que des pions pour servir les ambitions des pères, nouer les alliances dans le sang et les noms — de ces tragédies dont le point final semblait s'annoncer dès le premier mot, de ces tragédies dont elle ne parvenait pas à accepter l'inéluctabilité. De toutes les décisions qu'on avait pu lui arracher, lui dérober — au moins ce choix-là avait-il été le sien. Un saut dans le vide, un acte de foi, alors même qu'il lui semblait ne plus croire. Ne demeurait qu'une évidence, ne demeurait qu'une aberration — elle croyait en lui. Sa foi aveugle, remise entre les mains d'un homme qui n'était jamais qu'inconnu, mille énigmes écrites à l'encre de ses yeux, traits flous de la chape de secrets qui ne semblaient jamais le quitter — et pourtant, c'était à lui qu'elle avait cadeau de sa foi, plutôt qu'à la familiarité du sang qui n'était finalement que vices et tromperies. C'était au-delà des mots qu'ils se tenaient, cependant ; où elle ne pouvait l'implorer de lui offrir la réciproque de la confiance dont il était réceptacle — parce qu'elle demeurait Gavon, parce qu'elle demeurait engeance des traîtres, parce qu'il ne lui devait rien.
Peut-être n'étaient-ils rien, deux noms apposés au bas d'un contrat, un engagement dépourvu de sens, une chape de silence et de non-dits qui ne se lasserait jamais de les séparer ; pourtant, demeuraient les premiers liens fragiles d'un attachement qu'elle n'avait su s'empêcher de tisser, un risque non calculé — se laisser à offrir de la valeur à l'homme, sans espoir de réciprocité. L'erreur, elle semblait ne se lasser de la répéter ; croire, encore, croire, toujours, se constituer volontairement captive de prisons du cœur, sacrifier toute son essence pour l'idée d'un autre — jusqu'à ce que vienne, inévitablement, la désillusion de mirages qui n'étaient jamais été. Comme elle-même s'était laissée à croire qu'ils puissent être autre chose que forcés à l'autre, plus que des promesses dans le vent, plus que des feintes et des mensonges — comme elle se laissait encore à l'espérer, naïve idiote. La réalité n'avait rien des rêves et des espoirs ; dans cette cruelle pantomime, ils n'étaient qu'acteurs tragiques, pantins emprisonnés dans les souhaits d'un autre. Des mirages, des illusions. Et lorsqu'il détourne les yeux, Achil, c'est lui qu'elle regarde — comme pour se convaincre de sa tangibilité, comme pour chercher à l'appréhender, l'homme-énigme, le comprendre, enfin, alors que les ombres dansent sur ses traits, comme elles lui dissimulaient tant de la psyché de l'époux. « C'était aussi réel que c'était stupide... Et je te l'ai dit, je n'attends aucune rétribution en contre-partie. Si quelque-chose en toi s'est persuadé que tu te dois de faire des efforts pour ça... c'n'est pas la peine. Je n'peux pas vivre dans plus de mensonges tissés par des dettes à payer. » Les mots l'arrachent à la contemplation distraite, un électrochoc qui court sur son échine, et elle redresse la tête, presque brusquement ; des mots qu'elle n'espérait plus, l'assurance de ne pas s'être trompée, l'aveu que tout avait été réel. Et les mots la libèrent de la chape des cieux écrasés sur ses épaules, et c'est un souffle de soulagement qui s'exhale de ses lèvres gelées, qu'elle ignorait retenir, pourtant — Atlas arrachée au poids de la voute, forgée dans la vérité offerte par l'époux, dans l'écho des souvenirs qui se perpétuaient sur la rétine, si vrais. Ne demeurait que le sentiment de le connaître un peu, Achil — et c'était déjà tant.
Les velléités belligérantes s'éteignent, brusquement, et c'est une vague de paix qui la noie — paix du cœur, paix de l'esprit, une première depuis si longtemps. Les termes, elle les accepte dans tout leur absolu ; parce qu'elle-même ne saurait plus se contenter de prétextes et de masques, ne saurait plus se satisfaire de tromperies et de mensonges. La dette de sang, dette de vie qu'elle ne saurait jamais véritablement oublier, qui ne s'effacerait jamais réellement — mais sa vie, ses jours étaient déjà propriété d'Achil ; non pas parce qu'un vulgaire contrat l'avait édicté, mais parce qu'il en était ainsi, depuis trop de mois, trop d'instants. Son existence n'était plus sienne seule depuis trop longtemps — les fils de leurs Parques, déjà trop entremêlés pour qu'elle puisse seulement se permettre de vouloir les dissocier, pour qu'elle puisse invoquer une dette qui s'était imprimée dans l'argent de ses veines, qu'elle repaierait un jour, si les démiurges le permettaient. Déjà trop éprouvée du poids de mille erreurs, déjà trop condamnée des vices qui l'avaient empreinte, l'âme n'étaient de celles pour lesquelles on se sacrifiait — de celles, qui, déjà privées de tout espoir de rédemption, ne méritaient le prix de la vie d'un autre, ne méritaient de voir le sang répandu pour une absolution qu'elles ne sauraient trouver.
Aberration. Le cœur trop tendre et trop naïf pour venir satisfaire l'inflexibilité du père, elle n'avait jamais été que déception, une proie si facile pour le Malin, jouet empreint de vices qu'il avait imprimés dans sa chair — si méprisable, quand elle s'était prétendue irréprochable, immaculée. La tromperie n'était finalement que gangrène véhiculée dans son sang, nécrose du cœur trop indigne de la considération d'Achil, commandeur des justes, gardien d'une droiture qu'elle n'avait jamais su trouver en elle-même. Des abysses d'humanité qu'elle expose aux yeux dont elle craint le jugement plus qu'elle n'a jamais redouté nulle sentence, souffle retenu dans sa poitrine, alors que la fraîcheur vient embraser l'épiderme dévoilé, que les lignes d'argent se dessinent en témoignages de sa déchéance, témoignage de sa perte. Et elle n'ose respirer, figée dans l'éternité de l'instant, muette dans l'acte de foi dans lequel elle s'est jeté sans merci — de l'acte, il n'y aurait nul retour possible. Comment seulement blâmer Achil, s'il répugnait ce qu'elle-même abhorrait au-delà des mots? Comment seulement lui reprocher de se laisser écœurer du spectacle de ses vices, lorsqu'elle même ne savait qu'éphémèrement se pardonner les crimes qu'en les imprimant sur sa peau à l'encre indélébile de son sang?
Alors elle ne sait que se taire, attendre en silence que s'abatte l'épée de Damoclès, ne peut qu'attendre qu'il prononce son Jugement Dernier, les iris fixés sur le mur, le dos brûlant de son regard à lui. Ne demeurent que les battements de son propre cœur, lente pulsation qui semble sonner le glas de sa perte. « Qu'est-c'que c'est ? » Les mots tranchent le silence, enfin ; et le palpitant se fige complètement dans sa poitrine gelée, comme en sursis. Déjà, elle attend la mise à mort, le coup fatal ; consumée de l'espoir vain, pourtant, qu'il pourrait accepter, lorsqu'elle était trop indigne de seulement espérer. Dans la surprise du contact léger, elle tressaille ; et l'épiderme s'embrase de frissons dans les lignes de glace que suivent les doigts de l'époux, une décharge électrique ténue qui vient courir dans la moindre de ses terminaisons nerveuses. Et la main sur son épaule enfin, comme une absolution, si gratuite qu'il lui semble étouffer de larmes retenues, brusquement ; presque par instinct, sa paume vient se poser sur celle qui étreint sa peau, un témoignage silencieux de gratitude pour laquelle nuls mots ne sauraient jamais suffire. 'Toutes mes erreurs, tous mes échecs.' Un silence, et elle se résigne enfin à incliner le profil, à le regarder. 'Nous ne sommes pas les plus tolérants, lorsqu'il s'agit d'erreurs.' Un sourire presque amusé pour atténuer la tragédie, sourire faible pour souligner l'évidence — ils n'étaient jamais qu'une divine comédie, une mascarade. Des Gavon qui se prétendaient bergers, n'étaient que les plus égarées des brebis. Prophète d'évangiles en lesquelles ils ne croyaient plus, modèles d'une perfection qu'ils n'incarnaient plus depuis trop longtemps — et d'irréprochables, ils n'avaient que le titre, inénarrables menteurs, dynastie déchirée, dans une diaspora qu'elle n'avait seulement jamais su voir. Ils n'étaient que pécheurs, lorsqu'ils s'étaient prétendus rédempteurs. « Il n'y a rien dans tout ce que tu aies dit qui me laisse croire que tu es une mauvaise personne, Keira. » L'absolution arrache tous mots à sa langue, la laisse muette, étouffée d'une émotion violente — et c'est embués de larmes brusques que ses iris viennent trouver l'encre de ceux de l'époux, témoignent tout ce qu'elle ne sait formuler. Déracinée, loin de tout foyer, de tout simulacre de famille, il lui semble soudainement avoir trouvé en l'homme une attache. Il s'éloigne, pourtant, s'arrache à son contact, laisse la peau brusquement gelée, dans une confession qui la fige — un présent, qu'il lui offre, un pan de lui, un pan d'inconnu. « Il y a des choses que j'ai faites pour arriver ici... qui seront toujours pires que tes erreurs. Des choses que j'ai faites en toute connaissance de cause. Des personnes à qui j'ai menti. Des inconnus dont je me suis débarrassé, d'une façon ou d'une autre... » C'est piéta qu'elle se constitue, allégorie d'une compassion qui la transperce de part en part, traits adoucis dans une gravité qui la tue, tant elle voudrait effacer le poids qui fait ployer l'homme. Et prompte, elle recouvre l'épiderme balafré, pour le poursuivre, tenter, ne serait-ce qu'un peu, d'offrir l'apaisement qu'il mérite tant. « Je sais que tu ne resterais pas. Si tu savais tout. Et sur l'échelle de l'âme, l'échelle des Dieux si tant est qu'ils existent- aucune balle que j'aurais pu prendre à ta place n'aurait fait amende honorable pour mes choix. » Les mots lui vrillent le cœur, une inquiétude qui la ronge pour lui, trop peinée de voir la pénitence qu'il s'infligeait. 'Achil...' Des doigts tendus vers lui, une main secourable — comme si enfin, elle pouvait se montrer digne du sens véritable qui imprégnait les arabesques de son nom. Une hésitation, un instant, par peur de le brusquer ; et l'instinct se fait souverain, un élan qui lui fait poser les doigts sur son bras, une arche d'alliance pour combler la distance. Et les doigts glissent sur la ligne du bras, se posent avec délicatesse sur les angles de la joue, pour doucement l'inciter à la regarder, en répétition des minutes qui avaient précédé — comme si, du revers de la main, c'étaient toutes les convenances, toute la retenue, qu'elle avait balayée. 'Écoute-moi, Achil. J'ai entendu et pardonné plus d'horreurs que tu ne pourrais jamais en commettre. Il n'est rien que tu aies fait qui puisse me faire fuir.' La ferveur vient empreindre la douceur des mots, une conviction forgée dans la vérité ; parce que déjà elle songe à son sang, perdue dans l'écho d'une auberge malfamée et du rictus satisfait de Rakan qui évoquait le parricide, emportée vers les tumultes d'Aureus et les tourments désespérés d'un Marcus qui avait commis l'irréparable en sacrifiant sa propre sœur pour les désirs d'un père qui ne mériterait jamais nul pardon. Alors elle clôt les paupières, la poitrine enserrée dans les souvenirs douloureux — les rouvre immédiatement pour contempler les traits de l'époux, dans l'assurance tranquille qu'il n'était rien qu'elle ne saurait pardonner. Elle n'avait fui alors, ne fuirait désormais. 'Nous sommes loin d'être aussi parfaits qu'on voudrait le faire croire. Les miens ont commis des atrocités. Mais toi, Achil... Tu es quelqu'un de bien, et rien ne changera ça.' Un silence, et elle le détaille encore, le détaille toujours plus, s'essaye à comprendre, à capturer des pans de lui qui lui échappent encore — des pans d'ombre qu'elle accepte, trop émerveillée, déjà, des ponts érigés là où il n'y avait que gouffres béants. Un souffle comme un présent, presque un murmure, dans une absolution qu'elle voudrait lui offrir en retour, une assurance que quoiqu'il affronte, il n'affronterait seul. 'Tu peux tout me dire. Si tu le veux. Je t'ai promis que je serai toujours là. Et il ne s'agit de serments, il ne s'agit de dette, Achil — il s'agit de le vouloir, et il s'agit de toi.'





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STATUT CIVIL : coeurs sacrifiés à l'autel, MARI d'une femme qui l'effacerait volontiers d'sa vie, si elle le pouvait. lui, nonchalant à l'âme meurtrie qui s'est résigné à cette misère.

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Re: EMBER IN THE ASHES — acheira.  |  Sam 26 Oct - 21:04
(I see that storm in your eyes)
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Salvation infiniment humaine, un désir qu'il ne s'était plus permis d'avoir depuis des années maintenant. Les mains entachées par des causes plus grandes que lui. Pour elles. Et au moins la promesse que les actes serviraient à quelque-chose- la grandeur des méritants, victoire d'une vision idéale, où le nom Valeska survivrait plus loin que lui. Ils avaient frôlé la noyade, tous, l'oubli comme un abysse s'ouvrant sous leurs pieds : les Argents, destinés à se mêler à la foule des autres ; Rouges, Mutants, ennemis d'une gloire qui se diluait avec les générations. Il y avait peut-être de l'arrogance dans leurs actions, l'hybris de dominer d'un droit presque Divin ceux qui marchaient sur l'asphalte grisâtre de ce monde- d'éternels puissants raccrochés à leur pouvoir, quand d'autres chutaient de si haut. Y avait-il qui que ce soit d'assez naïf pour croire qu'ils pourraient trouver une quelconque paix ? Aujourd'hui plus que jamais, il s'agissait presque de survie. Au plus cruel, au plus impartial, à celui qui écrirait de l'ichor des autres, quelques lignes d'une Histoire éternelle. Là le défilé d'inhumanité auquel il n'avait été que trop habitué, valse des âmes qui se manipulaient et se déchiraient- le Cercle, finalement, échiquier épuisant qui morcelait l'être. Et pour quelque réconfort, quelques oreilles attentives, confessions offertes par ces visages familiers, dignes de confiance : le repos trop rare, comme s'ils n'étaient que génération tremplin, celle sacrifiée pour des victoires dont ils ne récolteraient guère les lauriers. La couronne, trônant désormais sur la tête des Sielle, plus fragile qu'ils ne se l'avouaient tous : le morcellement d'Akkadia plus dangereux que jamais, fractures insidieuses qui déchiraient le monde. La réalité, qui rendait Karez plus lointaine qu'elle ne l'avait jamais été : tous les siens exilés de ces terres qui avaient été leur- le fier fief de la famille, l'héritage auquel ils ne s'étaient que trop raccrochés. Et pas assez, à la fois. Et l'enfance ensoleillée qu'il aurait eu la naïveté de vouloir offrir à ses progénitures, quelque vision naïve et candide d'un monde où ils en seraient Rois- des images diluées, vides de sens, aux couleurs meurtries par le réel assassin. A trop vouloir, ils n'avaient plus grand-chose. Et l'aplomb se perdait, les présomptions volant en éclats- c'était trop de choses qu'il remettait en questions ; brouillard suffoquant dans son crâne, de ces mots qu'il ne disait à haute voix. Trahisons potentielles, envers ceux à qui il avait trop juré ; envers les siens. Les causes secouées dans leurs fondations, plus faibles que jamais : et l'adversaire, moins net qu'autrefois.
Soldat dépité, le corps épuisé, substance lacérée, il aurait pu simplement chercher réconfort dans l'étreinte d'une présence familière. Il avait perdu la chaleur inconsciente d'Edel, le contact brûlant et inconsidéré de la brune- peut-être l'avait-il trop considérée acquise, elle aussi. Aussi inatteignable que Karez désormais, l'amante rien d'autre qu'une peine sourde à son cœur qui murmurait de moins en moins fort. Et dans ces mêmes chambres dans lesquelles il n'était que spectre, invité par la bonté d'un Souverain tout nouveau, il n'y avait que l'épouse. Keira, la lointaine figure spectrale qui n'avait jamais resplendi. Comme si le simple fait qu'il entre dans sa vie, ait suffi à éteindre quelque feu qui ait pu l'animer un jour ; Keira à l'étincelle froide, enfant de mânes, l'évadée constante à ses songes. Et il avait presque fini par se persuader qu'aucun mot, qu'aucun geste qu'ils échangeraient un jour ne pourrait transpercer le voile d'indifférence qui les unissait. La profondeur d'une rancœur qu'ils ne mettaient en mots- une haine insidieuse pour les devoirs qui les enchaînaient l'un à l'autre. Des électrons qui se fuyaient sans le faire physiquement, les mondanités plus fortes qu'eux : ils pourraient se brûler du moindre contact, un baiser glacé comme il n'en existait que dans les essences qui se mouraient. Ils ne pouvaient que lourdement retomber sur terre maintenant, défaits des péripéties qui avaient menacé de les déchirer : peut-être Keira aurait-elle préféré qu'il ne revienne jamais. La pensée était là, glénée dans sa tête- assurance offerte par le silence vaporeux qui avait hanté leurs gorges, la barrière de la bienséance qu'on ne servait qu'à ceux qu'on détestait. Et le silence de la Nymphe, finalement rien d'autre qu'un coup de poignard invisible dans ses chairs à lui- Prince au fardeau trop lourd, aux attentes qui le dispersaient de toute part. Et nulle part finalement. L'époux qui ne serait jamais à la hauteur de romances aux douces couleurs ; le fils qui avait perdu leurs terres et leur héritage. Le serviteur, aux pensées impies et déloyales- aux doutes, plus forts que tout.

Si ses péchés à lui devaient être inscrits sur sa peau, il en serait criblé- le coupable affiché aux yeux de tous. Traître et menteur, assassin et destructeur ; tout à la fois, parjure dont la seule parole avait été offerte à des êtres qui n'en auraient cure, peut-être. Le songe lui arracha un sourire, rien d'autre qu'une expression torve qu'il ne garda que pour lui, avant que la jeune femme ne trouve son regard dans la semi-lumière de leur scène trop honnête. Le courroux des Gavon, visiblement plus cruel que celui de ces Dieux qu'ils prétendaient tant adorer. Pour quels crimes, ces Idoles puniraient-elles Joseph Gavon s'il devait se retrouver à leurs pieds ? Lui, spectateur d'une humanité tout offerte entre ses mains par la jeune épouse, ne pouvait que voir l'évidence- le fait tout simple qu'il lui semblait impossible que Keira ait pu commettre tant de crimes impardonnables. Une pluie de morsures à son dos, les marques de punitions tyranniques- la main subversive d'un patriarche sanguinaire qui n'avait jamais eu assez de pitié en lui, pour regretter ses crimes. « Tout ça appartient au passé. » la seule absolution qu'il pouvait lui offrir, la miséricorde d'un jadis qu'elle laissait – peut-être – volontiers derrière elle. Les marques d'un bourreau qui ne poserait plus quelque jugement sur elle : une autre promesse qu'il pourrait lui faire. De ces vœux du cœur, plus vrais que ceux qu'on leur avait fait répéter dans une litanie superficielle. Protection, il le lui avait juré sans que personne ne le force à quoique ce soit. Il savait, pourtant, qu'il y en avait, des dessins de sang, des estafilades trop récentes- l'empreinte persistante que ces supplices étaient ceux de l'épouse, l'anneau d'or, guère une libération de ces châtiments-là. Vaine tentative, probablement, d'être bandage à ces plaies- l'être offrant un Pardon qu'elle ne cherchait sans doute pas auprès de lui. Comment en aurait-il le droit ? Tout ce qu'il savait, c'était qu'il n'accepterait pas qu'elle s'inflige de tels martyrs pour lui, à cause de lui, ou alors qu'il était censé être l'époux à son bras. Dans un monde comme le leur, qui serait-il pour la juger ? Quelles indignités avait-elle pu commettre pour en arriver là ? Des erreurs dont elle ne voulait sûrement pas retracer les origines : filaments de confessions usées qui ne lui appartenaient pas. Achil, rien d'autre que le présent imposé à elle, l'homme qui ne pourrait effacer les cicatrices- celui qui avait commis trop de méfaits, trop de péchés qui lui étaient propres, pour prétendre à quoique ce soit. Rien d'autre que le stupre de l'orgueil aveugle, piétinant les âmes sur son passage.
Et elle, elle avait le contact trop doux, la main soyeuse comme un satin intouché – marque tiède d'une humanité qui survivait envers et contre tout. Rien d'autre que le témoignage des injustices dont elle n'avait été que trop longtemps victime. Il aurait pu s'y perdre, Achil, dans le toucher bienveillant qu'elle eut à son égard ; les doigts sur sa joue, la soie d'une voix qu'il n'avait que trop peu entendue. La clémence de mots qu'elle voulait honnêtes, aussi ingénus étaient-ils. « Je pense que nous savons tous les deux que c'est l'indulgence qui te fait parler trop vite... » le songe qui ne demandait ni tolérance excessive, ni patience- rien d'autre que le témoignage cordial de son cœur qui répondait à la grâce de la brune. Bienfaitrice qui voulait y croire, plus qu'il ne le ferait jamais. Tous les deux, encore trop inconnus l'un à l'autre, pour qu'elle sache vraiment. A qui elle offrait ses soins, à qui elle se confessait comme une criminelle à l'âme de miel. A qui elle commençait déjà à vouer trop de vérités, trop d'attentions et une amnistie venue de nulle part. « Les choix que tu as faits n'ont pas dû être faciles. Je suis reconnaissant de la confiance que tu as placée en moi en venant ici... J'aurais aimé que nous soyons à Karez. Que je puisse vraiment te promettre que tu seras en sécurité. Et que ça en valait la peine. » les errements trop tenaces, infiltrés par les craquelures de ce qui avait été jadis et s'était si vite envolé. Et la confiance, réduite aux Valeska seuls ; au sang, la valeur éternelle qui les liait tous. Il serait facile ainsi, d'ignorer qu'Yzabel elle-même avait planté un coup de couteau dans leur cordon si sacré. « Othinara aurait été plus généreuse qu'Aureus. Ou Drinvi. Je suppose qu'il est de plus en plus difficile de voir ce qui peut faire de cette alliance quelque-chose de bénéfique à ta vie. » la politesse de toujours, de retour- à demi-mots, entrecoupées de réalités honnêtes qu'il n'avait confié à personne d'autre. Le joug de l'incertitude qui était là signe de confiance plus profond que tout : peut-être suffirait-il que quelque mot de ces confessions arrivent aux oreilles des Sielle pour que l'appréhension se transforme en trahison- la droiture, pourtant, depuis si longtemps l'unique valeur expiant son être.
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Re: EMBER IN THE ASHES — acheira.  |  Mar 29 Oct - 16:02
ember in the ashes ★ achil & keira
    Nostalgie des heures dorées et de l'insouciance, nostalgie d'instants depuis si longtemps évaporés, une douceur de l'existence qui n'avait jamais été que mirage, qu'elle regrettait tant, pourtant ; aux fables d'une paix et d'un équilibre factices, elle s'était laissée prendre, naïve au cœur un peu trop grand, un peu trop large. Là n'avait été que folie — et c'était en des contes de fées qu'elle avait tant cru, refusé de considérer une réalité qui n'avait jamais su lui convenir réellement. Son erreur, sa faute ; et de sa méprise, elle était seule à blâmer, trop longtemps restée aveugle à ce qui n'avait pourtant jamais cessé d'être. Peut-être était-ce là l'apogée de sa folie ; mais c'était là tort qui ne revenait à quiconque, sinon elle. Elle regrette l'ignorance, pourtant, désire obscurément les brumes d'un oubli qui saurait tout effacer — éradiquer les secrets et les absences, les crimes et les distances. Mais oublier ne serait jamais que fuite en avant ; et elle était si lasse de fuir encore, fuir toujours. L'univers avait implosé, fragmenté des désirs de puissants qui régnaient sur un échiquier où elle n'avait jamais eu ne serait-ce que droit de cité ; des choix qui n'étaient pas siens, des conséquences dont elle portait le fardeau, pourtant, chape de plomb qui meurtrissait ses épaules. Engeance silencieuse dans le tumulte, voix de paix dans la tourmente, elle était de ceux qui ne s'étaient jamais impliqués, spectatrice silencieuse d'un monde qui déliait les pages de son histoire sous ses yeux, dans une résistance passive qu'elle ne s'était lassée de cultiver, un refus tranquille de préceptes en lesquels elle n'avait jamais cru. Les affaires des hommes n'étaient pas de leur ressort, n'étaient pas leur destinée ; c'était des affaires des dieux dont ils étaient voix, vaisseaux de paroles célestes qui n'avaient finalement que si peu de sens. Ils n'étaient que Gavon vapides, Gavon divisés, Gavon traîtres ; une diaspora qui avait révélé à quel point le nom et le sang n'étaient que fugaces illusions, un vide de sens et de direction — ils n'avaient jamais été que des façades, cruelle tragédie qui l'avait trompée, comme elle avait trompé tous les autres. Privée d'héritage, privée d'identité, privée de sens ; ironie amère, le nom de Valeska était tout ce qui lui restait — aléa du monde, c'était Achil qui l'empêchait de dériver, dans un univers qu'elle n'appréhendait qu'à peine, phare pour guider sa navigation erratique, filin de sécurité dont elle réalisait désormais avoir tant besoin. Des époux maudits, séparés parce qu'elle avait longtemps cru ne pouvoir combler — ce qu'elle avait eu si peur de combler — condamnés par une sentence de vie dont ils ne seraient jamais graciés. L'homme n'était jamais que figure brumeuse, engeance de secrets et de réserve, un brin réel, pourtant, seul destinataire d'un sourd attachement qu'elle n'avait pu que lui réserver, étouffé dans des convenances qui n'étaient que havre de sécurité.
Du silence et de l'étiquette, elle ne savait plus se contenter ; nul père à satisfaire, nulles attentes à décevoir, encore et encore — Gavon, elle n'était plus réellement, le nom arraché dans les vœux de mariage, abandonné sans remords face au désert qu'il signifiait. Il n'était plus de lisse perfection à offrir à quiconque, plus d'irréprochabilité immaculée à feindre — cet héritage n'était plus le sien, et il n'y avait plus de sens à seulement prétendre. Plus d'intérêt à seulement nier des fautes gravées dans l'ivoire de la chair — mille hontes, mille regrets, qu'elle offrait toutes à l'époux, déposées en sacrifice à ses pieds. C'était tout ce qu'elle était, qu'elle lui dédiait, parts de lumière comme parts d'ombre, pourvu que s'abolissent les distances, pourvu qu'ils puissent avoir droit à une seconde chance. Un second départ — comme s'ils pouvaient seulement feindre que tout espoir, pour eux, n'avait pas été condamné dès le premier instant, dès la poignée de mains qui avait scellé leurs existences. Elle ne pouvait s'empêcher d'espérer, pourtant, trop animée de la flamme d'une foi qui n'avait jamais cessé d'étreindre sa chair balafrée. « Tout ça appartient au passé. »  Les mots résonnent dans le silence, résonnent dans la moindre de ses cellules ; un pardon offert à demi-mot, grâce divine offerte de la bouche de celui qui n'était qu'homme. Et peut-être avait-il raison, Achil ; peut-être n'était-ce qu'un passé consumé dans des flammes rédemptrices, une porte fermée vers ce qui ne serait plus jamais. Un chemin d'absolution sur lequel s'engager, pour elle, plutôt que pour quiconque — chemin de croix vers un pardon qu'elle ne savait s'accorder, qu'elle tentait désespérément de troquer contre la souffrance de la chair.
Mais peut-être n'était-ce là sa voie, n'était-ce là sa destination ; dans un univers qui n'offrait plus ni carte ni repère, Achil était seul point cardinal, témoignage d'une existence à laquelle elle s'était lentement habituée, d'un réel qui faisait tant de sens. Réceptacle de sa foi, gardien de ses jours — c'était tout, qu'elle lui avait offert, depuis si longtemps, confiance aveugle et infinie envers celui qui l'avait tant préservée, pour le nom duquel elle avait refusé de suivre le sillage du sang, parjuré une loyauté filiale qui n'était plus rien. Il n'était qu'un serment qui fasse encore sens, prononcé devant lui plutôt que devant les démiurges ; et c'est son absolution qu'elle lui offrait sans retenue, dans le clair-obscur d'appartements qui n'avaient rien d'un foyer. Loin d'Aldion, loin d'Aureus, si foyer il avait y avoir, il en était le symbole, l'époux dissimulé dans les ombres. « Je pense que nous savons tous les deux que c'est l'indulgence qui te fait parler trop vite... » Les mots sont balayés d'un mouvement du menton négatif, alors que le spectre d'un sourire presque amusé vient caresser le coin des lèvres, qu'elle s'accroche à ses yeux, l'éclat de la compassion dans les iris. 'Et je pense que tu te trompes. Mon cousin a l'intention de tuer son propre père.' C'est une grimace qui vient déformer les traits, moue embarrassée au souvenir de la soirée, des relents de bière frelatée dans l'auberge malfamée, des ombres dansantes sur les traits de Rakan. Là où il avait été torrent de flammes infernales, là où la pensée de Will avait longtemps été incendie dévastateur, Achil était rivière de lave qui changeait les fondations mêmes du monde — une chaleur qui se diffusait dans ses doigts, là où sa peau rencontrait la joue rêche. 'Doute de moi autant que tu le souhaites, Achil. Mais ne doute pas de ça. Tu es quelqu'un de bien. Rien ne changera ça.' Gavon elle était née, d'un héritage dont elle ne voulait plus, qui s'accrochait à son âme, pourtant — essence salvatrice, lorsque tant s'acharnaient à détruire, trop incapable de s'empêcher de réparer ce qui était brisé. Trop incapable de s'empêcher de désirer effacer ce qui rongeait l'époux. « Les choix que tu as faits n'ont pas dû être faciles. Je suis reconnaissant de la confiance que tu as placée en moi en venant ici... J'aurais aimé que nous soyons à Karez. Que je puisse vraiment te promettre que tu seras en sécurité. Et que ça en valait la peine. Othinara aurait été plus généreuse qu'Aureus. Ou Drinvi. Je suppose qu'il est de plus en plus difficile de voir ce qui peut faire de cette alliance quelque-chose de bénéfique à ta vie. » L'écho de doutes, qui teintent sa voix, imprègnent les mots ; et c'est un regard inquiet qu'elle pose sur l'époux, tente de déceler les non-dits dans l'encre de ses yeux. Pour sa propre sécurité, elle ne craint pas, trop en paix avec l'idée de venir déposer son sort entre les doigts impassibles des démiurges ; que les jours d'Achil soient menacés, et c'est une angoisse sourde qui déferle brusquement dans ses veines, une nervosité qu'elle tente d'étouffer, en cultivant l'idée que ce n'était là que fausse impression. 'Je t'ai toi, et c'est déjà beaucoup. Tu as déjà été plus que bénéfique à ma vie, Achil.' Une assurance tranquille, dans les mots, une acceptation de ce qui aurait pu advenir, s'il n'avait été là, dans la foule d'Aureus. 'Et ça fait des mois que je te fais confiance, plus qu'à beaucoup. J'ai foi en toi. Depuis que tu t'es invité à Aldion en pleine nuit pour semer le chaos dans ma vie.' Les mots font frémir le coin de ses lèvres d'une ombre de sourire amusé, allument un éclat malicieux dans les yeux, contre la gravité des toutes leurs circonstances. 'J'aimerais que tu puisses me faire confiance aussi. J'aimerais le mériter.' Mériter sa foi, mériter ses sacrifices, mériter le nom dont il lui avait fait cadeau — l'existence qu'il lui avait offerte, un carrefour qu'il avait placé sur son chemin, pour lui laisser le choix d'une autre voie. Mériter d'être Valeska, plutôt que Gavon, mériter de partager le fil de ses jours. 'Et je ne serai jamais vraiment en sécurité, pas plus que toi, tu le sais. Et je ne suis pas... complètement sans défense.' Les mots sont hésitants, un aveu qu'elle se refuse à faire, un vestige de vingt années de rigide éducation traditionaliste ; et elle baisse les yeux vers ses doigts assassins, héritage sanglant d'impitoyables Gavon, ne sait retenir un haut le cœur au souvenir des corps effondrés autour d'elle, pantins sans fils. 'Noah -- Noah m'a entraînée. A me battre. Un peu.' La honte déferle, vague violente, et elle fuit ses yeux, laisse retomber ses doigts, rompt le contact, l'épiderme brusquement gelé. 'Prends garde à toi, Achil. Fais attention, avec Noah. Il a trop perdu.' Les mots lui échappent, une trahison suprême pour l'homme dont le front se couronnerait d'or, pour un royaume qu'il avait dérobé, trahison du sang — comme si, Gavon, c'était tout ce dont elle était capable ; pourtant, la traîtrise, elle la laisse s'envoler, crime de lèse-majesté qu'elle offre sans regrets à l'homme en qui elle avait tant foi, un écho des doutes qu'elle avait cru percevoir. La peur qu'Achil, cavalier au service du roi sur l'échiquier qui s'était dessiné ne se révèle que pion, sacrifiable au gré de la partie et des enjeux. Une victime collatérale de plus, une ligne supplémentaire sur une liste déjà trop longue, le tribut d'une guerre qui n'avait pas signé sa fin, elle le craignait. D'ambitions qui la dépassaient depuis trop longtemps, elle ne pouvait le protéger, ne pouvait soigner des plaies qu'elle n'entrevoyait qu'à peine, dans la brume de ses secrets ; pouvait cependant faire serment qu'importe ce qui pouvait advenir, c'était à ses côtés qu'elle se tiendrait, que jamais plus il ne serait seul.





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you are, i think, an evening star, of all the stars, the fairest —  if there is light, it will find you. (beloved).

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Re: EMBER IN THE ASHES — acheira.  |  Mar 5 Nov - 21:26
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Clapier cloisonné, Rezbia était devenu désert aride- l'oasis, maigre réconfort trop rare là où les gorges s'asséchaient. Réalité de trop de mots retenus, vérités graves comme du papier de verre coincé dans la trachée ; Achil, l'apprenti devenu maître dans le talent de la fine manipulation qui jouait sur les lèvres de ceux qu'il n'avait que trop côtoyé. Se jouer des autres pour mieux se nourrir d'eux était devenu art de vivre, l'instinct de survie distillé en un diamant d'exception : depuis dix ans maintenant, il marchait, spectre d'ennemi au sein de la capitale, à se cramponner à des ambitions toujours plus grandes et plus secrètes. L'adversaire juste sous le nez de ceux qu'il avait participé à faire tomber, pas plus tard que deux jours plus tôt à peine- les attentats, images précipitées encore fraîches à la mémoire. Et pour certains ici, tout en avait valu la peine. Valdierva était leur- Noah sorti de l'ombre, triomphant, prêt à se coiffer d'une couronne qui ne l'avait que trop attendu. Les sacrifices avaient eu leur pesant de bonnes nouvelles ; d'autres pourraient y croire. Chez le Valeska, c'était le paysage délavé d'une Karez lointaine qui obnubilait ses songes, noyait ses paupières et son esprit tout entier- et rien d'autre qu'un serment semi-secret comme garantie d'un avenir meilleur. Les mots desquels il n'pouvait s'empêcher de douter, le soldat, trop habitué aux trahisons- étranger des jeux politiques qu'il avait si âprement jugés, parfois. Les mots à l'arôme âcre qu'il avait retenus, confiance offerte en tâtonnant ; la loyauté ancestrale à des noms qui avaient toujours fait sens. La légitimité des Sielle- droit royal de Noah de conquérir une Akkadia à la gloire diluée. Et les siens, mains fortes- poignes rigides comme la platine, les méritants qui avaient ardemment gagné leur place dans l'Olympe des mortels. Ce qu'il avait cru, trop longtemps- une naïveté mal placée, dans une âme comme la sienne ; déjà, les calculs que commettaient ses pensées laissaient planer l'ombre du doute. La main noire d'une destinée qui leur trancherait la gorge, le faciès d'un frère de sang comme bourreau. Dans l'espace restreint de Valdierva plus que jamais, dans la fièvre folle qui avait suivi les derniers événements, peut-être confondait-il folie avec clairvoyance. Rien d'autre que la fissure de l'ambitieux qui gravissait enfin les marches d'un demain qui lui revenait de droit. Leur sort offert sans demi-mesure au Cercle, aux paroles sirupeuses d'un seul homme- trop humain pour qu'ils n'en doutent pas. Noah, rien d'autre que le résultat de l'orgueil des siens- héritier de générations qui avaient écrit leur histoire d'une encre inaltérable. Et l'ivresse du pouvoir comme compas, les souffles d'arrogance des Maîtres du monde- les chairs, toujours déchirées par ce qui pourrait être plus. L'autre-part qui pourrait leur appartenir. Et déjà sur l'échiquier du hasard, le brun se sentait exposé- chairs à vif, une cible dans le dos du traître qui s'était caché trop longtemps parmi les fidèles. Il ne restait heureusement, du gouvernement rien d'autre que des miettes de gloire, fragments d'un jadis auxquels rares étaient ceux qui s'accrochaient. Une frêle menace, peut-être assez pourtant, pour qu'on exige le prix du sang pour payer ses crimes.
Et déjà, trop de questions- à savoir si c'en avait valu la peine. Fragilité parasite dans le marbre de ses convictions, une morsure dans les chairs du fils déterminé ; les Valeska en danger d'une destinée qui s'éloignait pour quelques fractions de seconde. Et pour répondre au chaos des affres dans son crâne, tumulte de questions perdues dans le clair-obscur de ces prunelles qui fuyaient tout contact, il n'y avait que Keira. La présence nouvelle et tenace dans la thébaïde de solitude qu'il s'était construit pendant tant d'années- l'échappée, presque impossible aujourd'hui. L'isolement, comme un paradis froid qui se perdait à lui tout autant. Et le poids d'un engagement de fer autour de son doigt, plus lourd à certains moments qu'à d'autres ; la fuite de cette évidence avait été plus facile à Aureus, lorsqu'il avait croulé sous les mensonges, les obligations, ces desseins qui s'étaient fait guerre partout autour de lui. Il n'y avait plus que le Cercle aujourd'hui, l'ampleur de ce devoir voué à eux et eux uniquement - et les accusations à peine tues de l'épouse encore toute nouvelle à son univers. Elle était jugement encore jeune- l'inattendue étoile brisant sa retraite, Keira habillée de sa naïveté aussi pitoyable qu'attendrissante. Keira et des mots trop doux pour une réalité comme la leur. Il en soupira encore, profanateur sans mot de promesses qu'elle faisait si ouvertement, les lèvres d'un or rose et chaud qui vouait foi à n'importe qui : à croire qu'elle avait besoin de s'y raccrocher coûte que coûte. A ce qu'il en vaille la peine- que ces renonciations aient un sens. « Peut-être que c'est ce que son père mérite. » la défiance presque déplacée, Achil arquant le sourcil du juge qui coulait dans ses veines : chez les siens, on suivait une voie toute tracée- de celle qui menait sur les bancs de la justice. La plupart du temps. Il était filament d'exception, un Golem de Pierre qui s'était pourtant déjà joué juge, juré et exécuteur. Dans la cage aux lions, les meurtres faisaient sens- c'était à celui qui survivrait le plus longtemps, quitte à marcher dans le sang des autres. Il n'serait pourtant jamais coupable du crime de lèse-majesté, auteur de la mort des siens- l'assassin de son propre père. Trop loyal, trop fidèle ; leurs, aux Valeska, corps et âme. « Je ne doute pas de toi, Keira. Mais je pense que tu restes... humaine. Et que ce que tu penses savoir à mon sujet ressemble plus à de la foi qu'à un vrai jugement de conscience. » rien d'autre que le cruel couperet d'une réalité impitoyable : ils n'étaient pas de ces âmes-sœurs qui pouvaient garantir se connaître sans quelque doute. N'était-ce pas naïf de sa part, de penser ainsi, quelques heures à peine après avoir appris tout un pan de vérité à son sujet ? De ces confessions qu'il ne lui avait jamais faites de vive-voix, et ces non-dits pour lesquels il n'avait pas l'intention de s'excuser. Car pendant trop longtemps et aujourd'hui encore, Keira n'était qu'étrangère, épouse par le résultat d'un calcul d'ambitions des leurs- l'alliance à son doigt, une chaîne de responsabilités qui l'avaient précipitée dans une abysse, infiniment loin des siens, et de tout ce qu'elle avait toujours connu. « Je sais que tu es sincère dans tes volontés... Tu devrais faire attention. Avec moi ou avec n'importe qui d'autre, il se pourrait que cette honnêteté soit mal placée. » maigre réconfort dans la cruauté d'un univers qu'il n'avait découvert que bien trop jeune, Achil lui offrit un sourire, fin rictus roulant au coin de sa bouche avant de disparaître, comme s'il n'avait jamais existé. Si elle devait être optimiste à outrance, peut-être lui jouait-il le rôle du pessimiste, âme noire comme l'ébène de ses cheveux, l'ombre du regard qu'il essaya de baigner de chaleur pour aider, anesthésier la douleur des faits à leurs pieds.

Il était l'enfant d'un réel où les alliés étaient rares, la foi, denrée infime qu'on ne confiait pas à n'importe qui. Peut-être pouvait-il en livrer une fraction à elle, aux mots qu'elle lui livrait à haute voix, aux chairs esquintées qu'elle offrait à sa vue. Les confessions d'une réfugiée, apatride comme lui : peut-être n'avaient-ils plus que l'un et l'autre, d'une certaine manière. « Merci. D'avoir décidé de me suivre... » d'une certaine façon- les choix limités pour elle ; il avait pesé dans la balance, d'après ses mots. Rester à Aureus aurait signé son arrêt de mort. Au mois n'avait-elle pas préféré cela à quelque avenir en sa compagnie. Au moins n'avait-elle pas fui à toutes jambes dès qu'il avait eu le dos tourné- l'épouse maudite par une obligation lourde comme le plomb sur ses épaules. Peut-être avaient-ils quelque peu allégé leurs tourments encore si récents. Pénitence sans mot qu'il offrit en venant serrer les doigts fins de la brune juste entre les siens- l'intimité d'un contact auquel ils avaient fini par s'habituer, à force. A ça au moins, quand ils n'avaient été que trop perdus pendant trop longtemps. Le reste ne saurait être écrit par aucun déisme, aucune responsabilité, aucun devoir froidement rattaché à leur contrat de mariage ou aux alliances qu'ils s'étaient passés l'un à l'autre, comme s'ils auraient pu s'y brûler. Et contre toute attente, il y en avait toujours plus qu'il découvrait sur elle- l'énième confession lui faisant hausser les sourcils, la surprise à peine retenue de mots que ni elle ni Noah ne lui avaient jamais confié. Rien d'autre qu'un secret faiblard et insignifiant- minuscule onde ricochant sur l'eau calme de ses doutes, encore et encore ; grandissant au-delà de son contrôle. L'honnêteté du Sielle, trop remise en question en ce moment. « Noah ? Vraiment ? » une vague de suffisance pour teinter sa verve d'une impertinence qu'il n'avait jamais eue pour son Roi- un éclat moqueur roulant dans sa gorge avant qu'il ne lève les yeux au ciel, distraitement. « Je suppose qu'il peut enseigner certaines choses utiles. Pour un politicien. » et pourtant là était le nœud du problème : le nouveau Seigneur couronné, cantonné à sa place de sénateur depuis bien longtemps. Noah était un tigre patient et malin, de ceux qui se salissaient bien rarement les mains. « Je pense que si les récents événements à Aureus ont pu prouver quelque-chose, c'est que tu n'es pas sans défense, non... mais ça n'a pas vraiment d'importance. » le sérieux revenu noyer le provocateur, Achil sondant d'un regard honnête les prunelles claires de son épouse- « Mon père, ma mère, ma sœur... ils auraient pu sortir d'Aureus sans que j'ai besoin de m'en mêler. Tu aurais été sauve avec eux... et je sais que quoiqu'il advienne, ils auraient trouvé un moyen de rejoindre Valdierva. Mais je n'aurais jamais quitté la capitale sans m'assurer que vous seriez tous en sécurité. » loyauté au cœur, et le sang comme valeur maîtresse- le gouvernail qui le faisait aller droit. Toujours dans la bonne direction. « Tu fais partie de ma famille, maintenant... s'il y a une chose que tu dois retenir sur être une Valeska c'est ça. » et ils n'avaient déjà que trop perdu- un murmure qu'ils se passaient tous. Drinvi, rien d'autre que le symbole d'un maigre réconfort- la ville danger à la bordure du conflit. Le symbole de tout ce qu'il restait à faire.
« Je sais qu'il serait trop tard pour tout expliquer... qu'il y a même des choses que je ne pourrais t'expliquer. Noah est le Roi que j'ai choisi de suivre. Et je le connais. » les mots qu'on aurait pu croire secs, susurrés avec le gentil arôme d'une confiance qu'il lui offrait là. Un regard, une prise sur le bras de la jeune femme, qu'il vint enserrer doucement comme pour la remercier de sa sollicitude. Keira et ces inquiétudes qu'elle lui livrait- des confessions traîtres qu'il ne répéterait pas- mots qu'elle n'pouvait prononcer n'importe où, dans ce château ou dans ce qui était devenu Royaume aujourd'hui. Nier les failles du Sielle serait être stupide- aveuglé par une fidélité trop vieille ; beaucoup trop mentaient ici, il le savait. « Tout ce que nous pouvons faire maintenant, c'est tirer le meilleur de cette situation. Y trouver un quelconque réconfort, malgré les changements. » au moins ils étaient tous les deux- oreilles réceptives, puits de confiance- quelque-chose qui s'en rapprochait. Une ligne de survie dans un océan noir, résultat des promesses bien nombreuses qu'ils s'étaient faites. A l'autel ou juste entre eux, la fameuse foi qui écrivait leur sort ; caprices du cœur qui n'cherchait qu'à appartenir d'une façon ou d'une autre. « J'espère que tu pourras trouver ça. Peu importent les conditions. » l'inassurance encore- l'évidence des non-choix qu'ils avaient eus, quel que soit le chemin parcouru depuis. Ils étaient loin d'Aureus. Loin d'Aldion aussi, d'une certaine manière. Les temps naïfs où ils auraient pu encore avoir le luxe de prétendre- les chances à l'indécision, trop rares. Ils jouaient déjà sur un tout autre échiquier ; ensemble, par fortune, par dépit. Par choix. C'était déjà ça, au moins.

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cette réponse est pourrie, good luck


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Re: EMBER IN THE ASHES — acheira.  |  Jeu 7 Nov - 17:50
ember in the ashes ★ achil & keira
    Les infinis n'étaient que des parenthèses éphémères ; là où elle avait cru voir se dérouler les éternités, des liens immuables forgés dans le temps et les souvenirs, ne se trouvaient que des champs de ruines, des royaumes de poussière et de cendres — tout ce qui avait un jour été, tout ce qui ne serait jamais plus. Rien n'était jamais éternel, et c'était là âpre enseignement ; là où les demiurges auraient dû être seuls écrivains d'une histoire et de changements qu'ils instillaient au gré de leurs volontés, les hommes se faisaient dieux et renversaient tous les échiquiers, balayaient tous les absolus. Ils n'auraient jamais dû décider ; le pouvoir était engeance des cieux, et non de l'humanité, et il n'avait jamais été de leur mesure que de bâtir l'éternité. De ce qui avait été, il ne restait plus rien ; des souvenirs, ternis dans le spectre des secrets, l'existence balayée par un vent de changement trop capricieux qui avait tout emporté — ne demeurait désormais que la nostalgie étouffante, saudade qui fleurissait en son sein. Déracinée, sans attaches ; combien étaient-ils, rescapés du naufrage de leurs existences, arrachés à tout ce qu'ils avaient un jour connu, à tout ce qui comptait ? Aldion hors de portée, Aldion hors de vue ; le foyer était si proche, un déploiement de kilomètres qu'elle ne franchirait plus — et des distances du cœur que nul pont ne saurait jamais combler. Rien ne viendrait jamais réparer ce que la diaspora des siens avait brisé ; et peut-être n'étaient-ils qu'unité fracassée depuis trop longtemps, un mirage, Gavon qui n'étaient plus rien. Ne demeuraient que des fragments de loyauté, des fragments d'angoisse ; une terreur sourde pour ceux qui étaient restés, prisonniers de la cité qui les avait vus naître, trop inaccessibles — et il ne se lasse de saigner plus encore, le cœur éteint, au souvenir de la désolation d'un Marcus qu'elle avait failli, encore ; parce qu'elle avait promis, parce qu'elle était partie, pourtant. Le pouvoir avait tout pris ; l'âme de Marcus comme la sienne, l'âme des siens, le peu de foi qu'il lui restait encore. De l'égarement, elle ne blâmait nul homme ; c'était l'avidité de l'humanité qu'elle condamnait, une soif de plus qui avait tout emporté.
Et dans l’œil de la tempête, au milieu du chaos, il y avait Achil ; un repère qui n'aurait dû l'être, une silhouette familière — parce qu'ils n'étaient rien, parce qu'il ne lui devait ni honnêteté ni confiance, et que c'était peut-être là l'un des plus grands témoignages de sincérité qu'elle puisse recevoir. Il n'avait pu trahir ce qui n'était rien ; et dans les ruines de son existence, dans les carrefours et les choix, il était tout ce qu'il lui restait — le sang sacrifié pour le nom, pour lui. Un inconnu, muré dans sa distance, forgé de réserve ; un étranger, qui avait un temps offert son existence contre la sienne, dans le chaos d'une Aureus furieuse, s'était constitué bouclier, en écho à mille promesses, mille serments naïfs qu'ils n'avaient cessé de s'offrir, comme si, mortels, ils pouvaient délier les volontés des cieux. Elle voulait croire, pourtant ; parce qu'il était figure solide, silencieux gardien de ses jours, protecteur qui s'était choisi. Dans la dérive du monde, il était vestige de droiture et d'honneur, un rescapé de valeurs qui semblaient mourir dans le venin d'ambitions qui dévoraient tout le reste ; Achil, trop entier, incorruptible dans ses valeurs et ses loyautés — si loin de tout ce qui avait pétri les siens, de ce qui avait forgé leur sang et leur nom. Il était époux, par destinée, et non par choix ; une route qu'elle avait choisi de suivre, pourtant — réceptacle de ses vestiges de foi, de son respect muet, aussi ; comme un ultime témoignage de droiture et de véracité dans les cendres de sa vie. Il avait tout offert, et elle avait tout pris ; sacrifié sa liberté au fardeau d'une alliance dont il aurait pu si aisément se démettre — parce qu'était-elle encore, Gavon perdue, fruit des traîtres et des trompeurs, que pouvait-elle offrir, si ce n'était des promesses vides? Ils n'étaient tous que gangrène sur le monde, lorsqu'ils s'étaient prétendus irréprochables ; pétris de crimes et de péchés dont ils s'étaient couronnés. Ils se voulaient parricides, se voulaient assassins ; n'étaient que vassaux de vices qui déferlaient dans l'argent terni de leurs veines. « Peut-être que c'est ce que son père mérite. » La provocation aurait dû être offense ; comment s'insurger, pourtant, lorsque les blâmes dont elle noyait les siens dépassaient en mesure tout ce que l'époux pourrait jamais éprouver? C'est un élan de rage, un élan de haine, qui déferle dans les veines pâles ; parce qu'il n'était rien que Gabriel n'avait sacrifié, sur son ascension cruelle, qu'ils n'avaient tous été que des pions entre les doigts avides de leurs pères. 'Peut-être. Mais ce n'est pas à nous d'en juger.' La simplicité empreint les mots, dans un haussement d'épaules, dans un pâle sourire ; parce que ce n'était là qu'évidence, un vestige de valeurs en lesquelles elle avait tellement cru, qu'elle désirait siennes, si elles ne pouvaient être celles de son sang. Ils n'étaient que spectateurs, n'étaient que passagers ; ni juges, ni parties, ni bourreaux. Ils n'étaient jamais qu'hommes, trop mortels, trop faillibles ; il ne leur revenait de condamner leurs pairs, de se proclamer dieux et de se faire justice. Gabriel paierait, comme ils paieraient tous ; comme elle paierait aussi, rembourserait le prix du sang et des vies dans la damnation d'une âme qui était déjà condamnée depuis trop longtemps. Un crime d'humanité. « Je ne doute pas de toi, Keira. Mais je pense que tu restes... humaine. Et que ce que tu penses savoir à mon sujet ressemble plus à de la foi qu'à un vrai jugement de conscience. » L'instinct ne savait mentir ; si de certains, elle avait douté, si de certains, elle doutait, pour lui, elle n'était qu'assurance tranquille — la conviction sourde d'avoir raison ; parce qu'il était homme juste, Achil au cœur trop noble, dans un monde qui ne l'était plus. Parce qu'humain, il le demeurait également ; et qu'importaient peu les sacrifices et les renoncements. C'est d'un sourire plus franc qu'elle se fend, l'enfant, un brin de malice dans les traits et les courbes. 'Très bien. Je te prouverai que tu as tort.' Foi aveugle, foi naïve ; dans ses illusions brisées, elle n'avait plus que ça — le besoin irrationnel de croire en lui, de trouver un chemin. Et peut-être était-ce là erreur, une faute qu'elle ne se lassait de répéter, un crime de foi dont ils jouaient tous, une arme entre les doigts de ceux qui n'avaient de scrupules à s'en servir ; pourtant, parce que c'était Achil, qui n'était jamais qu'étranger dont elle ne connaissait rien, parce que c'était lui, elle ne pouvait que s'égarer à croire, encore, croire toujours. « Je sais que tu es sincère dans tes volontés... Tu devrais faire attention. Avec moi ou avec n'importe qui d'autre, il se pourrait que cette honnêteté soit mal placée. » L'avertissement n'était que trop juste, écho douloureux des mille trahisons essuyées, rappel vivant de ses erreurs et de sa futilité ; elle ne peut qu'accepter le conseil d'un hochement du menton, pourtant, offre un pâle sourire à l'époux, trop consciente qu'il essayait. Peut-être était-ce là la clé ; essayer, simplement. Ils n'étaient rien d'acquis, rien d'inné ; n'étaient que de ces chances sacrifiées dans l’œuf, le désastre de ce qui avait été tué dans leurs mains, des contrats qu'on avait enchaînés dans l'or à leurs annulaires — des décisions qui n'avaient jamais été leurs, des vœux qu'on leur avait arrachés ; et pourtant, ils n'étaient que choix et promesses qu'ils ne devaient à personne, si ce n'était l'un à l'autre.
« Merci. D'avoir décidé de me suivre... » Une étreinte sur ses doigts, à laquelle elle répond avec douceur ; un témoignage de gratitude silencieux, là où il n'y avait plus de mots, poitrine écrasée de tout ce qu'elle n'aurait su dire. Affirmer que le suivre avait été évidence n'aurait été que mensonge ; le choix n'avait été que dilemme, tragique opposition des loyautés et des allégeances, conflit du sang et du nom — mais elle avait choisi, et de la décision ne naissait nul regret ; parce que c'était juste, parce que là était sa place, qu'il était porte ouverte vers un avenir qu'elle n'avait jamais su envisager, étouffée dans l'égide stricte du père. Des oppositions qu'elle n'avait cessé d'accumuler, traîtrises au nom et à l'éducation ; l'enseignement de Noah n'en avait été qu'une de plus, une déchéance que le père n'aurait jamais su pardonner — mais il en rit, l'époux, et elle se fige, biche effrayée, trop décontenancée de la réaction. Trop convaincue, un instant, que c'est de sa démarche dont il s'amuse dans un éclat moqueur ; gelée du déshonneur qu'elle se voit infliger dans ses yeux, d'une perte d'estime qui lui est brusquement trop intolérable. Les mots roulent, pourtant, un grondement d'ironie qui effacent le trouble ; parce qu'elle comprend, que ce n'est d'elle qu'il rit. « Noah ? Vraiment ? Je suppose qu'il peut enseigner certaines choses utiles. Pour un politicien. » Le sourire trop franc vient fleurir sur les lèvres empreintes d'une ironie latente que le père n'aurait jamais tolérée ; et le rire léger s'échappe, et elle arque un sourcil dubitatif, un brin insolente. 'Parce que tu aurais fait mieux, peut-être. Si tu es si doué... Apprends-moi.' Le cœur tambourine dans la poitrine, une terreur soudaine — à l'idée qu'il refuse, à l'idée qu'il l'écarte ; parce que ce n'était là son devoir, et que ce n'était là sa place. Parce qu'il ne lui devait rien, et que c'était là son éternelle malédiction, son inlassable fardeau ; et pourtant, elle se trouvait trop avide de la perspective, de l'idée de partager plus que des serments vides de sens.
Qu'étaient-ils, au fond, si ce n'étaient deux condamnés à une perpétuité qu'ils n'avaient désirée? Elle n'avait aucun droit de lui demander plus, qu'importaient les souhaits et les espoirs naïfs. Une déracinée, qui n'avait plus que lui ; et réfugié, il l'était aussi, apatride à la terre ternie de la couronne de l'ennemi — et dans tout ce qu'elle croyait entrevoir, ne demeurait que le souhait muet de pouvoir réparer ce qui ne saurait jamais l'être. Offrir le réconfort d'une présence qu'il n'avait jamais désirée, qui brûlait d'apaiser, pourtant. « Je pense que si les récents événements à Aureus ont pu prouver quelque-chose, c'est que tu n'es pas sans défense, non... mais ça n'a pas vraiment d'importance. Mon père, ma mère, ma sœur... ils auraient pu sortir d'Aureus sans que j'ai besoin de m'en mêler. Tu aurais été sauve avec eux... et je sais que quoiqu'il advienne, ils auraient trouvé un moyen de rejoindre Valdierva. Mais je n'aurais jamais quitté la capitale sans m'assurer que vous seriez tous en sécurité. Tu fais partie de ma famille, maintenant... s'il y a une chose que tu dois retenir sur être une Valeska c'est ça. » Le mot la brûle, brusquement, embrase un brusque incendie dans sa poitrine ; et c'est un déluge de gratitude qui l'étouffe, alors que les larmes viennent perler face au présent qu'il lui offre, presque trop délicatement. Famille. Le mot ne semblait plus avoir de sens, dans la pantomime qu'ils avaient été, Gavon qui n'avaient jamais fait que feindre ; mais entre les lèvres de l'époux, le mot se fait tangible, réel. Comme si déracinée, perdue, c'était un foyer, qu'il lui offrait ; un port d'attache, un repère, un sens — et c'est une solitude violente qui vient l'étreindre dans une vague de nostalgie, et c'est un élan de reconnaissance plus violent qui submerge tout le reste, une pointe d'affection qui s'embrase. Un effondrement de toutes ses barrières, un effondrement de tous ses murs, et les larmes s'échappent, balayées d'un revers de la main ; et dans un élan irréfléchi, elle s'avance, pose les lèvres sur la joue de l'époux, dans un témoignage de gratitude, ne parvient à articuler qu'un mot qui ne suffit pas, ne suffirait jamais. 'Merci.' C'était une vie, qu'il lui offrait, un chemin, alors qu'elle n'avait plus rien. C'était tout, qu'il lui offrait. Des ponts qu'ils bâtissaient enfin, des perspectives qu'ils esquissaient ensemble ; et peut-être était-ce là tout ce qui comptait, la seule chose qui fasse véritablement confiance. Dans les doutes offerts à demi-mots, ne demeurait qu'une assurance, une vérité universelle — quoiqu'il adviendrait désormais, c'était à ses côtés qu'elle trouverait sa place, dans un ordre naturel du monde qui s'était effondré, qu'ils reconstruisaient ensemble. « Je sais qu'il serait trop tard pour tout expliquer... qu'il y a même des choses que je ne pourrais t'expliquer. Noah est le Roi que j'ai choisi de suivre. Et je le connais. Tout ce que nous pouvons faire maintenant, c'est tirer le meilleur de cette situation. Y trouver un quelconque réconfort, malgré les changements. J'espère que tu pourras trouver ça. Peu importent les conditions. » Un hochement de tête dans le silence, parce qu'il n'est plus qu'elle peut lui offrir que sa foi tranquille, qu'une inquiétude muette pour lui ; des doutes qu'elle lui avait offerts sans peur, qu'elle ne verbaliserait à nul autre — sa vie était sienne depuis si longtemps, une existence à laquelle il aurait pu mettre fin d'un mot, qu'il avait préservée, pourtant. Qu'il n'avait cessé de préserver. Alors c'est avec douceur qu'elle pose les doigts sur ceux qui étreignent son bras, vient trouver les iris sombres dans l'obscurité, grave, pour se constituer gardienne de ses doutes, réceptacle d'une confiance qu'elle méritait si peu. 'Je l'ai déjà trouvé.' Une évidence tranquille, une vérité formulée dans la douceur ; un réconfort qu'il lui offrait, malgré les silences et les non-dits dans lesquels ils s'étaient enfermés, des convenances dans lesquelles elle s'était réfugiée, parce que c'était si simple — mais dans le chaos, c'était pourvoyeur de lumière et de paix qu'il se constituait, un oasis tranquille pour effacer la détresse de l'âme. Un apaisement dont elle aurait aimé pouvoir lui faire cadeau, aussi ; mais il n'y avait que sa sollicitude et sa compassion qu'elle pouvait lui offrir, sa présence pour se faire bouclier contre les ténèbres, le protéger, quelqu'en soit le prix. 'Je suis désolée, pour Karez. Et je suis désolée pour tout à l'heure. Je n'aurais pas dû m'emporter. Je -- Pardonne-moi.' Ils n'avaient plus rien, tous les deux ; plus de foyers, des déracinés qui n'avaient plus que des doutes, n'avaient que le silence, n'avaient plus que l'un et l'autre — et c'était peu, et c'était déjà tant, et c'était plus qu'elle n'accepterait jamais de perdre, qu'elle ne tolèrerait jamais de sacrifier.






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STATUT CIVIL : coeurs sacrifiés à l'autel, MARI d'une femme qui l'effacerait volontiers d'sa vie, si elle le pouvait. lui, nonchalant à l'âme meurtrie qui s'est résigné à cette misère.

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Re: EMBER IN THE ASHES — acheira.  |  Mar 12 Nov - 16:55
(I see that storm in your eyes)
Just gonna wash you out with the tide

Le mariage avait été comme marcher dans le brouillard- des faciès sortis du néant, extirpés par son attention bourdonnante. Le crâne chargé d'évidences qu'il ne s'était avoué à l'époque, et quelque-part, caressant sa peau d'une attention brûlante, le regard d'Edelweiss avait pesé sur son échine. La brusque coupure qui avait changé Akkadia toute entière était changement bienvenu ; l'inespérée libération, pour y voir plus clair. Aureus était lointaine désormais, paysage étendu sur la ligne d'horizon, ses hauts bâtiments floués par les cendres fumantes d'une guerre qui n'avait fait que commencer. Le fil rouge d'un univers construit ainsi, perdu dans des ténèbres jeunes encore. Achil dans tout cela, n'était qu'un soldat sans tête qui survivait aux batailles, miettes de convictions encore dans les mains. Il n'avait nulle réponse idéale à offrir. Nulle foi aveugle à vouer à qui que ce soit- brusquement, le réel s'était refait une place dans les desseins du Cercle. Et les frontières de leurs ambitions étaient désormais bien dressées : des barrières invisibles sur lesquelles ils s'écrasaient. Valdierva, trop petite, trop limitée pour les ego qui s'y perdaient, en plein conflit insidieux. A ces âmes qu'il connaissait tant, Keira n'était qu'étrangère : la nouvelle venue, presque intruse qu'il avait ramenée jusqu'à Rezbia. Valeska sans vraiment l'être- Gavon encore au creux de l'être, des filaments d'existence qu'on l'avait poussé à épouser. L'alliance, autrefois si bonne pour les siens. Aujourd'hui un poison amer, pour lui comme pour elle. Le devoir qui l'avait éloignée de cette famille, la route toute tracée d'une gamine qu'on avait polie avec le temps. Il n'savait, Achil, si c'était pour elle une bonne ou une mauvaise chose. L'échappée de tortionnaires aux visages familiers- le père ou qui que ce soit qui avait pu la mener sur ce chemin-là. Celui de punitions constantes, les blâmes marqués sur sa peau jeune comme un tribut éternel- la preuve de la folie de certains. Des crimes dont elle avait été coupable ; tant d'estafilades qu'il avait du mal à y croire, lui, le brun, spectateur du silence froid de son épouse des semaines durant. Elle n'avait été rien d'autre que passive, fragile- distante. Peut-être un amas de secrets, encore ; les non-dits persistants comme des valeurs à l'union qu'ils représentaient. Qui serait-il pour la blâmer ? Certains pourraient avancer qu'il en gardait, lui aussi, des confidences qu'il n'lui faisait pas. Reflet d'une confiance à moitié donnée à peine- ne faisaient-ils pas qu'esquisser quelques caresses d'espoir pour un avenir encore lointain, de toute manière ? Et si les langues se déliaient, les esprits s'avéraient opposés – fatum qu'il lut jusque dans les prunelles qu'elle ancra dans ses yeux, l'espoir clair dans ses iris limpides de lire quelque-chose qui n'y était pas. S'il devait vouer quelque culte que ce soit, le Valeska, que ce soit aux savoirs humains- aux juges et jurés humains qui foulaient cette terre, obtenaient justice de leurs mains guerrières. Ceux qui transformaient le monde à leurs pieds et écrivaient l'histoire- d'ichor, d'encre inaltérable- l'éternel d'une existence qui ne se jouait que là, et là uniquement.
« Et ce serait à qui d'autre d'en juger ? » s'il demanda, un sourcil arqué, l'empreinte d'un orgueil provocateur sur le visage, l'intérêt était réel. Pour une fois que Keira ouvrait la bouche, bavarde plus qu'elle ne l'avait jamais été, avec lui. Ou peut-être avec n'importe qui d'autre. Aucune certitude ne pouvait exister avec elle- encore un mur d'inconstance, l'océan changeant de ses yeux clairs comme l'énigme qu'elle était. Si elle la traitait d'étranger, pour lui elle n'était guère mieux ; rien d'autre que l'étrangère aux sourires contrits, statue de sel et de glace tout à la fois. Si elle se voulait prétendre plus doucereuse qu'il ne l'était, demeurait la froideur intacte de tout ce qui ne les avait jamais rassemblés. L'ineffable distance dont ils se targuaient tant, tous deux- d'un côté et de l'autre d'un univers où se trouver relevait presque de l'impossible. « Qui d'autre qu'une personne capable de le connaître pour tout ce qu'il est ? Ses qualités, ses défauts- ses crimes s'ils doivent exister ? » et peut-être que si elle devait répondre les Dieux, appel à un Olympe utopiste construit dans les diamants des récits des fanatiques, il serait le premier à s'en moquer. Il n'y avait dans ce monde où ils étaient nés, que la justice qu'ils arrachaient des griffes des autres. Victoire, Niké qui ne s'offrait qu'à ceux qui savaient tirer leur épingle du jeu. Ceux qui en avaient accepté les règles. Les implacables, comme lui, comme les ombres qui avaient érigé le Cercle à devenir ce qu'il était aujourd'hui. Tant de pratiques étrangères à la naïve Gavon- la poupée conservée dans un carcan d'innocence qu'on ne lui avait jamais réservé à lui. Et là où elle s'imaginait que ses crimes méritaient punitions à jamais, elle prétendait pouvoir excuser les siens à lui.

Cette simple promesse, chargée d'une candeur presque idiote, ne pouvait que le faire sourire. Un rictus moqueur- cruel presque s'il osait un jour se nourrir de la bonté de l'épouse qui se trouvait à ses côtés. Là n'étaient pas ses intentions- elle lui enserrait le cœur, alors, la frêle créature qui semblait tout juste être née dans ce monde. Pourtant, elle n'avait pas manquée d'y être piétinée déjà- trahie par d'autres qui ne s'étaient jamais laissés hanter des mêmes remords que ceux qu'elle portait sur son dos fin. « Je ne crois pas que prouver quoique ce soit, soit de ton ressort, ici. » ne parlaient-ils pas de lui, après tout ? Et Achil ne pouvait guère promettre quoique ce soit- trop de serments éparpillés à des âmes différentes. Trop de filins qui tiraient son cœur dans tous les sens. Un palpitant déjà mis à mal, qui s'accélérait à son poitrail dès qu'il laissait sa tête s'égarer. Vers Edel. Quelque part. Probablement à Karez, étrangère dans sa maison- il aurait voulu la détester pour ça. Haïr jusqu'à elle entière pour s'être fondue auprès des Macanthos. Des Zarkari et de tous ceux qui cherchaient à les détruire. Vers Anja. Heza. Était-elle seulement en vie ? L'interrogation pernicieuse qu'il ne pourrait partager qu'avec la matriarche, Gisella l'éternel repère. Elle avait su se rendre indispensable, toujours ; la Mère qui coulait dans ses veines. L'ombre de ses mensonges, comme un venin glissant sur sa peau- des confessions qu'il ne pouvait faire. Ni à Keira. Ni à son Roi, ni même à d'autres qui partageaient son sang. Les responsabilités, pesantes comme les cernes qui alourdissaient son visage pâle- peut-être pourrait-il prétendre être épuisé jusqu'à la moelle pour les prochains jours, se bercer d'une perdition à laquelle on l'avait arraché depuis longtemps, déjà. Une histoire écrite à sa façon- loin des romans mielleux qui avaient bercé la douce épouse. Loin des images qu'elle pouvait se faire, peut-être, si elle s'en préoccupait un tant soit peu. Lui aussi, le résultat d'un polissage particulier. L'artisanat du devoir familial sous toutes ses formes- ambitions des siens. Orgueil qui hantait son âme, jusqu'à la désinvolture. S'il pouvait mieux faire que Noah. Le trait d'insolence le fit sourire- loin de lui l'envie de dénigrer son Roi. Mais pour toutes les fois où le Sielle avait observé le chaos depuis les sièges d'une haute sphère politique, il avait été en-bas, lui. Pieds et mains dans la boue et le sang, l'arme au poing- chaque cicatrice demeurant sur l'opalin de sa peau comme un récit. Une chronologie bien différente d'autres. D'autres péchés qu'il avait expiés à sa façon : des jugements qu'on avait choisi bon de lui imposer. La Mort qu'on avait tenté de lui graver dans les chairs plus d'une fois déjà. « Je pourrais me sentir insulté que tu en doutes. » arrogance sur la langue, alors qu'il lui faisait face mieux encore pour l'observer- une œillade franche qu'il glissa de bas en haut sur elle, analytique. « Noah sait se débrouiller. Comme tous les Sielle, il a dû apprendre à protéger sa vie d'aussi loin qu'il s'en souvienne. Peut-être que c'est tout ce que tu as besoin d'apprendre. » elle n'comptait sans doute pas devenir comme lui, non plus. Elle, loin des champs de bataille, victime du chaos qui la happait, plus que créatrice d'une destruction qui débordait sur les vies autour. Keira n'était pas faite pour être actrice du Cercle, créatrice de desseins qui s'érigeaient sur les cadavres d'autres. L'innocence, toujours une étoile brillant au fond de ses yeux, la pulsation d'un palpitant encore intact à l'intérieur. D'une âme qui n'était pas encore lessivée par le chaos.
Et les serments qu'il lui faisait pouvaient paraître maigres ; de ces promesses qu'il mettait en forme dès qu'il le pouvait. Elle était là- à la fois bénédiction et punition pour la Gavon esseulée. Il n'en avait que trop conscience. Comme quand il l'avait arrachée à son Aldion de toujours pour Aureus : en quoi cette situation-là était-elle différente ? Sa famille, peut-être plus lointaine que jamais, des électrons qui avaient perdu leur noyau et s'étaient effrités aux quatre coins du pays. Une situation dramatique, et d'ici, elle n'pouvait qu'observer. Soi-disant parce qu'elle l'avait choisi ainsi ; lui n'était que l'éternel incrédule. Keira, peut-être, avait-elle scellé son sort trop vite. Peut-être courait-elle désespérément, à la recherche de quelque-chose qui n'existait pas. L'affection lui arracha un frisson pourtant- la chaleur comme une pique électrique sur sa peau. Une seconde d'aise, avant que ne revienne l'évidence de ses réticences. L'amertume de ses regrets. De tout ce qui semblait vain et désespéré là-dedans, la prudence envoyée en l'air par la brune qui avait tant besoin de sens. Combien de fois tomberaient-ils à nouveau face à ces évidentes divergences ? Il sourit, alors, cette fois simplement- un vague rictus mi-honnête, tentative de réconfort pour répondre à la probité de la semi-inconnue. « Je suis rassuré... que tu puisses trouver une certaine... consolation dans tout ce qui est arrivé. » qu'il put au moins lui offrir, l'affection sous forme d'une honnêteté glissant jusque dans ses yeux- l'embrassade d'un regard plus chaleureux, glissant sur elle, jusqu'à croiser ses prunelles. Quitte à s'en nourrir un peu, de son credo naïf, à Keira- la lumière pure qui donnait sens à tout ce qui s'était précipité, en quelques jours à peine. Il pourrait s'y perdre, lui, se laisser happer par les ténèbres de doutes craquelant ce qui avait été pendant si longtemps intact en lui- des assurances qui se fissuraient sous ses pieds. Dans le frisson d'un monde qui changeait. C'était comme si Valdierva toute entière s'était détachée du reste du monde- qu'elle flottait loin, trop loin de ce qui avait toujours été. L'univers réécrit, par d'autres mains que la sienne, pour d'autres desseins que les siens. Et la flamme qui l'avait toujours animé, rien d'autre qu'un incendie mortel qui avait détruit- la récompense, lambeau d'espoir suffoquant dans le noir. Karez qui bientôt lui serait étrangère. Et des serments d'une foi qu'il savait qu'il ruinerait, un jour. Le choix de Keira, que d'autres jugeraient naïf, après ce qui les avait déjà amenés là- les révélations déjà trop nombreuses. « Je suppose que ta colère était méritée. Nous avons tous les deux décidé de faire des promesses à l'autre. De se respecter. Au moins. Les choix que j'ai faits ces jours n'ont pas changé ça. Mais je peux comprendre que tu te sois sentie trompée. » et le Cercle continuait de couler dans ses veines- des convictions plus nettes que tout. Des vœux qu'il respecterait au péril de sa vie ; et peut-être un revers de fortune qui finirait par leur sourire, une bonne fois pour toutes. Un jour. Il n'pouvait guère jurer d'être différent alors à l'avenir, Achil- il n'pouvait lui promettre de lui dire toute la vérité, toujours, en toutes circonstances. Il n'pouvait encore lui promettre cette confiance qui l'aveuglait, elle. « Mais nous ne pourrons pas passer le reste de nos vies à nous mentir. Ou à prétendre se connaître ou s'accepter. Je prendrais-... tout ce que tu as d'honnête à dire, même si ce n'est que de la rancœur, plutôt que de revenir à ce que nous avions avant. » et elle savait de quoi il parlait- cette politesse froide, l'obséquieux arôme des mots qu'ils n'avaient que trop pesé, à chaque face à face. Ce qui n'avait toujours été que cérémonie entre eux- la barrière du devoir apposé sur leurs langues et dans chaque contact qu'ils avaient eu. Les alliances à leurs doigts, plus froides encore que l'air qu'ils avaient respiré, l'un avec l'autre, dans ces espaces clos, trop petits pour leurs âmes affamées d'ailleurs.

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LET THE MAN BE BORN
                                                         

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Dernière édition par Achil Valeska le Lun 9 Déc - 1:32, édité 1 fois

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Re: EMBER IN THE ASHES — acheira.  |  Jeu 14 Nov - 15:34
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    Ils n'étaient tous qu'hommes, mortels, d'éphémères parenthèses de rien dans l'éternité, des vies qui n'étaient que d'imperceptibles rides sur l'étoffe du temps ; tous trop effrayés par la perspective d'un oubli qui n'était pourtant qu'inéluctable, acharnés dans l'idée de laisser une empreinte dans le tissu de la réalité, de conquérir, même brièvement, un pan de monde, un pan de temps. Mais ils n'étaient que des éphémères, brèves flammes de vie, ne construisaient tous que des empires de papier, consumés plus vite que ne l'étaient les existences ; des royaumes de cendres, effondrés d'un souffle, si loin de toute éternité — rien de ce qu'ils ne pouvaient bâtir n'était jamais immortel, et pourtant, elle s'acharnait à croire, l'enfant idéaliste, que peut-être ils pourraient tisser l'indestructible. Naïve comme l'étaient les fous sur l'échiquier, c'était foi dont elle ne savait se départir, alors que les cendres de liens qui avaient un jour été, n'étaient plus, ne seraient plus jamais entachaient ses doigts de leur anthracite amer. Il n'était nulle éternité pour les mortels qu'ils étaient ; et pourtant, c'étaient des serments de perpétuité qu'ils offraient, inconséquents, à la face des cieux, des toujours et des jamais qui ne valaient rien, si vides de sens dans l'éternel ballet des planètes et des étoiles. Jusqu'à ce que la mort nous sépare ; un serment de plus, un engagement de plus — des mots qui n'avaient jamais été que des mots, une couverture du néant qu'ils étaient, tous les deux, mascarade d'alliance signée dans leurs sangs. Un contrat qui n'avait jamais été que cruelle ironie de la vie ; parce qu'elle n'était plus rien, désormais, progéniture égarée d'un traître aux mains vides, Valeska parce qu'il n'était plus rien de Gavon qui faisait encore sens, poids mort pour ceux qui lui avaient ouvert leurs bras — gardiens de jours qu'elle leur dévouait entiers, lorsqu'il n'y avait plus rien qu'elle ne puisse seulement leur offrir. C'était égarée, idéaliste, qu'elle ne savait s'empêcher de croire qu'ils pourraient construire, aussi chimérique qu'ils l'étaient tous, inconséquents mortels ; mais c'était Achil, réceptacle d'un respect qu'elle ne pouvait que lui dévouer, d'un semblant d'affection qu'elle n'avait su s'empêcher de lui offrir — parce que c'était Achil. Il était trop naïf de prétendre qu'ils pourraient être plus que le néant qu'ils avaient jusqu'alors représenté — de la distance empreinte de convenances, du silence empreint de secrets ; elle ne savait que le souhaiter, pourtant, vœu ardent qu'ils pourraient être quelque chose — un fragment de famille, peut-être. Intruse dans son monde, dans sa vie ; il avait été refuge, oasis contre la sauvagerie du monde et du sang, un bouclier — tout ce qu'ils s'étaient promis, inconsidérés, des vœux d'hommes et non de dieux. Des serments qui avaient tant de sens, pourtant, plus que n'en auraient jamais ceux qui avaient scellé le mariage ; des promesses qu'ils avaient voulues. Achil n'avait jamais été qu'acte de foi, saut dans le vide ; croire en ce qu'il était, au-delà des secrets et de ce qu'il ne révèlerait jamais, croire en l'instinct plutôt qu'en l'expérience, en l'époux plutôt qu'en le père. Les secrets n'étaient que part de ce qu'il était, de ce qu'ils étaient ; des ombres qu'elle acceptait, parce que ce qui se dessinait dans la lumière était réel — des échappées vraies, dans la fausseté d'un monde qui ne faisait que se dévoiler. Quelque chose qui faisait sens.
Elle ne s'offusque, pourtant, lorsqu'il se veut provocateur ; ne peut pourtant retenir l'étincelle qui s'embrase dans les iris à ses mots, non contre lui — contre elle et des travers de cœur, travers d'humanité, désirs sombres et tourmentés d'une vengeance qui n'était que trop condamnable. La flamme se contient, pourtant, balayée d'un mouvement du menton ; elle transparaît, pourtant, dans le regard qu'elle pose sur lui, dans la verve trop convaincue. 'Ce n'est pas à lui de se faire justice. Ni à lui, ni à moi, ni à aucun d'entre nous. Et les dieux savent combien je le souhaite, pourtant.' Les poings se crispent, dans un spasme réflexe ; et elle se moque de la bassesse de l'aveu qu'elle vient d'offrir, indigne, trop égarée dans le souvenir d'un Marcus brisé sur son seuil, l'âme déchirée et la raison en miettes — ne demeurait que le désir de faire mal, pour la première fois, venger le cousin dans la peine de l'oncle. 'Ce ne serait pas de la justice, ce serait de la vengeance. Il paiera ses crimes -- un jour. Ils paieront tous.' Comme une défiance crachée au ciel, comme un blasphème ; par la loi des hommes, par celles des dieux, il viendrait un temps où ils seraient condamnés, parjures Gavon qui n'avaient jamais fait que tromper — dans cette vie ou la suivante. Juge de leurs crimes, juge de leurs Enfers, elle ne pourrait jamais être, trop dévorée d'une amertume qui consumait tout discernement ; ne demeurait que la foi que les actes rattraperaient les coupables, que s'abattraient les sentences qui laveraient un peu l'horreur des crimes qui entachaient leurs mains.  De l'irréprochabilité, de la droiture, ils n'avaient jamais eu que le masque ; une illusion dans laquelle elle s'était laissée prendre, contre l'instinct et le bon sens, trop pétrie de leurs mensonges et de leurs préceptes — Achil n'en était que plus différent encore, allégorie de droiture, comme une incarnation de tout ce qu'ils auraient dû être, Gavon pervertis. Nul doute n'avait droit de cité, face à l'homme ; ne demeurait que l'assurance tranquille qu'il était âme noble, dans un monde qui ne l'était pas tant. Une foi d'enfant, foi paisible et naïve pour l'homme qu'elle avait épousé, qu'elle avait choisi de suivre ; alors c'est simplement qu'elle hausse les épaules à ses mots, un brin de provocation à laquelle elle se contente de répondre d'un sourire énigmatique, Mona Lisa qui n'aurait su déroger à la conviction qui s'était ancrée dans son cœur — de preuve, elle n'avait nul besoin, parce que c'était mille fois qu'il s'était prouvé à elle, déjà. 'Quoique tu aies pu faire... Ce que l'on fait par nécessité -- par devoir... Ce n'est pas ce qui l'on est vraiment.' Une absolution, offerte doucement, comme une évidence ; il n'était rien qu'elle ne demandait de plus, rien qu'il ne lui devait — des parts d'ombre qu'elle lui laissait, qui ne saurait altérer sa conviction, pourtant. Que lui avait-elle elle-même longtemps caché? Des hontes qui s'étaient imprégnées dans sa chair, qui s'étaient opposées à tout ce qu'elle aurait être ; jamais ne s'était-elle lassée de décevoir le père, jamais n'avait-elle cru, un instant, qu'il pourrait en être différent avec l'époux. Pourtant, c'est un semblant de connivence qui s'installe, dans l'aveu de tout ce qu'elle avait renié de sa bonne éducation, dans l'arrogance qui roulait sur les lèvres d'Achil, lui arrache un sourire amusé ; et reparaît le souvenir d'Aureus, son intervention divine, chevalier qui avait fendu la foule — trop compétent, trop soldat, lorsqu'elle l'avait cru simple civil. 'Peut-être que je n'ai pas besoin de savoir plus, non... Mais peut-être que j'ai envie que tu m'apprennes.' C'est des iris teintés d'espoir qu'elle pose sur lui ; et la gorge se serre, brusquement, poitrine écrasée dans un aveu qu'elle ne peut s'empêcher de lui offrir, comme une supplique. 'Je ne veux pas que tu risques ta vie pour la mienne. Je veux pouvoir me défendre sans que tu t'inquiètes. S'il te plaît.' Peut-être ne cesserait-il jamais de se soucier ; un serment de plus, un jamais de plus — leurs existences, bien trop entrelacées, mêlées, désormais, en alchimie céleste, pour qu'il puisse seulement s'empêcher d'en sacrifier une pour l'autre, elle le soupçonnait ; pourtant, c'était compagne, qu'elle se voulait, un soutien pour l'épauler, plutôt qu'un fardeau qui exposerait sa propre vie. Trop altruiste pour accepter que quiconque se meure pour elle, trop attachée, déjà, pour seulement tolérer que lui se meure pour elle. Il n'avait cessé de se poser en sauveur, de préserver ce qui constituait son essence, au-delà même de sa vie ; une barrière contre les affres d'un monde qui l'aurait dévorée sans plus de retenue, une ligne de vie à laquelle elle n'avait cessé de s'accrocher. Consolation ; comme s'il était simplement cela, comme s'il n'avait pas été une porte de sortie loin de tout ce qui l'avait lentement tuée ; une salvation, dans le souffle d'agonie. La chaleur du regard lui arrache l'ombre d'un sourire, l'écho d'une reconnaissance qu'elle lui vouait trop entière ; si loin de la froideur de leurs silences, d'une distance pétrie de réserve qu'ils n'avaient su que s'offrir. Il n'avait jamais mérité l'ire ; l'éclat avait brisé le mur de silence, avait tout brisé — tout à construire, ensemble. C'est trop de compréhension, qu'il lui offre, qu'elle balaie d'une négation du menton ; c'était un vice d'orgueil qui avait imprégné sa chair, le désespoir latent de ne plus rien reconnaître, de ne plus savoir à qui se fier, qui avait embrasé son cœur. Rien d'une femme trompée, tout d'une égarée ; et c'était de son propre aveuglement qu'elle l'avait condamné lui, une sentence qu'il n'avait jamais méritée. Elle assent, pourtant, à ses mots ; parce que ce n'est là qu'évidence, tous deux trop droits pour seulement accepter de vivre dans le mensonge, pour se contenter d'un pantomime qui ne serait que fausseté. Ils ne pouvaient se promettre de sentiments ; au moins pouvait-elle lui promettre que ce qu'ils étaient était réel. Alors elle étreint les doigts doucement, l'or froid de l'alliance contre la chaleur de la peau, un serment de plus offert dans un souffle tendre. 'Plus jamais, ce que nous étions avant. Quoiqu'il advienne, je te jure que ce sera honnête -- que ce sera vrai. Et je serai toujours là, Achil, n'en doute plus. Ça aussi, je te le promets.' Les doigts éphémèrement posés sur sa joue, comme pour souligner la tangibilité des mots, du serment ; un serment d'hommes, un serment de cœur — tout ce que les dieux ne sauraient jamais être, tout ce que les cieux ne sauraient jamais offrir. Tout ce qu'elle lui offrait, à lui seul — tout ce qu'il lui avait déjà offert.





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Re: EMBER IN THE ASHES — acheira.  |  Lun 9 Déc - 5:15
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Just gonna wash you out with the tide

Nuit noire couchée sur une toute nouvelle ère- linceul d'encre percé d'étoiles gracieuses. Le ciel ici, était différent d'Aureus. Différent de Karez, même. Pour toutes les visites qui l'avaient mené jusque-là, Achil n'avait jamais pris le temps d'observer- toujours étranger à cet endroit ; l'invité qu'on recevait avec respect, celui dont l'âme appartenait ailleurs. Le familier perdu, ne restait que l'inconnu : l'atmosphère du château des Sielle, tout à fait changée de ce à quoi on l'avait habitué. Ici, il était censé trouver quiétude, l'abandon de quelqu'un qui baissait les armes, et laissait son esprit se taire pour quelques heures au moins. Et tous les siens étaient là, Valeska apatrides comme lui, l'arôme du dégoût flottant dans leur sang d'Argent- quelque-chose d'une défaite qu'ils ne s'avouaient pas encore totalement. Il n'y avait rien d'pire que l'idée que ce soir, Zarkari et Macanthos soient en train de célébrer quelque victoire dans les terres du Sud. Othinara décharnée, de chers souvenirs dénués de leur sens ; l'autrefois bel et bien révolu. Et s'il devait trouver compagnie compatissante, peut-être l'avait-il trouvée en son épouse : il était pourtant trop habitué à la Keira inatteignable pour savoir de quoi elle était faite, autrement. Une impérieuse figure dans ce qu'était devenu son paysage à Aureus- omniprésence d'échecs et de culpabilité- une statue de givre, ancrée dans tout ce qui n'aurait jamais dû être. Tout c'qui n'était ni leurs choix ni leurs désirs. Et toujours, quelque-chose comme de la mélancolie imprimée sur le visage de la jeune femme, pour bien remuer le couteau dans la plaie. Et si souvent la distance avait été clémence ; bouffée d'oxygène et d'abandon contre des émotions qu'il aurait préféré pouvoir balayer d'un revers de main- hésitation envolée. Il pourrait au moins se dédouaner ainsi : Achil jusque-là, n'avait pas été l'époux qui avait eu le temps. Le temps de chercher, le temps de cultiver plus encore les sentiments tortionnaires qui piquaient ses nerfs dès qu'il la voyait. La Gavon arrachée à son nid tranquille, une innocence flétrie que sa simple présence détruisait plus encore. Mais Rezbia ou Drinvi étaient toutes les deux, infiniment plus petites que la capitale. Leur point de chute, un puits étroit dans lequel ils se retrouvaient, face à face. Et elle était encore une énigme- l'essence dont il n'avait fait que caresser la surface, quelques élans d'honnêteté dans des agitations à même de leur déchirer les tripes. Le danger, flammes d'un décor désespéré qui tirait quelque-chose d'eux deux ; les imprenables qui se pétrissaient de politesses encombrantes, le reste du temps. Le mariage, aussi glacé que le firmament dénué de nuages qui s'étendait sur l'Ouest- lui qui avait toujours été habitué au chaud d'Othinara, c'était autre chose que de livrer une part de son existence à une Gavon.
N'étaient-ils pas que diamétralement opposés ? Et le no man's land, rien d'autre que les différences immuables qui les constituaient- les Valeska ne croyaient ni en Dieux, ni en quelque loi divine. Ils avaient écrit les sorts des uns et des autres de leurs propres mains : architectes d'un monde à leur image- dans une certaine mesure. Et malgré la douceur de sa fille, candeur tenace qui demeurait murmure dans quelques uns de ces mots qu'elle livrait, l'innocence de souhaits qui allaient bien loin des cercles auxquels il était habitué, il n'y avait pas à douter que le patriarche Gavon était de ces mêmes Créateurs imbus d'eux-mêmes. Une vérité, peut-être, que la fille n'avait jamais su voir- le courroux du réel disgracieux auquel on échapperait volontiers. Un fardeau qu'il aurait préféré n'pas avoir, pesant sur son échine à lui. « Tellement de gens parlent de la justice et de la vengeance comme si elles étaient deux choses différentes. Pourtant, personne n'est jamais capable de l'expliquer clairement. » la neutralité d'une observation, soutenue par le sourire poli qu'il offrit à la jeune femme- désireux d'apaiser le feu qu'il pouvait lire en elle. Keira passionnée par quelque-chose il semblait- ces mots qui paraissaient étrangers à ses lippes ou à son esprit : justice, vengeance. Politique. Traîtrise. L'univers dans lequel il avait gravité lui jusqu'à y être englouti- fils de sa famille, héritier des préceptes des siens. Porteur de ces valeurs ancrées à sa carne depuis son plus jeune âge. Achil n'avait eu que peu de temps pour penser à quels livres il aimait, s'il pourrait un jour profiter d'une escapade à cheval avant l'aube, ou quelles fleurs il pourrait apprécier. Mais il abandonna, pourtant, signa son consentement d'un signe de tête ; « Les actes de ton cousin, ce qu'il décide de faire ne seront jamais de ta responsabilité. Et parfois, ce que les autres choisissent de faire ne peut être changé par personne. » peut-être était-ce pour cette fameuse histoire qu'il parlait. Peut-être était-ce pour eux ; l'inchangeable fait qu'il avait choisi le Cercle quelques jours plus tôt- que sa loyauté leur était étroitement dévouée ; soldat depuis trop longtemps. Il n'saurait comment faire autrement.

Elle était pourtant celle qui se tentait à offrir quelque salvation- mots irréfléchis, mots réconfortants. Un espoir si simple qui lui arracha un sourire. Une acceptation tout autant qu'un cynisme qu'il avait du mal à cacher- diamant tenace de certitudes qui étaient siennes. Et tous les souvenirs calqués sur le voile de ses paupières, l'arôme du sang encore collé à ses paumes- l'invisible marque qui n'datait que de quelques heures encore. Et aucune bonne parole pour laver l'évidence de ce qu'il était devenu depuis trop longtemps. Peut-être que ça l'était, alors, c'qu'il était vraiment- la contradiction qu'il n'eut pas le cœur à livrer, se contentant d'un hochement de tête faiblard, éviter pour n'pas s'enfoncer plus encore. Les secrets, dernières remparts à cette image presque mensongère qu'elle se faisait de lui- peut-être était-ce normal ; quelques jours plus tôt, il lui avait sauvé la vie en plein cœur de la cohue. L'acte trop rarement accompli- et techniquement, ses devoirs auraient dû l'amener ailleurs. Techniquement, les plans du Cercle auraient dû passer avant tout le reste. La notion autrefois si claire, la solitude comme une conviction nette et précise : il n'avait jamais rien eu d'autre en tête ou au cœur pour le faire dévier. Et pourtant, paradoxalement, la décevoir aurait été l'erreur qu'il n'aurait pu se pardonner. Parce que peut-être n'y avait-il que dans ses yeux à elle, qu'il avait encore quelque-chose d'humain. « J'ai l'impression que tu t'es plutôt bien défendue, à Aureus. » qu'il dut reconnaître dans un sourire, remerciements distraits et discrets pour ce qu'elle, elle avait fait. Une Thanatos de talent qui n'y ressemblait pas, de prime abord. A croire qu'il avait été le premier à la sous-estimer. « Je peux t'aider. » dit-il enfin, se retrouvant face à elle pour mieux l'observer- sonder pour quelques secondes de flottement ce visage aussi familier qu'étranger- prunelles dans lesquelles il ne s'était que trop rarement perdu. Et trop avidement à d'autres occasions. L'aisance à s'faire séduire par quelque-chose d'infiniment honnête- différent de tout ce qu'il avait connu. « Mais peut-être que tu devrais y réfléchir. Pour toi. Si tu as honte d'avoir utilisé tes dons, peut-être-... peut-être que ce que j'ai à t'apprendre n'est pas pour toi. » la vérité, au moins- une préoccupation tenace. La sauvegarde de son âme à la brune, denrée si rare, qu'il se sentait devoir sauvegarder. « Toi ou ton père-... je suppose que vous n'aviez aucune idée tout ce que ça engageait-... cette alliance. Je n'ai jamais eu l'intention de mettre ta vie en danger. Peut-être que sans ça, tu n'aurais pas été à Aureus, ce jour-là. » son affiliation à la SPC, un autre mensonge vital, un autre engagement loin de ce qu'ils avaient pu se promettre, eux deux. « Je sais que tu veux-... te débrouiller. Mais si tu dois faire une chose pareille juste pour me décharger d'une responsabilité, c'n'est pas le bon moyen. Ces promesses que j'ai faites, seront les mêmes, quoiqu'il advienne. » et tant pis s'il n'croyait pas aux Démiurges- c'n'était pas à eux qu'il comptait rendre des comptes. La justice, lui, il savait qu'elle ne s'faisait qu'ici ; qu'elle n'importait qu'ici. Et que beaucoup s'imaginaient avoir le droit de la donner. « Si cette décision doit te coûter-... personnellement, tu devras te contenter de Noah. » le regret de mots si durs comme l'asphalte lui fit serrer les dents, Achil n'osant offrir un regard compatissant à la jeune femme que pour mieux exprimer ses pensées. Il y avait en l'épouse si jeune, cette humanité à vif- un privilège dans un monde comme le leur. Une part d'elle qui ne valait pas le sacrifice.
Bienveillance déplacée- inutile peut-être ; Akkadia avait sa façon d'être cruelle, et tous en étaient tributaires. Et même ici, à Valdierva, même sur les premières marches de ce que certains voyaient comme une victoire, il n'pouvait faire la promesse d'un futur meilleur. Pas celui-ci- pas comme ça. L'imprudent pourtant, trop demandeur, il fut celui d'eux deux qui en demanda plus ; la requête si simple et si compliquée à la fois. Peut-être bien que la femme qu'il avait épousée ne cesserait jamais d'être un brouillard d'énigme : ici ou ailleurs, qu'est-ce qui pourrait bien changer ? Et elle sourit, pourtant, les mots plein d'assentiments, serments sacrés où il n'y avait aucun témoin- juste le carcan d'une intimité qui ne leur ressemblait pas. « Encore. Beaucoup de promesses. Je suppose qu'on n'peut pas s'en empêcher. » espoir dérisoire, espoir mensonger. L'illusion d'avoir quelque-chose au moins- ils n'avaient que trop peu, là maintenant. Il se dérida malgré tout, une risette pour alléger le poids de tant de serments qu'ils ne pourraient peut-être jamais respecter pleinement.

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Re: EMBER IN THE ASHES — acheira.  |  Mer 11 Déc - 1:30
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    Déracinée, déchirée ; c'était une part d'âme qu'elle avait laissée derrière, un pan de cœur perdu dans les rues d'Aldion, un peu de foi sacrifiée dans l'océan de mensonges, dans la tromperie et les secrets. Ne demeurait que l'amertume — ne demeurait que la rancoeur ; la réalisation cruelle d'une désillusion qui s'étalait plus loin que se portait le regard, au-delà des horizons et des compréhensions humaines. Et elle ne comprenait pas, l'enfant — n'avait que la perception obscure d'un tout qui la dépassait, d'un jeu de trônes qui s'était passé d'elle depuis si longtemps ; rien de plus qu'une victime collatérale, de ces quantités négligeables qu'on utilisait tant qu'elles présentaient quelque peu d'intérêt, balayées dès lors leur rôle joué. On ne lui avait laissé nul choix, dans la pantomime tragique — forcée de choisir, prendre position, laisser porter la voix ; le nom contre le sang, le sang contre le nom. Quelque soit la décision, elle demeurerait perdante — joueuse aux dés pipés dans une partie où elle n'avait jamais eu sa place, trop forcée de sacrifier quelque chose pour l'espoir d'un plus, des valeurs d'âme qui n'avaient que si peu de sens, finalement. Ce n'était qu'un coup de poker dans un jeu dont elle ne connaissait pas les règles, n'appréhendait qu'à peine la portée des enjeux — ne demeurait que la conviction sourde que c'était là choix primordial, ultime épreuve d'un Janus cruel qui se complaisait dans les tourments de l'âme ; sa vie, son existence, jouée sur un simple choix. Un tout, all in tragique qui n'était qu'un énième acte de foi, un énième saut dans le vide — choisir l'incertitude d'un époux qui n'était qu'étranger, le souffle d'un instinct qui lui dévouait toute foi, contre toute raison ; choisir l'avenir aux côtés de celui qui ne l'avait jamais désiré, emprisonné dans la cage dorée qu'était sa compagnie, dont il était aussi geôlier que captif. Croire, lorsque le monde ne faisait plus nul sens, que la simple foi n'était que vapide ; croire, pourtant. Un pari de l'univers, dans lequel elle s'était abandonnée sans plus de retenue — un tout ou rien qu'elle avait trop accepté ; pour la promesse d'un réel qui avait déjà trop de sens, des bribes éparses et fragiles, trop précieuses, pourtant. Il était trop inconnu, Achil, figé dans la danse des ombres qui opacifiaient ses traits, un familier dont elle ne savait que si peu — et c'était bien assez. Ils n'étaient jamais que l'écho d'un quelque chose chêtif — mais au-moins étaient-ils quelque chose ; des liens de confiance tissés dans l'adversité, un reflet de mille serments qu'ils ne se lassaient de s'offrir inconsidérément, comme pour combler le silence glacé d'une distance dans laquelle ils s'étaient trop installés. Dans laquelle elle s'était trop installée — un gouffre qui s'était voulu protection, n'avait jamais fait qu'achever ce qui était déjà condamné depuis les premiers instants. Elle n'avait cessé de blâmer, pour l'ignorance qu'ils avaient érigée en chape autour d'elle, prisonnière de sa foi aveugle — mais lorsqu'il s'agissait de lui, n'était-elle pas seule responsable? Trop hypocrite de blâmer le silence qu'elle-même avait édifié en religion, lorsqu'ils étaient concernés, trop hypocrite de lui reprocher des non-dits qui n'étaient que légitimes. Elle n'était que Gavon — fille des parjures, ichor des traîtres ; trop indigne d'une confiance qu'elle n'avait jamais méritée, lorsqu'elle offrait la sienne sans considération ni retenue. Il avait trop donné, Achil — gardien qui avait prodigué l'opportunité d'une seconde chance, la protection de son nom, tous les jours d'une existence qu'il avait sacrifiée pour elle ; et elle n'avait rien offert, avait tout pris. Une constatation cruelle, et trop de regrets ; de n'avoir su être plus, pour celui qui était déjà tout. Quelque chose d'une injustice, qu'elle avait signée elle-même ; et peut-être ne valait-elle pas mieux que ceux qu'elle avait laissés derrière ses pas, finalement — peut-être ne valait-elle pas mieux que l'argent terni qui ruisselait dans ses veines, comme un héritage maudit. Bon sang ne saurait mentir. Gavon qui se prétendaient immaculés, juges d'une humanité qu'ils condamnaient sans ambages, trop incapables d'admettre la perversion plus profonde encore de leurs propres cœurs. Menteurs, parjures, parricides ; et peut-être que les crimes dont Rakan voulait se voir entacher les mains n'étaient rien, dans le spectre de tout ce qui les avaient gangrénés. Vengeance, justice ; c'était quelque chose d'un incendie avide qui s'embrasait dans le creux de sa poitrine au souvenir d'un Marcus qui n'était plus que spectre, l'âme dérobée par un père qui n'aurait jamais de mille vies pour expier le crime pour lequel le fils serait condamné. L'était déjà. Tout ce qu'elle rêvait de juger, un équilibre qu'elle aurait voulu signer elle-même — tout ce qui lui était interdit, parce que ce n'était pas là justice. Et c'est un regard acéré qu'elle assène à l'époux à la tranquillité de ses mots — une déclaration mesurée, politique, polie, qu'elle considère un instant. 'C'est différent. La justice se pense avec la raison. La vengeance -- ' Les doigts ondulent vers le torse vers de l'époux, survolent le myocarde dont les battements sourds viennent un instant apaiser son âme. ' -- une affaire de cœur. La vengeance ne sera jamais impartiale. La vengeance est égoïste, et n'appelle que la vengeance. C'est un cycle -- il n'y a que la justice qui permette de tourner la page.' Les iris glissent vers les siens, s'accrochent dans l'étreinte de son regard, de la gravité dans les yeux, le sérieux d'une conviction et de valeurs qu'elle ne sacrifierait à personne. 'Beaucoup d'actes ne sont de la responsabilité de personne. Ce qui importe -- c'est d'accepter ce qui doit être fait, et refuser ce qui ne doit pas l'être. Choisir. Je ne suis pas mon père.' Ne le serait pas, ne le serait jamais.
Parce qu'il était là ; parce qu'il l'avait sauvée, une fois, deux fois, mille fois — avait préservé sa réputation, s'était placé en bouclier dans la sauvagerie de l'humanité, avait sacrifié son existence pourvu qu'elle vive. Un nom, qui serait mort avec lui, s'il était tombé — un nom qu'il lui avait abandonné sans s'offrir le luxe de seulement hésiter, allégorie de noblesse, allégorie de droiture. Tout ce qu'elle n'avait jamais mérité — tout ce dont elle aurait dû être digne. Avait-elle seulement hésité, elle, lorsqu'il s'était agi de sacrifier les innocents — pour lui? L'acte n'avait rien eu d'un choix, tout d'une évidence ; un chemin de culpabilité qu'elle ne savait regretter, sur lequel elle s'engagerait mille fois. Un jugement de valeur écœurant, indiscutable pourtant — le seul qui fasse sens. Et le compliment lui arrache un sourire vaguement embarrassé, empreint d'une vague satisfaction, pourtant, embrase les joues. 'C'était plutôt impressionnant, pas vrai?' La preuve que, peut-être, elle n'était pas si faible — que si le père s'était trompé une fois, qu'alors, peut-être, il n'avait cessé de se tromper. Qu'il avait tort, lorsqu'il s'agissait d'elle. Elle n'avait jamais plié, avait toujours refusé la violence d'enseignements qui n'avaient jamais été ses valeurs — trop troublée, en cet instant noyé dans les ombres, de trouver tant de prévenance en l'époux, violemment émue qu'il daigne seulement se soucier. Honte. Tout ce qu'elle ne désirait plus — parce que le père avait tort. Alors elle hésite, un instant, l'enfant ; vient effleurer la main de l'époux du bout des doigts, dans une acceptation silencieuse, comme un contrat qu'elle signait tacitement, qu'elle choisissait. 'Je ne regrette pas ce que j'ai fait. Les autres -- ils n'ont jamais compris. Ça n'a rien d'une arme. Il faut commencer par le craindre, pour en saisir la mesure -- le maîtriser véritablement. Être Thanatos, c'est être humain. Ils ne comprendront jamais. C'est tout réfléchi -- si tu veux bien de moi, j'aimerais que tu m'aides.' Elle ne voulait plus regretter, ne voulait plus douter ; c'était d'une nouvelle existence dont il lui avait fait cadeau, de la chance de faire mieux. Accepter ce qui avait été — construire, sur le terreau de ce qui ne serait jamais plus. Il n'était plus de et si? qui fasse encore sens ; ne demeurait que l'avenir. Pourtant, le cœur se fend un peu, aux mots de l'époux ; l'évocation d'une réalité à laquelle ils avaient renoncé depuis trop longtemps, qu'elle ne regrettait pas — ne regrettait plus. Et c'est un regard grave, attristé, qu'elle ancre dans ses yeux, le myocarde gonflé du souffle d'une gratitude muette à tout ce qu'il offrait. Des promesses qui seraient leurs jusqu'à ce que la mort nous sépare — des vœux de mortels, ô combien plus précieux que ne le seraient jamais ceux des démiurges. Alors elle ne tressaille pas, à l'acier de ses mots ; se contente de la sincérité de prunelles pâles, contre une rudesse qui n'était que trop nécessaire — et l'index vient glisser vers le visage de l'époux, pour l'inciter à la regarder, formuler par les yeux tout ce qui ne saurait être mis en mots. 'Hey. Ce n'était pas ta faute. Qui sait ce qui aurait pu m'amener à Aureus, même sans toi. Nous n'étions pas mariés, quand j'y étais en mai. Ce n'était pas ta faute. Et tu étais là.' C'est le spectre d'un sourire doux qui vient flotter sur les lèvres sèches de trop de prières, fantôme de tendresse sur ses traits. 'Et je ne remets pas en doute ta parole. Mais je ne veux pas être un poids -- je veux pouvoir me défendre, pour moi, et pour les autres. Tout ça, ce n'est que le début. Je veux être prête. La seule chose qui me coûte, c'est de ne pas avoir su le demander plus tôt. J'ai dit que je ne te demanderais jamais rien --' Les iris se font sombres, emplis d'une gravité presque trop solennelle. '-- mais je veux tout ce que tu es prêt à m'offrir.' La promesse d'un ensemble, la perspective de ne plus affronter l'adversité seul ; c'était si peu, c'était tant, pourtant. L'inconséquence de serments qu'elle offrait sans retenue, précieux, pourtant — une parole à laquelle elle ne saurait faillir, pour lui moins que pour quiconque. On n'peut pas s'en empêcher. Quelque chose d'une ironie trop vraie, dans les mots de l'époux ; et c'est le trille d'un rire esclaffé qui lui échappe, un égaiement presque déplacé dans l'obscurité d'une pièce qui ne serait jamais chez eux. 'Non, je suppose que non.' Ils n'avaient cessé de s'en offrir, des serments et des éternités ; dans les larmes d'Aldion, dans les jardins d'une Aureus meurtrie, sous les cieux impitoyables d'une hyménée qu'aucun d'eux n'avait désirée — et le souvenir a quelque chose d'une chape de froid, morsure du gel dans les veines et le cœur. 'Je ne reverrai pas Aldion avant longtemps, pas vrai?' Le murmure n'était pas une question ; une simple évidence tragique, preuve tangible de leur déracinement, apatrides égarés loin des foyers, loin des cœurs. 'La maison me manque --' Le souffle s'éteint, aveu confié sans retenu ; et elle glisse les yeux vers les siens, contemple un instant les nappes d'encre de ses iris. '-- mais je suis heureuse d'être avec toi. Malgré tout.' Parce que là était sa place — parce que c'était tout ce qui faisait sens. Le seul choix qui comptait véritablement. Le seul qu'elle ne regretterait jamais. Un pari risqué, pour lequel elle avait tout sacrifié. All in.
Alors elle laisse retomber les doigts, l'enfant, sans se détacher des yeux de l'époux, la poitrine soulevée d'un soupir, comme une défaite. 'Je suppose qu'il y a des gens que je devrais aller voir.' Des devoirs à honorer — parce qu'elle n'était plus Gavon, parce qu'elle était Valeska. Et que c'était là son nom et sa vie, désormais, sa croix et sa bannière — sa foi.
Tout ce qui comptait.
Ensemble.

@achil valeska  EMBER IN THE ASHES — acheira. 2845903808
(oh wow c'était possible de faire pire)(sHOOK)




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you are, i think, an evening star, of all the stars, the fairest —  if there is light, it will find you. (beloved).

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